Andréa Brignone Associé Exact
Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …
(BFM Bourse) - Jamais comme maintenant la devise de Guynemer n'a été aussi vraie pour les investisseurs. Que faire ? Que faire ? Entend on partout. Les uns disent « Vendez tout », les autres « Gardez les bonnes valeurs ». Bref, de quoi faire tourner en bourrique même un investisseur de très long terme. Essayons de voir s'il y a quelques branches auxquelles se raccrocher.
Pour ceux qui veulent conserver leurs titres, ils peuvent toujours s'assurer. Certes, on peut dire qu'il est un peu tard et que l'assurance coûtera plus cher que quand le CAC était à 4500, mais cela peut servir de parachute si jamais les choses viendraient à se gâter encore plus. Pour s'assurer, de quoi dispose t'on ?
D'abord des put warrants qui permettent de couvrir pratiquement toutes les valeurs du SRD. Le choix est important. Dans la perspective d'une couverture d'un portefeuille investi à long terme prenez des warrants à échéance longue. Comme il ne s'agit pas de spéculation mais de protection ne prenez pas non plus des warrants dont le levier est trop important. Vous ne souhaitez que couvrir vos pertes potentielles à venir. Pour choisir les warrants qui peuvent vous couvrir, demandez à votre courtier ou si vous êtes un peu plus expérimenté, utilisez les « pricers » qui se trouvent sur les sites des émetteurs de warrants comme la société générale, Unicrédit, Calyon, ou Commerzbank, BNP Paribas, Citigroup etc.. Il existe aussi des produits dérivés de toutes sortes, comme par exemple les certificats mais nous n'entrerons pas dans le détail ici. Les sites des émetteurs peuvent vous renseigner. Les options sont aussi des outils de protection mais demandent une connaissance des marchés plus sophistiquée.
Une autre solution consiste à acheter des trackers « bears » c'est-à-dire des trackers dont le prix augmente quand le CAC baisse. Vous avez le choix : SGAM CACXBEAR , SGAM CAC40 BEAR, SGAMTXXBEAR, SGAMT TXX50 XBEAR , LYXOR SHORT CAC 40. Certes ces titres ont eu une hausse importante ces derniers temps, mais si la bourse est amenée à encore baisser, cela vous assurera une sécurité. Cependant sélectionnez soigneusement le trackers que vous allez acheter. Pour cela consultez la fiche qui vous est fournie par les émetteurs de trackers (Vous les trouverez sur Internet mettant simplement le nom du tracker). En effet, ils ne sont pas tous constitués de la même façon et ils doivent peu ou prou correspondre à votre portefeuille.
Cependant qu'il s'agisse de put ou de trackers, il faut les gérer de façon dynamique. En effet en cas de remontée du marché, vos trackers perdront de la valeur. Si la remontée vous semble durable il faut donc les revendre. Il faut donc les surveiller au même titre que des actions. Avec la volatilité actuelle, il semble raisonnable de les surveiller au moins quotidiennement. L'idéal est bien sûr d'attendre une remontée de l'indice pour en acheter. Compte tenu de la volatilité du marché, des différences importantes peuvent exister même dans la journée. Par exemple le SGAM CACXBEAR a varié dans la journée (18/09/2008) entre 87, 50 et 95,38 euros. Attendez le bon moment ou passez des ordres avec des cours limites d'achats. Une précision : il s'agit bien d'ACHETER ces trackers et non de les vendre à découvert. En effet, ils sont constitués de positions à la vente. Vous les vendez quand l'indice CAC a des chances de monter et les revendez quand il a des chances de baisser.
Maintenant la question qui tue : « Et si je ne veux rien faire de tout cela, que dois-je faire ? »
La première chose est que l'on ne descend pas directement en droite ligne. Il y a des chances que les marchés se reprendront un tant soit peu. Certes, on descend généralement plus vite que l'on ne remonte. C'est une loi de la nature. Mais à moins de brutale et générale catastrophe, le marché descend par Zig Zag. D'autre part, la brutalité de la descente, n'est pas uniquement due aux inquiétudes en matière économique. Bien que l'horizon ne soit pas rose, le pessimisme et le catastrophisme de nombreux experts n'ont de parallèle qu'avec les prévisions du pétrole à 200 ou à 500 dollars d'ici la fin de l'année. Il est actuellement très difficile de se faire réellement une opinion. Mais même une récession déclenche des opportunités de relance de la croissance. Et le comportement de la nature est sinusoïdal. Bien sûr les périodes de ralentissement sont dures, mais les reprises existent. Les marchés baissent parce que de nombreux fonds, étranglés par leurs banquiers sont obligés de faire des liquidités pour répondre à leurs engagements. Quand ce nettoyage sera terminé, il est fort à parier que le marché redémarrera brutalement faute de vendeurs. Le seul problème est que l'on ne sait pas quand on aura touché le fond.
Si vous tenez à garder vos titres, réexaminez les fondamentaux de chaque valeur que vous détenez. On est arrivé à des situations ubuesques où de grandes valeurs valent moins que la trésorerie qu'elles détiennent. Gardez les valeurs qui sont leaders dans leur secteur. La panique finie, il y a de fortes chances qu'elles repartent. Examinez la force relative de chaque titre comparé au CAC 40. Le titre qui résiste a de bonnes probabilités d'être parmi les premiers à remonter.