Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Andréa Brignone : Hommage à raymond barre

lundi 27 août 2007 à 10h50
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Je me souviens de la salle de cours située de ce qui est maintenant Paris I Panthéon Sorbonne. C'était en 1964. L'économie et la science économique ne passionnait pas encore les foules : nous étions entre 30 et 35 étudiants présents tous les matins à 8heures 30, à suivre le cours d'Economie Internationale du Professeur Raymond Barre et Le Monde ne consacrait qu'une demi page par semaine à l'économie. Certains de ces étudiants dont moi-même feront partie du séminaire Jean Baptiste Say qui fut le creuset du renouveau de la pensée économique libérale et de la microéconomie en France. En cette époque où la pensée économique française découvrait Lord Keynes et commençait à lui faire dire un peu tout et n'importe quoi, il était rafraîchissant de recevoir un enseignement structuré qui ne s'occupait que des faits et non des modes et qui refusait la pensée unique déjà présente à l'époque. Epoque, où l'on ne jurait que par l'économie étatisée et dirigée : c'était les années glorieuses du Commissariat au Plan. Raymond Barre nous apprenait que les faits étaient têtus et que les marchés ne suivaient pas les injonctions des différends Petits Pères du Peuple. Ainsi des mécanismes des dévaluations encore très à la mode et considérées comme des panacées. Il nous en montrait les subtilités appuyées sur une solide argumentation tirée des calculs économiques et non des concepts politiques. Pour réussir, une dévaluation devait réunir des conditions précises, sinon elle était pire que le mal.

Raymond Barre savait que les marchés étaient synonymes de liberté et aussi outils de sanction.

Cela ne voulait pas dire qu'il était contre toute réglementation ou régulation. Bien au contraire.

Mais il savait et nous faisait partager l'idée qu'un taux d'intérêt ne se décrète pas, il se constate. Quitte à procéder à des ajustements qui seront la plupart du temps des signaux et non un outil dont les conséquences se constatent mécaniquement. Pour créer les conditions d'une croissance, il fallait une rigueur dans la gestion des deniers de l'Etat et surtout ne pas se laisser impressionner par les rumeurs de la rue. Ce courage politique qu'il a gardé jusqu'au bout, j'ai pu le constater lors d'un dernier déjeuner donné par un de mes clubs, l'année dernière pendant lequel bien que fatigué physiquement, il nous donnait une leçon de clairvoyance et de courage : la politique d'un pays ne se fait pas à partir des mouvements de foule ou des sondages. Elle est le reflet d'une vision appuyée sur la clairvoyance. Et surtout elle est action réelle net non gesticulation.

Qu'à l'instar de ses anciens étudiants, les hommes politiques écoutent son enseignement. Oubliant les idées faciles pour l'action dans la rigueur.

©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+328.90 % vs +12.61 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat