Andréa Brignone Associé Exact
Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …
(BFM Bourse) - L'observateur averti ne pas n'être surpris par le discours ringard des hommes politiques. Populisme à outrance, ringardise généralisée et je ne parle même de l'extrême gauche qui vit encore au XIX ème siècle et pour lesquels les gazetiers ont les yeux de Chimène. Comme je l'ai déjà dit lors de mes précédentes chroniques, la crise arrange les pouvoirs parce qu'elle leur permet de jouer les utilités. Mais cela ne les empêchent pas d'être à contre courant de ce qui est en train de se passer dans le monde. Les structures politiques classiques sont en déclin. Les hommes politiques sont conscients de cela car il y a deux choses qui les agacent : les marchés et Internet. C'est pour cette raison qu'ils essayent de les contrôler. Par des lois ringardes. Qu'ont en commun Internet et les marchés ? Trois choses : la multitude des intervenants, la liberté et l'autorégulation. La multitude des intervenants qui prennent leurs décisions en dehors des normes établies et l'autorégulation car après une anomalie les choses se remettent en ordre. La liberté, inutile d'en parler. Ceci est terrible pour les Etats et les hommes politiques. Cela veut dire qu'ils ne servent pas à grand-chose. Dans la crise, les Etats ont peut être joué le rôle du pompier, mais comme je le disais, les pompiers font souvent plus de dégâts que le feu lui-même et ce n'est pas les pompiers qui reconstruisent les maisons. La crise actuelle est due à un excès de régulation et non l'inverse. Les activités financières étant hyper régulées, la concurrence ne joue qu'en trompe l'œil et de toute façon toute innovation est bloquée en dehors du système. Résultat : les organismes financiers deviennent de plus en plus gros et de moins en moins contrôlés et surtout contrôlables. Toute régulation stricte entraîne des détournements. Il n'y a qu'à voir ce que représentait le marché noir dans l'ex Union Soviétique. Ceux qui demandent plus de régulation ne veulent que protéger leurs privilèges.
En quoi Internet nous montre le chemin ? Internet est un réseau mondial, qui est en permanence créé par des individus qui souvent volontairement, apportent les perfectionnements nécessaires. Ces communautés s'autorégulent d'elles mêmes. Le grand public ne les connaît pas, mais Internet n'existerait pas sans eux. Web, 2.O, blogs etc. sont des créations volontaires, individuelles et collectives à la fois, qui réussissent ce qu'aucun Etat ne réussit à faire : faire travailler les gens pour la gloire (tout en permettant à certains de gagner beaucoup d'argent par la suite) en se recadrant de façon automatique par rapport à leurs objectifs. Dans Internet il n'y a pas de privilèges, pas de revenus garantis, pas de corporatismes défendant leurs intérêts contre la collectivité. Surtout contre celle qui produit. Et, j'écris à la veille de la nième grève.
Les systèmes hiérarchiques ont vécus. Ils relèvent des deux premiers millénaires. Les Etats doivent être des initiateurs, des conseillers et éventuellement des recours lorsque le système devient par trop chaotique. Mais dans ce dernier cas ils doivent être des rassembleurs et non des organes à la disposition des lobbys que ce soit de la construction automobile, l'immobilier les laboratoires ou d'autres corporations. Naturellement, la démocratie fonctionne sous le schéma suivant : des hommes ambitieux (les politiques) qui ont besoin de l'argent des lobbys et qui doivent se faire élire par un peuple qui ne pense pas mais qui suit la propagande. D'où ces dérives incompréhensibles pour le non initié. Et ces coups de barres économiques, qui font penser à des capitaines qui essayent de se protéger de la vague, faute d'avoir écouter les prévisions météorologiques. La société de demain pourra être une société autorégulée. Les intérêts excessifs de certains (qu'ils s'agissent de certains fonctionnaires ou de préleveurs de bonus) régulés par une vraie concurrence. Et aussi par l'existence de gazetiers qui ne feront pas qu'aboyer avec les chiens. Mais pour ce dernier point, Internet nous donne aussi une leçon. Les blogs et certains forums présentent des analyses bien au dessus, qualitativement, que les analyses faites par de nombreux journalistes. A un certain moment, il faudra devenir compétent ou disparaître.
N'en doutez pas cela est en train d'arriver. Je ne sais pas quelle forme prendra cette nouvelle société, mais les concepts sont là. Ne doutons pas aussi que les forces de résistances seront nombreuses : systèmes hiérarchiques traditionnels, groupes marxo trotskystes et consorts, corporations de tous bords. Si l'Occident veut survivre il faudra qu'il crée de nouveaux systèmes de gestion Etatique, sinon les rigidités en feront des proies faciles pour les pays émergents dont les populations sont travailleuses, âpres au gain, et prêtes à tout pour survivre. Je suis tous les jours étonné que nos grands penseurs du Boulevard St Germain, n'aient pas encore compris cela. Il est vrai que l'on quitte son fauteuil du Flore ou des deux Magots que pour faire des voyages bien organisés et non pour se traîner dans les usines ou les fermes du Brésil, de Chine de Russie ou des Inde ou de Corée. Il est si facile de traîner dans les sentiers battus de la réforme du Capitalisme plutôt que de voir que celui-ci se transforme tout seul comme il le fait depuis 20 siècles. Et qu'il balaye les idées reçues.
Que tout cela ne vous empêche pas de venir au salon de l'analyse technique à la fin de la semaine. Les marchés comme Internet sont un espace de liberté. Profitons en. Je vous invite cordialement à ma conférence à 10 heures du matin Vendredi 20 et à mon interview à 16 heures sur le Stand Eyrolles où par la suite je dédicacerai quelques livres et présenterai mon nouveau DVD sur la Maîtrise de la Bourse et du Trading. Invitation gratuite sur http://salonat.com