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Alexandre Baradez : Pic de volatilité = point bas du marché ? Pas toujours...

jeudi 26 mars 2020 à 14h59
Alexandre Baradez

Alexandre Baradez Responsable des analyses marchés pour le groupe IG

Diplômé de l'ESCE en 2003, il a d'abord évolué plusieurs années chez BNP Paribas, puis au sein de la Banque Robeco. En 2009, Alexandre Baradez entre chez Saxo Banque en tant que "sales trader". Son expérience des marchés financiers et plus particulièrement des devises l'amène rapidement à …

(BFM Bourse) - On a souvent tendance à croire que le marché atteint son point bas lorsque la volatilité est à son comble. Attention au timing : en réalité il peut s'écouler un certain temps entre le pic de la volatilité et le moment où le marché atteint son plancher.

Le pic récent du VIX (l'indice traduisant la volatilité du S&P 500) au-dessus de 85 il y a quelques jours traduit-il automatiquement un point bas pour les marchés américains et européens ?

Ce fut bien le cas au quatrième trimestre 2018, lorsque les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, accompagnées d’un ralentissement de l’économie mondiale ont inquiété les investisseurs : le pic sur le VIX est allé de pair avec un point bas pour le S&P 500, la synchronisation était bonne.

Mais ce ne fut pas le cas lors de la crise des subprimes. Le VIX a atteint un sommet historique au-delà de 89 le 24 octobre 2008, le S&P 500 évoluant alors à 850 points. Mais dans les mois qui ont suivi, le VIX n’a plus jamais atteint un tel niveau et pourtant l'indice large du marché américain a lui continué à baisser pour toucher son point bas le 6 mars 2009 à 666 points. Soit encore 22% plus bas, et plus de quatre mois après le pic de volatilité…

Ce retour en arrière montre très clairement qu’un indice actions peut continuer à s’affaisser pendant plusieurs mois - alors même que la volatilité de cet indice n'est plus à son comble.

On trouve un exemple similaire lors de la phase de stress de début 2018. Pour mémoire, les indices américains avaient commencé à décrocher après un bon rapport sur l’emploi qui faisait ressortir une progression sensible du salaire horaire moyen et le marché avait alors pris peur, craignant que cela n’entraîne une accélération des relèvements de taux de la Réserve fédérale.

Lors de cette phase relativement brève (quelques jours) mais très intense, en raison notamment d’un débouclage massif des positions spéculatives "short volatilité", le VIX avait atteint son sommet du moment au-dessus de 50 mais cela ne traduisait pas, là non plus, le point bas du SP500, qui avait été touché quelques temps après.

Si on fait un parallèle entre l’impact de la pandémie sur l’économie mondiale par rapport à la crise des subprimes, et son impact récessif, nous pourrions assister à des schémas similaires en termes de structure de la volatilité et du comportement des indices. Il est toutefois important de bien considérer les niveaux techniques en même temps que la volatilité pour valider ou non l’entrée dans une nouvelle phase baissière.

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