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Andréa Brignone : Gourous, mystiques et fédéral réserve…

jeudi 16 août 2007 à 19h11
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Dans les périodes de grandes incertitudes l'homme retrouve les fantômes de l'homme des cavernes et, au lieu de regarder les faits, se met à prier. Ainsi en est-il du boursier toute catégorie qui abandonne ses certitudes pour se tourner vers les gourous de tous poils qui seraient en mesure en s'appuyant sur des arguments parfaitement rationnels de prédire ce qui va se passer ou de donner un avis éclairé sur la situation actuelle.

« Rien ne m'est plus sûr que la chose incertaine »,- disait François Villon. Dans les périodes de paniques ce ne sont pas les arguments rationnels qui permettent de se faire une opinion à court terme. Nous sommes dans le psychologique pur et ce psychologique pur est alimenté par une opacité de l'information. Opacité de l'information produite non par son absence mais par son abondance et par le fait que l'information n'arrive pas d'une façon neutre à l'opérateur boursier mais vue à travers une grille qui est celle des commentateurs et des personnes qui rapportent cette information. Même les banquiers centraux ne savent plus toujours à qui se vouer : la banque du Japon injecte un jour des liquidités pour les enlever le lendemain et finir par les remettre le surlendemain. Le marché manque t-il de liquidités? Peut- être, mais cela semble surprenant qu'en une quinzaine de jours les liquidités se soient asséchées brutalement. Ce qui a pu s'assécher est le fait de pouvoir se procurer en permanence des liquidités à bon marché pour certains organismes. Et de là à paniquer il n'y a qu'un pas… Pour certains. Essayons d'y voir un peu plus clair.

Les banques se sont engagées dans des opérations qui ne semblaient pas risquées (l'immobilier, pensez donc!) pour booster leur portefeuille avec des actifs qui résultaient de la titrisation des prêts consentis aux acheteurs de maisons et en particulier aux risques que l'on dénomme de « mauvaise qualité » (catégorie d'emprunteurs peu fortunés) . Naturellement, l'emprunteur payait le prix fort en matière de taux d'intérêt. Manque de chance, les emprunteurs ne peuvent plus rembourser. Et les établissements de crédit qui ont fait les prêts se trouvent pris à la gorge pour rembourser les sommes qu'ils avaient empruntés en fournissant du papier (la titrisation). Manque de chances, ce papier a été placé dans toute sorte de fonds et auprès de toute sorte de banques dans le monde. Pour pouvoir répondre aux ratios prudentiels (voir Bâle II, pour ceux que cela intéresse), c'est-à-dire, en simplifiant, pour pouvoir répondre aux exigences de sécurité en matière de trésorerie les fonds et les banques font de la trésorerie et pour cela vendent les titres de qualité. La volatilité augmentant de ce fait et pour éviter les risques les banques et les fonds qui ne possèdent pas de titres représentatifs de la dette immobilière sont aussi obligés de vendre les titres de bonne qualité (surtout s'ils sont gagnants). Et ainsi est nourrie la baisse des marchés. Ceci jusqu'au moment où le niveau de risque semblera acceptable. Pour éviter que les banques ne voient leur trésorerie par trop se resserrer, les banques centrales injectent de l'argent. Et le font savoir de façon à enrayer la volatilité implicite. Voici en simplifié le schéma que nous vivons actuellement.

Pour le moment cela n'obère pas le développement économique. Nous sommes dans le domaine de la monnaie et de la finance. Pendant un certain temps le système financier est neutre vis-à-vis de l'économie. Ce n'est que si la situation perdure que une propagation apparaît dans le domaine économique. Pour quoi ? Tout simplement parce que le resserrement des liquidités fait que les organismes prêteurs ne financent plus les investissements et que leurs situations dégradées font qu'elles prennent moins de risques.

Pour le moment constatons seulement que Warren Buffet continue à investir et il n'est pas le seul. Pour un investisseur professionnel la situation actuelle est favorable : il achète bien moins cher ce qu'il avait en point de mire. Soyez aussi des investisseurs avisés, mais prudents tout de même et fixez- vous des seuils de sortie.

Les produits dérivés d'abord. Certes le montant de ces produits a explosé depuis cinq ans. Mais d'abord sous le nom de produits dérivés se cachent toute sorte d'instruments dont les finalités et les natures sont bien diverses. Le risque est naturellement que l'émetteur d'un produit dérivés (comme par exemple un warrant) ne puisse faire face à sa demande de remboursement.

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