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Andréa Brignone : Investisseur ou trader, y a-t-il une différence ?

jeudi 1 février 2007 à 15h40
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Cette question m’est souvent posée. Et elle est d’importance. Non pas au niveau des techniques et en particulier de l’analyse technique, mais au niveau du comportement et de la façon de jouer.

Je rappelle ici brièvement ce que je définis comme l’excellence de l’opérateur en Bourse dans mon livre « le Tao de la Bourse et du Trading ». Pour atteindre l’efficacité, un opérateur en Bourse doit disposer des quatre maîtrises : la maîtrise des signes (connaissance et interprétation des signaux du marché), la maîtrise du marché (comprendre les fluctuations), la maîtrise du jeu (la gestion du risque et le money management), la maîtrise du joueur (le comportement psychologique de l’opérateur).

Contrairement à ce que l’on pense souvent, la différence entre le trader et l’investisseur n’est pas seulement une différence sur la durée de détention des actifs mais une différence opérationnelle. L’investisseur va se concentrer sur la qualité de l’actif tandis que le trader va se concentrer sur le marché et ses fluctuations. De ce fait il est vrai que la plupart du temps, le trader gardera des actifs infiniment moins longtemps que l’investisseur, non par goût, mais parce que l’essence de son activité est de coller aux fluctuations du marché. En réalité le trader est un marchand qui fournit ce que le marché lui demande quand il considère que les prix sont élevés et qui achète quand le marché lui semble avoir des prix qui lui conviennent. De ce fait sa marge d’erreur va être beaucoup plus tenue que celle de l’investisseur.

En effet, le trader va se concentrer sur ou deux actifs (rarement plus) qu’il va traiter massivement. Ses positions vont avoir une taille importante et la moindre fluctuation des répercussions lourdes sur la valorisation de cette position. De ce fait, il ne pourra pas bénéficier du filet de sécurité que représente la diversification des actifs. Il ne pourra pas non plus utiliser les produits de couverture pour limiter ses pertes. Il doit donc recourir à d’autres moyens. C’est ici que la maîtrise du jeu et la maîtrise du joueur vont prendre toute leur signification. La maîtrise du jeu va essentiellement consister à rechercher le gain de façon statistique : on multiplie les opérations de façon à obtenir un gain sur l’ensemble et non sur une seule. Ceci est indispensable car certaines opérations génèrent de petites pertes. Et ceci nous conduit à prendre en compte la discipline de trading qui consiste à se fixer des sorties en cas d’erreur et à s’y tenir. Ces sorties seront effectuées à des niveaux de cours proche des cours d’entrée pour pouvoir récupérer la perte plus aisément que s’il s’agissait d’une grosse perte.

La notion de discipline introduit la notion de maîtrise psychologique de l’opérateur. Le trader doit arriver à opérer sans états d’âme, ni joie quand il gagne, ni dépression quand il perd. Il exerce un métier et comme tout entrepreneur. Il y a des opérations qui apportent de l’argent et d’autres qui sont perdantes. Atteindre cet état de sérénité demande un vrai travail et suppose d’avoir atteint la maîtrise dans les trois autres domaines. C’est pour cette raison que l’on ne peut faire du trading de temps en temps. C’est un vrai métier, et ceux qui veulent opérer dans ce domaine doivent le savoir. Le trading n’est pas un hobby. On ne fait pas du trading quand on a le temps. Il faut y consacrer une bonne partie de son temps surtout lorsque l’on débute. Il faut aussi y consacrer d’entrée une masse relativement importante de capitaux, sous peine d’être dans un état de nervosité qui conduit généralement aux pires bêtises. En effet, si on ne dispose pas de suffisamment de capitaux on va être tenté d’utiliser les effets de levier à leur maximum, ce qui entraînera un appel de marge immédiat au cas où le marché ne va pas dans le sens de la position prise. Actuellement de nombreux traders sur le Forex se brûlent les doigts compte tenu des possibilités importantes de levier.

Pour celui qui débute à la Bourse, il vaut mieux qu’il commence par être investisseur afin de parfaire sa maîtrise dans les domaines de la connaissance des signes et du marché et de passer progressivement (à condition qu’il dispose du temps et des capitaux nécessaires) au trading.

Il aura ainsi la possibilité de tester ses connaissances et de les améliorer avec un niveau de risque moins grands et surtout moins de dommages psychologiques. Car on oublie souvent que le trading n’attaque pas seulement le capital évalué en monnaie mais aussi le capital santé. Et ce dernier est beaucoup plus difficile à reconstituer.

On ne peut faire du trading sans une sérieuse maîtrise de soi, ce qui implique un véritable travail sur soi et une connaissance de soi. C’est en cela que le trading individuel est une « voie » comme les sports de combat. Voie qui mène à une autre vision de soi et du monde. Le trading est une porte vers le monde de l’incertain et comme disait Benjamin Disraeli « Les circonstances sont au-delà de l’homme mais sa conduite lui appartient ».

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