Andréa Brignone Associé Exact
Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …
(BFM Bourse) - Les périodes de grande volatilité telle que nous la connaissons, demande non seulement une bonne technique mais aussi et surtout une solide adéquation psychologique au marché et une gestion du risque et de ses capitaux plus pointue qu’à l’accoutumée.
L’adéquation psychologique au marché consiste à faire en sorte le trader se mette au diapason du timing du marché. Cette attitude implique que l’opérateur adopte un comportement proactif différend de celui qu’il a quand la tendance est claire et où il suffit de laisser aller et de surveiller simplement que les pull backs ne sont que des pull backs et non des retournements.
Mais ce comportement ne consiste pas simplement à de sentir le rythme du marché mais à adopter une attitude dans les quatre domaines qu’il est important de maîtriser pour obtenir un véritable succès.
Dans le domaine technique. (Connaissance des signes)
Nous n’insisterons pas sur ce point qui a été développé par nous par ailleurs, et commenté sur tous les sites d’analyses techniques, séminaires et conférences. Bornons nous à préciser que l’on ne peut prendre des positions ayant des chances d’être couronnées de succès sans comprendre ce que vous dit le marché.
Dans le domaine du marché.
Ici aussi nous n’insisterons pas trop sauf sur le point qu’il faut jouer dans la tendance de la période sur laquelle on opère et idéalement sur celle de la période supérieure (5 à 6 fois la période opérationnelle). Faites vous-même l’expérience en regardant simplement ce qu’il s’est passé sur le CAC ces derniers jours et vous verrez comment le suivi de cette règle vous aurait évité de nombreux maux de tête.
Dans le domaine du jeu.
C’est dans ce domaine et dans le suivant que les règles de conduite doivent être réexaminées. Si dans les mois passés on pouvait se permettre de prendre positions sur la base de jugements économiques ou même techniques, il n’en est plus de même de puis quelques temps. En effet la composante comportementale prend le pas sur l’analyse rationnelle. Comme vous avez pu le remarquer la moindre mauvaise nouvelle est immédiatement suivie d’une baisse brutale du marché et on ne profite des bonnes nouvelles que pendant un court délai (cf. Le Tao de la Bourse et du Trading : « Prends garde à un marché qui ne réagit pas sur les bonnes nouvelles. C’est qu’il est bien malade. Alors oriente toi uniquement à la baisse »). La chose n’est peut être pas définitive, mais le cerveau doit être désormais en alerte.
Ces constatations nous amène à changer de style de jeu pour prendre position : l’opérateur devient plus que jamais un parieur. Il n’est pas en mesure de faire des pronostics. Il peut simplement évaluer des probabilités (à l’aide des techniques chartistes ou d’analyse technique). Et comme il s’agit de probabilités, il doit agir en conséquences :
La première conséquence est qu’il doit envisager que chaque opération puisse être perdante. Avec pour corollaire l’acceptation psychologique de cette possibilité de perte et du montant de la perte.
La deuxième conséquence est que la perte ayant une certaine probabilité et le montant en ayant été évalué (par exemple à l’aide de l’analyse chartiste ou de l’analyse technique), il faut se poser la question de savoir si elle est acceptable financièrement. C'est-à-dire si elle est dans les moyens du joueur et si elle n’obère pas les possibilités de la couvrir rapidement. Si le risque paraît trop élevé, il faut renoncer impitoyablement à prendre position.
La troisième conséquence est qu’il faut réagir rapidement aussi bien dans le cas où le marché donne raison au joueur (prendre les bénéfices dés que les signes indiquent que le risque de revenir en arrière existe) ou sortir si le marché lui donne tort, que la limite est atteinte et que les signes disent que il y peu de probabilités que le marché aille dans le bon sens.
La quatrième conséquence est que l’investisseur doit s’assurer par des couvertures. Nous en parlerons dans un prochain article.
Dans le domaine du joueur.
Le joueur de son côté va devoir aussi s’adapter à cette situation. Devant les réactions rapides du marché il va devoir faire à la foi faire preuve de sang froid et de sentir en syntonie avec le marché.
Pour se sentir en syntonie avec le marché, il lui sera absolument nécessaire de savoir sur quelle période opérationnelle il doit travailler (de la minute à l’année). Si sa psychologie n’est pas synchrone avec le marché, il risque de jouer à contretemps. Certaines personnes se sentent à l’aise sur des périodes très courtes d’autres sur des périodes longues. La façon de voir le marché n’est pas la même, le temps à consacrer à la présence devant l’écran non plus. Les décisions et les montants des pertes ne sont pas les mêmes. De même que les capitaux à consacrer à une ligne d’investissement déterminée. Le day-trader va prendre des positions de plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros sachant qu’il va rechercher un petit gain en pourcentage et qu’il sortira immédiatement si le marché lui sonne tort, tandis que l’investisseur doit assurer une répartition des risques et jouer sur des montants plus modestes pour mesurer ses risques, compte tenu de marges de fluctuation acceptées plus grandes.
Le sang froid lui viendra du fait qu’il sera rentré dans une position à son prix, qu’il aura accepté les règles du jeu et qu’il a suffisamment confiance en lui pour exécuter les règles si les choses tournent mal. Il viendra aussi du fait qu’il aura fait un travail psychologique important sur lui-même pour avoir l’intuition du marché, avoir le contrôle de lui-même et appris ce que nous nommons « la juste attitude » en matière de trading. Nous en reparlerons bientôt.