par Aref et Mohammed et Ahmed Rasheed
BAGDAD, 20 mars (Reuters) - L'Irak a déclaré un cas de force majeure sur tous les gisements pétroliers exploités par des compagnies pétrolières étrangères après que des opérations militaires dans la région perturbent la navigation dans le détroit d'Ormuz, ont rapporté à Reuters trois responsables du secteur de l'énergie directement informées de cette décision.
La navigation dans le détroit d'Ormuz, une voie de passage stratégique par laquelle transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde, a été gravement affectée par une activité militaire sans précédent, a déclaré le ministère irakien du Pétrole dans une lettre datée du 17 mars et consultée par Reuters.
La plupart des exportations de brut irakien transitent par ce détroit, et ces perturbations ont conduit à pousser les capacités de stockage à leur seuil limite, peut-on lire dans la lettre.
Les cours internationaux du pétrole ont atteint vendredi leur plus haut niveau en près de quatre ans, alors que la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran, qui dure depuis trois semaines, s'intensifiait.
"Les partenaires internationaux n'ont pas été en mesure d'indiquer les tankers capables de recevoir du brut, empêchant ainsi les exportations alors même que la compagnie pétrolière nationale SOMO était prête à charger les cargaisons", poursuit la lettre.
"Compte tenu de la situation, le ministère a ordonné l'arrêt complet de la production dans les zones sous concession concernées, sans qu'aucune indemnisation ne soit due au titre des clauses contractuelles", ajoute également la lettre.
Selon le ministère irakien du Pétrole, cette baisse des capacités sera réexaminée périodiquement en fonction de l'évolution de la situation régionale. Il a invité les entreprises à des discussions urgentes afin de s'accorder sur les opérations essentielles, les coûts et les effectifs dans le cadre des conditions de force majeure.
Le ministre irakien du Pétrole, Hayan Abdel Ghani, a déclaré que la production de brut de la Basra Oil Company avait été réduite à 900.000 barils par jour (bpj) contre 3,3 millions de bpj après l'arrêt des exportations depuis les ports du sud du pays, selon un communiqué publié vendredi. Les volumes produits ont été acheminés vers les raffineries en activité, précise le communiqué du ministère.
La baisse de la production et des exportations devrait peser sur les finances déjà fragiles de l'Irak, l'Etat dépendant des ventes de brut pour la quasi-totalité de ses dépenses publiques et plus de 90% de ses revenus.
La guerre américano-israélienne contre l'Iran, déclenchée le 28 février, menace d'embraser tout le Moyen-Orient. Téhéran a riposté aux frappes d'Israël et des Etats-Unis en visant les Etats du Golfe qui abritent des bases militaires américaines, tandis qu'Israël a lancé des attaques au Liban en réponse aux tirs du Hezbollah, soutien de l'Iran.
(Reportage Aref Mohammed and Ahmed Rasheed; rédigé par Muhammad Al Gebaly; version française Claude Chendjou)
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