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Andréa Brignone : Hello happy tax payers !

lundi 15 juin 2009 à 09h34
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Bonjour heureux contribuables !

Le salut du vieux Droopy que les fans de Tex Avery connaissent bien, résonne de plus en plus lugubrement dans les gesticulations des gouvernants d'une bonne partie de la planète. Le haro sur le tabac, l'alcool, les paradis fiscaux, les bonus etc., participent à ces gesticulations. Mon professeur d'histoire et de géographie de cinquième et de quatrième, Jean Demangeot, qui devint par la suite le célèbre géographe spécialiste des milieux naturels, avait coutume de nous dire : « pour juger d'une époque, observez la liberté de fumer et la mode féminine. L'arrivée du puritanisme, sous toutes ses formes, précède les grandes catastrophes et les époques mornes ! ». Bingo ! Pour la crise de 1929 (avec la prohibition) et pour la crise actuelle. En réalité de nombreux gouvernants craignent à tort ou à raison la présence d'un ferment de révolte. Il faut reconnaître que la création du bouclier fiscal a été une heureuse initiative pour que le contribuable ne se sente pas complètement spolié. Quoiqu'en pense certains ! Cependant, les menaces d'augmentation d'impôts augmentent. Certains technocrates essayent de détourner l'attention des contribuables en changeant les mots, mais certaines informations ne peuvent être complètement cachées. Par exemple la constitution du fameux comité d'experts pour étendre la taxe carbone, rebaptisée pour le besoin de dissimulation « Contribution climat Energie ». Cela me rappelle les médecins qui pour s'amuser, appellent l'envie de faire la sieste après un bon repas, une « asthénie post-prandiale après ingestion d'aliments ».

Autrement dit, comme je l'avais supposé dans les articles précédents, nos gouvernants ne choisiront pas la voie de l'économie budgétaire pour trouver les sommes injectées dans l'économie pour sauver des banquiers incapables et des canards boiteux (pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les raisons économiques), mais celui de la taxation. Encore autrement dit, non le chemin de l'expansion, mais celui du statut quo, c'est-à-dire au mieux celui d'une croissance molle avec probablement une belle inflation ; Vieille recette qui a l'avantage de laisser dormir un pays qui veut dormir …en ruinant les citoyens. L'histoire se répète encore : savez vous que la fiscalité sur le patrimoine a augmenté de 63% en dix ans. (Source : le point 12 mars 2009) Pas étonnant que le français soit l'épargnant dont la propension à épargner est la plus importante du monde. Il faut nourrir l'impôt ! Et que ceux qui le peuvent se déplacent vers des pays à fiscalité moindre.

Et pourtant, la voie est toute tracée, mais difficile à mettre en œuvre : il faut réduire brutalement les dépenses de l'Etat ! La machine de l'Etat français est inefficace du point de vue financier. Le contribuable paye de plus en plus cher pour de moins en moins de service ! Vous allez me dire, le « modèle français » nous est envié par tout le monde car il nous a protégé de la crise. Faux ! Regardez les statistiques d'Eurostat ! La France est dans le wagon de queue avec l'Italie, la Belgique et l'Allemagne. Et encore, même si l'Italie et l'Allemagne souffrent plus que nous, c'est parce qu'elle ont encore une industrie qui favorisera le démarrage.

Et pourtant, des pistes existent ! Le Président de la République voulait déjà réformer le système administratif en supprimant les départements. Selon Bercy, 17 milliards d'économie c'est-à-dire le montant de la suppression de la taxe professionnelle, si coûteuse pour les entreprises. (Source Challenges 9 Avril 2009). L'examen minutieux des subventions diverses accordées (60 Milliards - soit la presque totalité du déficit de l'année 2008) aux entreprises et des subventions versées aux associations pourraient faire l'objet d'économies importantes. Finalement l'accélération de la suppression du nombre de fonctionnaires (chaque fonctionnaire recruté coûte en moyenne 5 000 000 d'euros (Source IFRAP lettre du 4 Mai 2009) sont des économies réelles. Et ceci sans que le sacro saint « service public » en souffre. Par habitant, nous avons deux fois plus de fonctionnaires que la moyenne de l'Union Européenne. Finalement l'Etat peut accélérer la vente des « bijoux de famille », immeubles, terrains et participations dans les entreprises parce qu'ils n'ont rien à faire dans le patrimoine de l'Etat. Naturellement le problème en France est dans les corporatismes et dans la dolce vita menée par certaines personnes sous la houlette des administrations et des entreprises d'Etat (voir les Echos du 20/05/2009, l'étude de François Dupuy, qui fait grincer bien des dents). Nous avons eu un exemple avec les « chercheurs » !

Conclusions pour les investisseurs ( les happy tax payers).

Le tableau est sombre. Il faudra éviter les placements à revenu fixe tels les obligations et les emprunts d'Etats. Pour les actions, il faudra essentiellement investir dans des véhicules qui vous assurent une forte rentabilité. Plus facile à dire qu'à faire ! Ceci implique d'adopter un style de gestion à court terme, même si le placement est à long terme. C'est à dire une fois le choix d'un actif effectué, il faudra se comporter comme un swing trader : l'acheter près de ses moyennes et le vendre quand il en est éloigné. A condition que la moyenne soit montante.

En réalité dans des périodes indécises comme celles que nous connaissons, il vaut mieux investir à partir d'instruments comme les trackers. Nous indiquerons dans un prochain article ceux qui nous paraissent présenter un intérêt dans la phase actuelle pour les investisseurs; N'oubliez pas les placements hors bourses dont certains comme l'assurance-vie ou quelques formules immobilières constituent une protection contre une fiscalité dévorante.

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