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NEOVACS

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Neovacs : Le projet de reprise de Famar Lyon, spécialisé dans la chloroquine, dope l'action Néovacs

lundi 29 juin 2020 à 12h16

(BFM Bourse) - La société de biotechnologies (elle-même récemment sortie de redressement judiciaire grâce au soutien de nouveaux investisseurs) a soumis, aux côtés des fonds Industry et Cofilux, un projet de reprise avec continuation de l'activité de l'ancien site phare de Rhône-Poulenc. Installé à Saint-Genis-Laval, dans le sud-ouest de Lyon, l'usine fabrique notamment la Nivaquine, un antipaludéen à base de chloroquine.

Jusqu'ici spécialisée dans la recherche contre les maladies auto-immunes, Néovacs s'ouvre de nouveaux horizons, dans la continuité du plan "Nouveaux Départs" élaboré par son nouvel actionnaire de référence Hugo Brugière (HBR Investissement). Initié par Franck Supplisson, également soutenu par le fonds d'investissement Cofilux, le projet auquel se joint Néovacs prévoit d'investir 37 millions d'euros en cinq ans avec pour ambition de relancer l'activité historique de façonnier tout en développant une activité de bio-conditionnement et un incubateur de biotechs. L'apport initial de Néovacs se limite à 2 millions d'euros.

"Nous démontrons, par cette première initiative structurante, la vision très claire que nous avons pour l'avenir de Néovacs et notre capacité à identifier des projets ambitieux, à très forts potentiels, mais à l'arrêt. Plus que jamais, la société Néovacs démontre ainsi son ambition pour redevenir un acteur clef de l'industrie pharmaceutique en France", a déclaré Hugo Brugière, désormais PDG de la société.

Un projet salué par le marché, entraînant vers 10h30 lundi un rebond de 44,53% du cours à 0,131 euro.

"Recréer un acteur de référence" en France

Dans un communiqué publié dimanche, Néovacs a ainsi annoncé avoir présenté avec la société Industry de Franck Supplisson et le fonds Cofilux (Compagnie Financière du Luxembourg) un projet de reprise de Famar Lyon "afin de recréer un acteur de référence de l'industrie pharmaceutique en France".

Implanté en 1982 à Saint-Genis Laval, le site en question fut l'un des plus importants du groupe Rhône-Poulenc (devenu Aventis puis Sanofi), produisant des médicaments aussi répandus que le sirop contre la toux Toplexil ou l'antibiotique Josacine. Il produit aujourd'hui la Nivaquine, un antipaludéen à base de sulfate de chloroquine (le principe actif étant importé d'Asie). Il a été vendu en 2004 à Famar, société grecque de sous-traitance pharmaceutique, elle-même détenue par le groupe Marinopoulos. Mis en difficulté par la crise grecque quelques années après, ce dernier a progressivement abandonné le site qui n'a pas pu bénéficier des investissements minimaux permettant de maintenir non seulement sa compétitivité mais aussi sa sécurité.

En 2017, selon les syndicats de Famar, l’actionnaire familial de Marinopoulos a fait remonter environ 30 millions d'euros vers la holding dans des conditions dénoncées par les salariés, avant que ses propres créanciers ne reprennent la main. Une ponction qui a plongé Famar dans de graves difficultés de trésorerie empêchant les sites comme celui de St Genis Laval de produire malgré un carnet de commandes bien rempli, faute de pouvoir payer les matières premières.

Réduction drastique des volumes de commandes

Conçu pour produire plus de 120 millions d'unités par an, l'usine a vu ses volumes de production se réduire jusqu'à 50 millions en 2018. Les retards d'investissement, la réduction drastique des volumes de commandes clients et un niveau de charges fixes devenu alors excessif ont conduit à l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire en juin 2019.

Le plan de reprise a été initié par Franck Supplisson. Après une première carrière politique en tant que conseiller de Nicolas Sarkozy lors de son mandat présidentiel, directeur de cabinet du ministre de l'Industrie Eric Besson et également directeur adjoint du cabinet de Christine Lagarde, Franck Supplisson a fondé une société dédiée à la reprise d'actifs industriels et énergétiques en difficultés. Après Ascometal (racheté ensuite par le suisse Schmolz + Bickenbach), Industry pilote aujourd'hui la reprise et le développement de l'usine sidérurgique Akers France de Thionville (Ascoforge), de l'usine Altifort SMFI de Tarbes, de l'usine Alpine Aluminium d'Annexy, de l'ancienne usine de galvanisation ArcelorMittal Atlantique Lorraine de Montataire et de l'aciérie de Gandrange.

Il s'est associé au groupe Cofilux-Secufund, un fonds luxembourgeois gérant le patrimoine de plusieurs familles, qui s'est fixé comme priorité le secteur de la santé (plus de 735 millions d'euros d'acquisitions dans ce secteur l'an dernier) et à Néovacs, dans le cadre du nouveau plan stratégique mis en œuvre par HBR Investment Group.

10 millions d'euros réinjectés en cinq ans

Les repreneurs entendent "reprendre le site et y investir massivement, afin de le redynamiser et d'en refaire un site majeur de l'industrie de la santé et du médicament en France, dans un contexte où ces industries sont appelées à jouer un rôle croissant dans notre économie" en y réinjectant 10 millions d'euros en cinq ans, permettant de porter les effectifs du site de 150 salariés repris à plus de 400 emplois.

La priorité est d'apporter dès le mois d'août des activités industrielles nouvelles, notamment la production de gels hydroalcooliques en reconvertissant une ligne de production de sirops désaffectée. Un contrat est déjà négocié avec l'un des leaders européens de la production de gels hydroalcooliques. À partir d'octobre 2020, la nouvelle équipe veut développer une activité de remplissage aseptique (méthode de remplissage d'un emballage par un liquide dans un environnement stérile), en sous-traitance d'un des leaders mondiaux de l'industrie pharmaceutique qui est à la recherche de capacités en vue de la production, dans les meilleurs délais, d'un futur vaccin contre la Covid-19. "Les repreneurs ont été retenus pour un tel projet d'envergure en raison de la réactivité offerte pour répondre à une telle demande dans un délai aussi court et la compétence technique des équipes permettant d'être opérationnel après une période de formation indispensable liée aux spécificités des opérations de remplissage aseptique et aux procédés internes du client", précise le communiqué de Néovacs.

L'objectif est aussi de s'atteler à remettre à niveau le site pour relancer l'activité historique du site avec les clients actuels et de nouveaux clients, tels que le laboratoire Cristers. Les travaux pour obtenir notamment les autorisations nécessaires de l'ANSM seront engagés dès cet été.

En attente du feu vert du tribunal de commerce

Les repreneurs souhaitent également implanter une unité de bio-conditionnement et de distribution de produits de santé sensibles (poches de sang et de plasma, tissus, greffons, matériels chirurgicaux), volet pour lequel un pré-accord de financement a été obtenu de la part de Bpifrance, et créer un centre de formation et un incubateur de sociétés de biotechnologies.

L'investissement de 37 millions d'euros sera décomposé de la manière suivante :
- 12 millions d'euros, dont 2 millions apportés par Néovacs et 10 millions pour Cofilux,
- 15 millions d'euros investis dans l'aménagement et l'exploitation d'un bâtiment dédié à l'activité de conditionnement, dont 6,5 millions financés par Bpifrance et 8,5 millions par Valinvest (développeur des plateformes biologistiques de Chronopost),
- 10 millions d'euros investis graduellement par Néovacs, à raison de 2 millions sur chacune des cinq prochaines années.

En échange de son investissement, Néovacs détiendra 15% du véhicule financier de reprise et en assurera la présidence du conseil d'administration.

Ce plan doit être examiné mardi par le tribunal de commerce de Paris avant d'être mis en œuvre.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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