14/06 | 07:00 | Chantale Houzelle
Les investisseurs ciblent les start-up de chimie verte
C'est un signal fort en faveur des jeunes pousses qui veulent percer dans la chimie verte. Le
pionnier du financement de l'innovation en France, Sofinnova Partners, qui a investi depuis sa
création en 1972 pour l'essentiel en biotechnologies et en high-tech, ouvre sa stratégie à ce
secteur émergent en pleine effervescence. Le capital-risqueur a entrepris de collecter un fonds
spécial consacré aux start-up qui proposent à l'industrie chimique des matières premières
extraites de la biomasse plutôt que du pétrole. Objectif : lever au moins 30 millions d'euros
(lire ci-dessous).
En attendant, Sofinnova puise dans ses fonds existants et a injecté, jeudi dernier, 6,9 millions
d'euros au tour de table de 25 millions d'euros de l'entreprise néerlandaise Avantium. Le
français Aster Capital - partiellement financé par Rhodia -et divers investisseurs néerlandais,
comme Aescap Venture, l'ont rejoint. Le but : industrialiser un procédé qui permet de produire
des polyesters et des polyamides entièrement verts. Deux premiers accords avec Pepsi et Heinz
promettent à Avantium de lui ouvrir le marché des bouteilles plastique 100 % renouvelables, dès
que la production atteindra son rythme de croisière en 2015.
Mais le marché potentiel est bien plus vaste. La jeune pousse se targue en effet d'avoir
découvert un procédé capable de stabiliser un acide furanique, le FDCA (acide
2,5-furandicarboxylique), naturellement présent chez l'homme. On sait depuis longtemps qu'il
pourrait se substituer à l'acide téréphtalique (PTA), issu du pétrole, dans la production de
certains plastiques. En le rendant stable, Avantium peut s'infiltrer dans de larges pans de
l'industrie chimique. Outre l'emballage alimentaire, les couches-culottes et les textiles, le FDCA
peut entrer dans la fabrication de mobilier, de câbles ou de gilets pare-balles.
Plastique 100 % recyclable
Dans le cas des bouteilles plastique, la substitution du PTA par le FDCA semble avantageuse :
biodégradables, elles sont entièrement recyclables et, d'après une étude menée par
l'université d'Utrecht, leur empreinte carbone serait réduite de moitié. Sur le plan
économique, Avantium prévoit d'atteindre un coût de 1.200 dollars la tonne en 2015 contre 1.500
dollars aujourd'hui pour le PTA, dont le prix dépend du cours du baril.
C'est le deuxième investissement de Sofinnova Partners dans le secteur. Le premier est
l'américain BioAmber, qui vient de clore un deuxième tour de table de 45 millions de dollars
mené par Naxos Capital Partners. Implantée au Canada et en France, cette société produit de
l'acide succinique, notamment utilisé comme édulcorant par l'agroalimentaire.
« Les procédés de chimie biologique deviennent de plus en plus efficaces, alors que le prix du
pétrole ne cesse de monter. Pour de nombreux produits, le point d'équilibre se rapproche »,
explique Isabelle de Crémoux, directrice de participation chez Seventure Partners, qui a lancé
deux start-up françaises dans ce champ d'activité. Créé en 1999 et coté depuis 2007, METabolic
EXplorer a creusé le premier sillon. L'entreprise auvergnate exploite la fermentation industrielle
pour produire des composés d'origine végétale, qui entrent dans la fabrication de fibres
textiles, de peintures, de solvants, d'adhésifs ou d'aliments pour animaux.
Potentiel gigantesque
Seventure Partners est aussi le seul investisseur au capital de la jeune pousse Polaris. Basée à
Quimper, elle développe des technologies enzymatiques pour concocter à partir de microalgues des
huiles dédiées à la pharmacie, à la cosmétique ou à la nutrition. Les algues constituent aussi
la source de la société girondine Fermentalg, qui veut en tirer des applications dans les
transports et la nutrition.
Une autre start-up tricolore est sortie du bois l'an dernier. Soutenu par Truffle Capital qui l'a
porté en Bourse en avril 2010, Deinove a levé au total 15,5 millions d'euros et vient de se voir
délivrer le brevet européen fondateur de sa technologie. Exploitant la capacité
d'autoréparation des bactéries Déinocoques, la société a franchi fin mai une étape clef,
validée par Oséo, dans la mise au point de son procédé d'ingénierie génétique pour produire
de l'éthanol de deuxième génération.
Pour les investisseurs, le potentiel à exploiter s'annonce gigantesque : « Dix pour cent du
pétrole produit chaque année est absorbé par l'industrie chimique, qui en reste profondément
dépendante », rappelle Denis Lucquin, partenaire associé de Sofinnova Partners.
Jean Rognetta et chantal houzelle, Les Echos
VIDEO DIRECTEUR SCIENTIFIQUE à l'assemblée nationale
http://www.youtube.com/watch?v=kUchONSOrWk
5 MOLECULES COMMERCIALISEES SOUS 1 A 2 ANS , dit dans son discours a 11 minutes 11 secondes
Merci titi, je voulais insérer le même texte.
Les pépites tricolores seraient-elles ici, dans tous les cas promis à un bel avenir, reste à
connaitre l'ambition et les capacités (financières aussi) du meneur, du manageur, du dirigeant.
elle est controlée metex à mon avis c'est pour faire rentrer un gros industriel