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Alexandre Baradez : Le coronavirus pourrait mettre à l'épreuve l'accord commercial fraîchement signé

vendredi 31 janvier 2020 à 14h42
Alexandre Baradez

Alexandre Baradez Responsable des analyses marchés pour le groupe IG

Diplômé de l'ESCE en 2003, il a d'abord évolué plusieurs années chez BNP Paribas, puis au sein de la Banque Robeco. En 2009, Alexandre Baradez entre chez Saxo Banque en tant que "sales trader". Son expérience des marchés financiers et plus particulièrement des devises l'amène rapidement à …

(BFM Bourse) - Après des années de tensions et plusieurs phases de hausse réciproque des taxes douanières, les deux premières puissances économiques du monde sont non sans difficultés parvenues à conclure en janvier un accord commercial. Mais au même moment l’épidémie de coronavirus a fait son apparition en Chine et plusieurs déclarations récentes d’officiels traduisent déjà des tensions…

Tout d’abord, il convient de surveiller le yuan. Les marchés chinois étant fermés en raison du Nouvel an, il n’y a pas de cotation officielle du yuan domestique (CNY)... mais il y a bien entendu une cotation du yuan offshore (CNH). Et ce dernier est tombé cette semaine à son plus bas niveau depuis le 24 décembre face au dollar, effaçant ainsi plus de 40% de toute sa hausse de septembre à mi-janvier, c’est-à-dire de toute la phase de "détente" des relations qui avait permis aux marchés d’accélérer à la hausse et au yuan de s’apprécier.

On sait que l’accord commercial comporte un volet "devises" et donc une baisse trop forte du yuan en peu de temps peut provoquer une réaction défensive des Etats-Unis même s'il semble (normalement) évident que la situation sanitaire sera prise en compte par les américains dans leur appréciation. Mais la question est : jusqu'à quel point ? Si on prend en compte la hausse du yuan à partir du moment où le Trésor américain a officiellement qualifié la Chine de "manipulatrice de devise" le 5 août 2019 (avant de retirer ce qualificatif quelques jours avant la signature de l’accord en janvier) et le point haut de janvier, la devise chinoise offshore a actuellement effacé près de 60% de ce rallye

Plusieurs déclarations d’officiels de l’administration Trump ces derniers jours, en pleine d’expansion de l’épidémie de coronavirus, montrent que les tensions demeurent vives entre les deux pays. Peter Navarro, qualifié de faucon en raisons de ses positions peu conciliantes, a indiqué que les taxes commerciales ne seraient pas atténuées malgré la phase de stress économique actuelle pour la Chine. Le Secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross, a de son côté déclaré que l’épidémie de coronavirus pourrait permettre de rapatrier plus d’emplois aux Etats-Unis du fait d'une réorganisation des chaînes d'approvisionnement des entreprises américaines.

Mais la déclaration la plus frontale est celle de Mike Pompeo. "La Chine représente la menace principale de notre époque", a indiqué le secrétaire d'Etat américain. "L’agenda du parti communiste n’est pas conforme à nos valeurs", selon lui.

Difficile d’imaginer les Etats-Unis renverser à nouveau la table quelques semaines seulement après la signature de l’accord commercial. Mais la phase de stress pour l'économie chinoise frappée de plein fouet par l'épidémie, avec ses conséquences sur la devise du pays et probablement sur ses engagements à accroître ses achats de produits américains, est un test grandeur nature...

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