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Andréa Brignone : conomie financière et investissements

jeudi 19 juillet 2007 à 10h57
Andréa Brignone

Andréa Brignone Associé Exact

Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …

(BFM Bourse) - Mes éditoriaux sont faits à la fois pour les traders et pour les investisseurs. Les articles pour les traders comportent plus de techniques et plus de psychologie tandis que les articles pour les investisseurs sont plus prospectifs sans bien sûr ignorer la technique. Celui-ci est plus particulièrement destiné aux investisseurs.

Les périodes de consolidation telle que celle que nous connaissons sont les périodes les plus difficiles pour prendre des décisions à long terme. En effet, après la période de hausse que nous venons de vivre , il est normal de se poser la question de savoir si l'on est arrivé au sommet ou si nous sommes à un palier de la hausse. Comme je l'ai déjà dit par le passé ma boule de cristal est en panne et je ne ferais donc pas de pronostic. Essayons d'imaginer ce qui peut servir de guide à une réflexion destinée à nous guider vers une stratégie de secteurs d'investissement. Une sorte de mini « Regards sur le monde actuel » de Valery.

L'information que nous percevons autour de nous est très contradictoire et relève d'une étrange situation. Un certain nombre de fondamentaux ne sont pas pour encourager l'investissement : hausse du pétrole et des matières premières, des taux d'intérêt, des déficits américains. Inquiétude sur l'immobilier et surtout sur la dette des particuliers américains.

D'autre part des rumeurs régulières d'OPA, de fusions et autres excitent régulièrement le marché à la hausse. Peut-on dire que quand le marché baisse, il devient conscient et quand il remonte sur une rumeur il se met à rêver ?

Faire un choix des secteurs et des entreprises dans chaque secteur relève certes du pari. Mais que peut-on faire d'autre que parier dans la vie !

On entend de tout coté que l'économie s'est financiarisée. Ce qui voudrait dire que les fondamentaux de l'économie (prix et quantités) ne sont plus le résultat de la loi de l'offre et de la demande mais sont le fruit d'une volonté de financiers avides. En réalité, c'est toujours les lois de l'offre et de la demande qui sont les mécanismes qui dirigent les fondamentaux, mais il s'agit de l'offre et de la demande du futur c'est-à-dire celle qui est anticipée par les financiers. Comme les financiers aiment parier, mais n'aiment pas forcément les risques, ils ont été amenés à inventer des instruments destinés à limiter le risque et ce sont les produits dérivés. La conséquence en est que l'on tient souvent plus compte de l'évolution des prix des produits dérivés que du prix des produits matériels et des actifs. Or les produits dérivés permettent un effet de levier donc d'amplification d'un mouvement. Il est évident que, pour l'investisseur, cela contribue à brouiller les pistes. Tout en lui indiquant une stratégie d'investissement possible. Il doit agir comme un financier. C'est-à-dire investir dans des secteurs qu'il estime porteurs de potentiel mais en assurant sa couverture avec les produits dérivés ad hoc.

Maintenant examinons quels secteurs peuvent êtres porteurs dans les années qui viennent.

Chaque société du monde occidental est susceptible de se trouver confrontée à un concurrent des pays émergents car ils disposent d'argent et de main d'œuvre bon marché et de mieux en mieux formée. Le choc qu'a représenté Mittal société pratiquement inconnue de la finance occidentale, s'est peut-être un peu atténué mais la réalité est toujours là et ce ne sont pas les réflexes de « patriotisme économique » qui changeront grand chose à la dure réalité économique. Mais le vrai danger pour les sociétés privées occidentales réside dans le fait qu'un grand concurrent peut surgir, cassant les prix et devenir leader sur un secteur donné. Ce n'est pas l'argent qui fera barrière mais le savoir faire, la qualité des prestations et les marchés qu'ils détiennent. Les grandes sociétés qui survivront seront celles qui auront un grand savoir faire, une réputation de qualité et sont bien implantées sur les marchés. Parce que ce savoir-faire devra soit être acheté (comme dans le cas d'Arcelor), soit entré dans le cadre d'une coopération soit servira de protection. Cela oriente les choix vers les activités industrielles comme l'Air liquide, Saint Gobain , Alstom, Vallourec ou Ciments Lafarge par exemple, soit vers des activités de services dans des domaines sensibles comme l'environnement et demandant une organisation complexe et un réel savoir-faire comme Véolia ou Suez. Cela n'empêchera pas des ajustements à court terme sur les cours qu'il faudra savoir mettre à profit. Et/ou se couvrir. Cela n'est pas limitatif et d'autres secteurs que le secteur industriel présentent un intérêt mais nous en parlerons dans un prochain article.

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