Andréa Brignone Associé Exact
Andréa Brignone, associé Expérience et Action et auteur du Tao de la Bourse et du Trading, est économiste, chargé d’enseignement à Paris II Panthéon Assas. Auteur de l’encyclopédie de l’économie de Larousse, il est également expert auprès de la Commission Européenne. Conférencier …
(BFM Bourse) - La récente crise autour de l'augmentation du prix des céréales, rappelle la vieille loi de l'optimum de population de Malthus. Le tsunami qui a dévasté l'Asie du Sud-est il y a quatre ans, est aussi un signe précurseur d'une réaction d'un système contre les déséquilibres. Le système « Terre » se défend contre le déferlement désordonné de la démographie humaine. Sans vouloir jouer les Cassandre, il est nécessaire de rappeler ici, une loi due, à la fin du siècle dernier, à Verhulst. Cette loi établissait le rapport entre la croissance d'une population et les ressources disponibles. Elle est aussi utilisée pour calculer la propagation d'une rumeur ou bien la propagation d'une épidémie. Cette loi s'écrit de la façon suivante :Xn-1 =NXn(1-Xn) où N est un paramètre. Cela veut dire que pour une population donnée, celle-ci va croître jusqu'à un certain niveau puis ensuite décroître, pour croître à nouveau et ensuite décroître et ainsi de suite. Les limites qui sont données par le paramètre, sont fonction des ressources disponibles. Ce paramètre peut être le taux de fécondité où le taux de natalité.
En réalité, n'essayons pas de faire des calculs précis, mais de montrer que la population en s'accroissant contient ses propres germes de réduction. Les religieux islamistes qui se sont déchaînés après le tsunami, reprochant aux populations leurs péchés avaient à la fois tort et raison. Tort, quand ils estimaient qu'une puissance divine fondait sur les pauvres habitants du Sud-est asiatique. Et, raison, quand ils estimaient que les hommes y étaient pour quelque chose. En effet, les tsunamis ont toujours existés, mais ils avaient été rarement aussi meurtriers. Si celui-ci a été meurtrier, c'est à cause de l'entassement des populations sur les bords du littoral. Et si les populations s'entassent autour du littoral, cela est dû au fait que ces populations pour se nourrir, ont besoin de la mer pour la pêche et pour les échanges.
Ainsi le développement de la population contient son propre germe de destruction. C'est en quelque sorte, ce que postule la loi de Verhulst. Pour ceux que cela intéresserait de voir comment elle évolue, voir sur mon blog « La loi de Verhulst » (http://taodutrading.canalblog.com).
Quoi que l'on dise, l'optimum de population de Malthus est une loi réelle. Mais à condition de préciser qu'elle est valable pour un environnement donné et à un moment donné. Ainsi, faute de progrès, une population donnée peut être amenée à décroître si les ressources sont insuffisantes. On a vu cela dans le passé, avec l'apparition de la peste qui a réduit pratiquement la population de moitié. Par ressources, il faut entendre non seulement les ressources matérielles, mais aussi les ressources d'organisation et de logistique. Ainsi, nous ne manquons pas de produits alimentaires sur terre, mais ils ne se trouvent pas là où ils devraient se trouver. On a beau jeu de dénoncer la spéculation, alors qu'il s'agit essentiellement d'incurie et de mauvaise organisation. Il ne faut pas trop compter sur les gouvernements, pour prendre conscience des véritables menaces. Ils ne s'en occupent que lorsque celles-ci sont avérées.
En effet, leurs préoccupations sont généralement de se faire réélire. Certains organismes mondiaux, fondations, et entreprises privées qui verront leur intérêt à répondre à un besoin, seront certainement plus efficaces. À ce sujet, allez voir le film « les Seigneurs de la mer », ou vous verrez la préparation d'une catastrophe écologique, bien plus importante que les émissions de CO2.Il s'agit ni plus ni moins que de la réduction de la production d'oxygène par le plancton marin. Seulement, dans ce cas il s'agit de contrer les intérêts des vendeurs d'ailerons de requins, et seule, semble-t-il, la puissance publique pourrait y arriver.
Finalement, pour pouvoir contrer les conséquences de la loi de Verhustl, il est donc nécessaire de gérer de façon intelligente les ressources de notre planète avant de faire le grand bond vers les étoiles, si nous voulons continuer à croître au même rythme. Nous ne pas ici pour faire de l'écologie, il a déjà assez de gents qui s'en préoccupent. Mais, les constatations précédentes nous poussent à nous intéresser à toute entreprise qui est en mesure d'assurer les conditions d'un développement durable. J'entends par là, toute société qui propose des solutions permettant à la fois d'éviter des catastrophes humanitaires et de gérer les ressources. Il ne s'agit pas ici de sociétés qui repeignent en vert leur image de marque.
Mais des sociétés, dont les chiffres d'affaire sont générés par ces activités. Comme par exemple : les sociétés de recyclage, de transport, de technologie etc. ce seront, très probablement, les grandes valeurs du futur. Nous verrons cela lors d'un prochain article.