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Horizon dégagé : Hisse et ho !

Xavier d'Ornellas et Emmanuel AuboyneauXavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau
Xavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau

Gérants Associés d'Amplégest Xavier d’Ornellas, Gérant Associé, est Responsable du Pôle Flexible d’Amplégest. Diplômé de l’ISG (Institut Supérieur de Gestion) et de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers), il a débuté sa carrière en tant que gérant privé au sein de l’Union de Banques à …Lire la suite

(Tradingsat.com) - Depuis plusieurs mois nous insistons sur la robustesse de la croissance mondiale et sur l’embellie à venir en Europe. Ce sentiment, qui était jusqu’alors minoritaire, rallie désormais d’avantage de suffrages. Les voyants sont au vert et l’Europe devient le terrain de jeu préféré des investisseurs.

En 2014, Mario Draghi avait beaucoup parlé et peu agi, décevant les marchés pragmatiques et peu sensibles aux beaux discours. En janvier, finalement, il a décidé de mettre ses actes en conformité avec ses propos. La machine BCE est en route, puissante et imposante : la banque centrale va procéder à des achats d’actifs, répartis entre dette publique et dette privée de 60 milliards d’euros par mois, jusqu’en septembre 2016 au moins, soit une enveloppe globale d’au minimum 1 140 milliards d’euros. Ces mesures pourront être prolongées si les objectifs de croissance et d’inflation ne sont pas atteints. Avant même ces mesures fortes, des signes tangibles montraient que le crédit repartait dans la zone et que le moral des industriels s’améliorait. Le mouvement devrait maintenant s’accélérer. La conjoncture européenne bénéficiera en outre des supports majeurs que sont la baisse du pétrole et la baisse de l’euro contre le dollar.

Compte tenu de la situation où se trouvait précédemment l’Europe, avec une économie atone, une quasi déflation et une confiance en berne, l’amélioration ne peut être que progressive et la croissance lente à redémarrer. Mais l’économie est affaire de tendance et celle-ci est désormais favorable. Nous allons probablement assister dans les semaines qui viennent à des révisions à la hausse des prévisions de croissance européenne de la part des grandes institutions. Après les déceptions 2014 devraient succéder les bonnes surprises 2015, notamment sur les profits des sociétés, permettant aux valorisations de redevenir intéressantes.

Le reste du monde ne va pas mal non plus, merci pour lui ! Les Etats-Unis sont toujours à la fête, malgré un chiffre de PIB en trompe l’oeil au 4eme trimestre (+2,6% contre un consensus de 3,2%), largement imputable à une baisse sensible des dépenses gouvernementales. La consommation intérieure reste le fer de lance de la croissance américaine. A noter toutefois quelques indicateurs industriels avancés récents un peu décevants qui doivent nous inciter à la vigilance. Nous pensons à ce stade que les entreprises traduisent dans ces enquêtes l’impact de la hausse du dollar sur leur compétitivité. La Chine se stabilise autour de 7% de croissance, l’économie du pays restant globalement compliquée à analyser. Le Japon se redresse progressivement après ces derniers mois difficiles. L’économie mondiale ne devrait pas nous décevoir en 2015.

Très logiquement nous avons renforcé les actions européennes dans nos portefeuilles, et notamment dans nos fonds flexibles, pour profiter du momentum favorable. Nous l’avons fait un peu tôt, en fin d’année dernière, à un moment où les atermoiements de la BCE rendaient les investisseurs moroses et prudents. Les grandes valeurs internationales sont les premières à bénéficier de ce mouvement de repondération par les gestions. Nous pensons qu’elles seront suivies, dans un second temps, par le segment des valeurs moyennes qui sous performe depuis six mois.

Nous sommes conscients que ce scénario favorable sur l’économie et sur les marchés est sujet à certains risques. Tout d’abord des risques, par nature imprévisibles, d’ordre géopolitiques (Ukraine…) qui pourraient affecter tous les marchés. Par ailleurs, la Grèce va également être observée à la loupe. Soit le nouveau pouvoir met de l’eau dans son vin et négocie une solution acceptable par l’Europe, et le problème sera vite évacué, soit le clash se produit, induisant une volatilité forte à court terme. Notre principale interrogation demeure l’attitude des marchés face à la prochaine hausse des taux aux Etats-Unis. Le timing de cette hausse et sa profondeur seront des éléments importants sur lesquels nous resterons très réactifs.

Ces différents risques n’altèrent pas notre choix européen, et notre optimisme pour les actions du vieux continent. Hissons les voiles et profitons du vent porteur.

Emmanuel Auboyneau - Gérant Associé

Xavier d'Ornellas - Gérant Associé - Pôle Gestion Flexible

Avec la participation de Jean-Michel Mourette, Economiste (Eureka Finance)

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