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Pétrole, Covid-19, crédit, situation économique : Quel timing pour les marchés actions ?

lundi 6 avril 2020 à 16h29
Alexandre Baradez

Alexandre Baradez Responsable des analyses marchés pour le groupe IG

Diplômé de l'ESCE en 2003, il a d'abord évolué plusieurs années chez BNP Paribas, puis au sein de la Banque Robeco. En 2009, Alexandre Baradez entre chez Saxo Banque en tant que "sales trader". Son expérience des marchés financiers et plus particulièrement des devises l'amène rapidement à …

(BFM Bourse) - Les marchés ayant décroché dès qu'ils ont perçu le danger de l'épidémie du coronavirus, avant même que l'ampleur de la dégradation de l'économie se traduise dans les statistiques, on pourrait penser qu'ils n'attendront pas non plus l’amélioration de ces dernières pour repartir durablement. Attention à ce scénario un peu trop simple.

Avant même que les premières données économiques ("hard data") ne parviennent aux marchés, ces derniers ont décroché, paniqués par la vitesse de propagation de l’épidémie de Covid-19, avec l’apparition des différents foyers à travers le monde. Il serait donc logique de penser qu’à l'inverse un ralentissement de la propagation du virus soit le déclencheur d’un retournement haussier durable des marchés.

Pour résumer : les marchés qui n’ont pas attendu la publication des données macroéconomiques pour décrocher n’attendront pas non plus l’amélioration de ces dernières pour repartir.

Mais cette hypothèse pourrait être un peu trop simple. D'une part, parce que l’histoire nous a montré que l’économie pouvait se dégrader très rapidement, mais qu’il était souvent difficile de la faire repartir - comme ce fut le cas lors de la crise de la dette en zone euro, elle-même une des conséquences plus ou moins directe de la crise des subprimes qui avait obligé les Etats à s’endetter pour faire de la relance économique, en plus de problèmes structurels.

Le scénario d’une reprise en V sur les marchés et sur l’économie n’est donc pas le scénario de base. Même s'il faut tenir compte de paramètres différents par rapport aux phases de récessions précédentes lors de la bulle internet ou de la crise des subprimes, à savoir la vitesse de réaction des Etats et des banques centrales, beaucoup plus prompte cette fois-ci.

Mais un scénario de reprise rapide des marchés ne semble pas à privilégier car le tempo de la sortie des mesures de confinement devrait être beaucoup plus lent que celui de leur mise en place, notamment en Europe. Nous risquons d'assister à une reprise graduelle, ce qui continuera de peser sur l’économie et notamment sur les entreprises les plus fragiles avec des conséquences potentiellement plus durables sur le chômage et la consommation.

Autre catalyseur sur les marchés, et on l’a vu ces derniers jours: le pétrole. On s’en souvient, le cours du brut avait commencé sa phase de baisse bien avant les indices actions. Donc là-aussi on pourrait légitimement se dire que si le pétrole commence à rebondir, c’est également un signal pour les actions...

En réalité, le rebond du pétrole s’est appuyé sur l’hypothèse de mesures d’interventions rapides sur les niveaux de production de l’Arabie Saoudite et de la Russie, le président américain évoquant une baisse de production mondiale de 10 voire 15 millions de barils par jour. Pour satisfaire la hausse récente des marchés liée en partie à ce rebond des cours, il faudrait une annonce rapide de mesures de la part des principaux pays producteurs, et que l’économie mondiale reparte assez vite pour stimuler la demande. Autre crainte : que l’Arabie Saoudite refuse de supporter une part trop importante de la baisse de production en l'absence d’effort de la Russie…et des Etats-Unis. Ces derniers se montrant pour l’instant réticents à ajuster leur production.

Et enfin autre élément à surveiller : les spreads de crédit, ou l'écart des taux pratiqués entre différents émetteurs. Tant que les tensions persistent, notamment sur le high yield, il est peu probable que les marchés actions repartent durablement.

Il faudrait donc la combinaison de plusieurs facteurs pour considérer une amélioration pérenne des marchés actions : rebond du pétrole, atteinte prochaine du pic épidémique aux Etats-Unis, visibilité sur les mesures de déconfinement en Europe notamment, détente sur les spreads de crédit et rebond de certains indicateurs de sentiment (PMI, IFO, ZEW, ISM notamment). Un ensemble pas facile à réunir.

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