Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Faut-il continuer à parier sur l'immobilier commercial ?

dimanche 18 octobre 2020 à 12h00

(BFM Bourse) - Le commerce de centre-ville restera un actif porteur, en raison de tendances structurelles que la crise actuelle ne saurait remettre en cause, malgré un ralentissement plus ou moins temporaire, assure le DG du groupe Sofidy, un des principaux gérants de SCPI de de fonds d'immobilier coté.

La chute de la consommation physique ajoutée à la montée en puissance du commerce électronique pendant le confinement et la crise économique sans précédent provoquée par la pandémie font craindre à certains un violent vent contraire sur l’immobilier commercial

L’attractivité des murs de commerce de coeur de ville est soutenue depuis plusieurs années par une série de catalyseurs, correspondant pour certains à des tendances structurelles de fond, affirme le patron de Sofidy, un des principaux gérants tricolores d'actifs immobiliers et filiale de Tikehau Capital.

Les flux démographiques vers les grandes villes, le vieillissement de la population mais également l’évolution brutale des territoires -avec d’un côté la dévitalisation dramatique de nombreuses villes moyennes et de l’autre, le renforcement des grandes métropoles- dirigent toujours plus de personnes, et donc de consommateurs, vers les centres-villes des agglomérations françaises et européennes les plus dynamiques.

À cette tendance lourde s’ajoute un besoin croissant de proximité, lié au renchérissement du coût du transport et à une forme de prise de conscience incitant de plus en plus de citadins à délaisser la voiture pour faire leurs courses. Cette recherche de proximité est également alimentée par de nouvelles aspirations, notamment de la part des Millenials (et générations suivantes) pour une consommation plus locale, de qualité, plus saine et moins énergivore.

Ces jeunes générations n’hésitent pas non plus à reporter une partie de leurs dépenses sur les loisirs, la restauration mais aussi les services et les soins à la personne. Des offres par définition non délocalisables qui prospèrent dans les cœurs de centre-ville des grandes métropoles.

Alors que les citadins étaient déjà prêts, avant même la pandémie, à payer plus cher des biens et services accessibles à quelques rues de leur domicile, le confinement n'a fait que renforcer la valeur "proximité". Limités dans leurs déplacements, avec la seule possibilité de réaliser des achats dits essentiels, la majorité des citadins a privilégié les commerces ouverts près de chez eux. Et lors des premières semaines d’un déconfinement très progressif, ce sont aussi les commerces de proximité qui ont été plébiscités pour solliciter des services auxquels la population n’avait plus accès. Depuis, ce sont également les commerces de cœur de centre-ville, facilement accessibles, qui semblent profiter au premier chef du redémarrage de la consommation.

Dans son plaidoyer "pro commercio", le gérant note que d’autres facteurs participent à l’attractivité des commerces de cœur de ville. Le rôle du tourisme, traditionnel catalyseur de la consommation en France, ne doit pas non plus être occulté. Jean-Marc Peter ose ainsi se projeter au-delà de la pandémie qui a brutalement stoppé la venue des touristes étrangers avec des conséquences significatives pour les commerces des grandes villes touristiques (même si a contrario les Français sont majoritairement restés dans l’Hexagone cet été ce qui a pu combler partiellement ce manque à gagner). Après le coup d’arrêt de 2020 et un probable lent redressement l’année prochaine, les flux touristiques finiront par reprendre, au moins en Europe, et l’attractivité touristique de la France n'a pas de raison de se démentir.

Le dirigeant souligne également que le commerce est par essence un secteur très dynamique et créatif. Chaque année apparaissent de nouvelles enseignes, de nouveaux concepts, de nouveaux formats qui démontrent une capacité de renouvellement permanent. La période de confinement a également témoigné de cette créativité. De nombreux commerçants indépendants ont redoublé d’idées et d’énergie pour apporter des solutions à leurs clients et continuer à les servir : livraisons, "drive piéton", horaires adaptés, restauration à emporter ou livrée… Autant de solutions qui ont permis de limiter la chute des chiffres d’affaires.

Cette réactivité face à une situation inédite a bien sûr pu être déployée d’autant plus facilement que ces commerces disposaient déjà d’un site internet et d’outils digitaux. La crise sanitaire a ainsi mis en lumière la complémentarité stratégique -qui ne fait que croître depuis plusieurs années- entre les commerces physique et en ligne, ainsi que la nécessité d’une distribution multicanale. Il est intéressant, à ce titre, de souligner que pendant le confinement, le taux de croissance des ventes en ligne a été de... 100 % pour les enseignes traditionnelles (ayant pignon sur rue) contre seulement 15 % pour les pure-players de l’e-commerce (selon le rapport Fevad de mai 2020).

Aux yeux de Jean-Marc Peter, loin d’être un point de rupture, la crise actuelle devrait là encore renforcer une tendance déjà en place : le développement de magasins connectés comme nouvelle vitrine des enseignes, y compris des pure-players internet qui cherchent désormais des emplacements physiques comme relais de croissance. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, de l’utilisation des smartphones et du recours à la géolocalisation, les commerces physiques de centre-ville s’emparent aussi des outils numériques de fidélisation.

Si toutes ces tendances constituent de puissants facteurs de soutien pour les murs de commerces de centre-ville, il n’en reste pas moins que l’attractivité de ces zones doit être garantie, voire renforcée, par des aménagements adaptés. Accessibilité optimisée pour toutes les formes de mobilité et un confort d’usage, réseau mobile efficace pour utiliser les outils digitaux, espaces publics de qualité aménagés autour d’un paysage urbain harmonieux, maillage de commerces offrant une densité et mixité d’offres adaptées à l’évolution des modes de vie et à l’émergence de nouveaux besoins… autant de critères à combiner pour promouvoir de véritables parcours client et ainsi assurer la pérennité des murs commerciaux.

Ces tendances de fond vont donc continuer à dessiner les villes de demain. Achetés avec discipline et discernement, les murs de commerce situés dans les principales artères au cœur des métropoles dynamiques, sortiront renforcés de la crise actuelle et resteront porteurs au sein de la galaxie de l’immobilier commercial, martèle le patron de Sofidy, qui gère pour le compte de plus de 50.000 épargnants (et un grand nombre d’institutionnels) un patrimoine immobilier constitué de plus de 4 200 actifs commerciaux et de bureaux.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+331.30 % vs -7.58 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat