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Marchés américains : Ces éléments qui dérangent

mardi 8 décembre 2020 à 17h53
Alexandre Baradez

Alexandre Baradez Responsable des analyses marchés pour le groupe IG

Diplômé de l'ESCE en 2003, il a d'abord évolué plusieurs années chez BNP Paribas, puis au sein de la Banque Robeco. En 2009, Alexandre Baradez entre chez Saxo Banque en tant que "sales trader". Son expérience des marchés financiers et plus particulièrement des devises l'amène rapidement à …

(BFM Bourse) - Le S&P 500 évolue désormais 15% au-dessus de ses niveaux pré-Covid-19. Non seulement toute la phase de baisse a été effacée, mais le principal indice américain a conquis de nouveaux sommets, avec un indice de volatilité qui a récemment fait une incursion sous 20, c’est-à-dire son plus bas niveau depuis février. À titre indicatif, en période "normale" d’avant pandémie, la volatilité du S&P 500 évoluait en moyenne entre 10 et 20, et elle avait explosé à plus de 80 en mars lors du pic de stress.

Si la volatilité sur les marchés s’est rapidement normalisée, ce n’est pas le cas de la situation économique et les multiples de valorisation ne cessent de grimper. Le S&P 500 se paie actuellement 29 fois les bénéfices alors que ce ratio était de 22 en février... avant la crise. Les investisseurs paient donc beaucoup plus cher aujourd’hui. Selon des données FactSet, les estimations de bénéfice par action (BPA) pour 2020 sont actuellement 28% plus basses qu'en début d'année. Et si on regarde ces même anticipations pour 2021, elles sont à peine supérieures au niveau des BPA réalisés de 2019. Sachant également qu’entre 2018 et 2019, la progression des BPA du S&P 500 avait été très faible.

Si ce n’est un effet FOMO (Fear Of Missing Out) ou un effet TINA (There Is No Alternative), difficile de justifier les valorisations actuelles même en prenant compte les projections pour 2021. Sachant également que que sur les vingt derniers exercices, en moyenne, les chiffres réels de fin d’année se situent 7% en-deçà des projections de début d'année... Les projections de BPA pour 2021 seraient donc trop optimistes impliquant que les BPA du S&P 500 pour 2021 ne dépassent pas les niveaux de 2019. Ce qui accroît encore un peu plus le sentiment de "survalorisation" des valeurs américaines.

Sans compter que pour le moment les Etats-Unis ne voient toujours pas le bout de la vague actuelle de Covid-19 : les hospitalisations sont presque deux fois supérieures à celles observées lors de la première vague et le nombre de décès journaliers a récemment dépassé le pic de la première vague. Plusieurs Etats américains prennent des mesures pour limiter la propagation du virus ce qui pèsera obligatoirement sur les performances économiques du dernier trimestre.

Les marchés ont clairement anticipé l’effet de l’arrivée des vaccins sur l’économie mais avant que ces derniers ne soient pleinement déployés au sein de la population et produisent des effets à grande échelle il faudra plusieurs mois pendant lesquels l’économie continuera d’être sous pression avec des secteurs évoluant toujours au ralenti. Le dernier rapport sur l’emploi a clairement fait apparaître un ralentissement des créations et la confiance des consommateurs américains s’est tassée avec l’essoufflement des mesures de soutien économique, en attendant que le Congrès s’entende sur un nouvel ensemble de mesures.

Autre élément qui peut traduire un sentiment extrême sur les marchés : l’intérêt vendeur sur les actions du S&P 500 n’a jamais été aussi faible depuis au moins 2004 selon des données Bloomberg. Ce qui signifie que de moins en moins d’acteurs veulent vendre les actions américaines…

Même si les conditions financières n’ont jamais été aussi accommodantes aux Etats-Unis grâce à l’action de la Fed, ce qui pousse les investisseurs vers les actifs risqués, l’anticipation très en amont de ces derniers au niveau des résultats d’entreprise devra se matérialiser concrètement dans les prochains mois - au risque de fortement décevoir.

La trajectoire de l’épidémie Outre-Atlantique et les délais nécessaires à une normalisation des activités humaines et économiques ne plaident toutefois pas pour ce scénario-là.

Lundi la Banque des Règlements Internationaux (BRI) a indiqué que nous passons désormais de la phase de liquidité à la phase de solvabilité, avec le risque de voir le nombre de faillites s’accroître. La BRI qui considère également qu’un certain écart persiste entre la valorisation des actifs risqués et les perspectives économiques.

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