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Netflix : Confrontés à un public saturé de films et de séries, Netflix et Disney flanchent en Bourse

vendredi 14 mai 2021 à 13h06
Netflix vs Disney

(BFM Bourse) - Les deux géants américains du divertissement ont déçu le marché sur leur début d'année 2021, ne parvenant pas -et c'est rare- à atteindre le nombre d'abonnés anticipé par les investisseurs. Alors que Netflix, bien implanté depuis des années, arrive déjà à saturation, Disney va maintenant devoir séduire les spectateurs, après avoir conquis les fans.

Netflix, Disney, ces deux groupes qui fleurent bon le confinement -via Disney+ pour le second cité, qui a souffert sur ses parcs d'attractions- ont vu leur croissance ralentir au premier trimestre, après avoir servi de "refuge" aux investisseurs en quête de valeurs "stay-at-home" durant une année 2020 à nulle autre pareil.

Quand le marché attendait 109 millions d'abonnés payants chez Disney+, le royaume enchanté ne lui en a livré "que" 103,6 millions, dans son point d'activité trimestriel publié ce jeudi après Bourse. Cela se traduit par un repli de 3,6% dans les échanges avant l'ouverture de Wall Street pour le titre de The Walt Disney Company. "Gardez à l'esprit que nous avons conquis 30 millions de ménages (29,9 millions, NDLR) pendant les six premiers mois de l'année fiscale", a rappelé Bob Chapek, le patron du groupe, lors d'une conférence téléphonique.

Plus impressionnant encore, alors que Netflix a mis 10 ans à atteindre le seuil des 100 millions d'abonnés payants, Disney+ a réussi ce tour de force en à peine 16 mois, profitant du timing parfait du lancement de sa plateforme de vidéo à la demande, juste avant le début des confinements à travers le monde.

Des délais de production rallongés

Netflix a également manqué la cible, ne parvenant à faire croître son parc d'abonnés payants que de 14% sur un an à 208 millions, contre 203,6 millions à fin décembre 2020 et alors que le groupe avait promis 210 millions d’abonnés payants aux investisseurs. Dévoilés le 21 avril, les résultats trimestriels du n°1 mondial de la vidéo à la demande ont provoqué un plongeon de 7,6% du titre coté sur le Nasdaq. Et depuis janvier, l'action Netflix est en repli de 10% et le titre Disney affiche un léger recul de 1,65%.

"Nous pensons que la croissance de notre base d’abonnés payants a ralenti à cause de la percée de 2020 liée au Covid-19 et aussi à cause d’une offre de contenus plus réduite au premier semestre de cette année, en raison des délais de production dus à la pandémie", a expliqué le groupe californien, qui estime toutefois avoir fini 2020 "avec plus d’abonnés et de revenus que nous n’en aurions eus sans la crise sanitaire".

Au classement des plus grandes valorisations mondiales, l'empire historique du divertissement américain Disney (26e à 323 milliards de dollars) reste devant le mastodonte de la vidéo à la demande Netflix (43e, 215,8 milliards) - tout deux en retrait par rapport au 25 décembre dernier, lorsque Disney était 23e et Netflix 35e. Ce recul intervient néanmoins après des performances boursières spectaculaires enregistrées par les deux groupes en 2020 (+66% pour Netflix, +31,5% pour Disney). Un exploit d'autant plus remarquable pour ce dernier que la majorité de son activité (parcs d'attractions, cinémas, croisières, événements sportifs) a été grandement affecté par la crise sanitaire.

Une dynamique en faveur de Netflix

En termes de revenus aussi, Disney en impose plus que Netflix - bien que la dynamique est clairement en faveur du second (+24% à 7,16 milliards de dollars entre janvier et mars contre -13% à 15,6 milliards pour le premier sur la même période). Toutes les activités du groupe (produits dérivés, parcs à thème...) ont vu leurs revenus baisser, sauf les plateformes de streaming (Disney+ ainsi que Hulu), qui ont rapporté 4 milliards de dollars, +59% sur un an, une progression tirée par le modèle hybride de Hulu (sur abonnement ou gratuit mais avec des pubs) qui continue de monter en puissance. "La croissance des recettes publicitaires (sur ce service) a été particulièrement forte", remarque Eric Haggstrom du cabinet eMarketer.

"Netflix n’a rallié qu’un petit nombre de nouveaux abonnés et en attend encore moins d’ici les prochains résultats, constate le même analyste, pour qui cela constitue "une source d’inquiétude parce que Disney+, Hulu, HBO Max et d’autres sont en train de les rattraper en termes d’abonnés américains". La plateforme ne table de fait que sur un million d’abonnés supplémentaires pendant le trimestre en cours, contre 10 millions l’année dernière à la même période, avant un nouvel élan au cours de l'été grâce au retour de séries très populaires comme Sex Education ou La Casa de Papel. "Cela signifie que Netflix est sans doute proche de la saturation aux Etats-Unis, son plus gros marché" ajoute-t-il. Gene Munster du fonds d’investissement Loup Ventures, va plus loin en considérant que le ralentissement de la croissance constatée au premier trimestre 2021 marque le début d'une "croissance quasi-plate pour le pionnier du secteur sur le long terme". Netflix mise désormais sur l'Asie, où il teste un abonnement mobile à 2,99 euros par mois, pour servir de relais de croissance.

La conquête de nouveaux marchés est également une priorité pour Disney, qui sera notamment bientôt disponible en Malaisie et en Thaïlande. Les experts prédisent néanmoins une hausse des coûts d'acquisition (marketing, etc.) pour le groupe californien. "Disney+ s'est bien débrouillé pour attirer les fans et les familles mais maintenant, ils vont devoir séduire les spectateurs" non acquis à l'univers de la marque, indique ainsi Joe McCormack de Third Bridge.

Pour alimenter sa croissance, Disney promet des investissements conséquents dans ses franchises à succès, comme Star Wars. Il parie entre autres sur la sortie, en juin, de la série Loki, des studios Marvel, censée générer "beaucoup d'attention". "L'attention est le précurseur des additions nettes d'abonnements", insiste Bob Chapek, qui a pris le relais d'un autre Bob (Iger), l'an dernier.

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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