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Alexandre Baradez : Est-ce le moment de redécouvrir l'indice américain Russell 2000 ?

mardi 3 août 2021 à 16h31
Alexandre Baradez

Alexandre Baradez Responsable des analyses marchés pour le groupe IG

Diplômé de l'ESCE en 2003, il a d'abord évolué plusieurs années chez BNP Paribas, puis au sein de la Banque Robeco. En 2009, Alexandre Baradez entre chez Saxo Banque en tant que "sales trader". Son expérience des marchés financiers et plus particulièrement des devises l'amène rapidement à …

(BFM Bourse) - Beaucoup moins médiatique que le Nasdaq, le S&P 500 ou encore le Dow Jones, le Russell 2000, qui représente les PME et ETI américaines, n'est pourtant pas dénué d’intérêt.

La capitalisation totale du Russell 2000 est largement inférieure à celle de ses "grands frères" américains : il pèse moins de 3000 milliards de dollars, contre plus de 17.000 milliards pour le Nasdaq100 ou encore 37.000 milliards de dollars pour le S&P 500. On le décrit souvent comme plus représentatif de l’économie américaine car plus diversifié et moins dépendant des très grosses capitalisations technologiques qui trustent les premières pondérations du S&P 500 ou a fortiori des indices Nasdaq.

Créé dans les années 1980, le Russell 2000 détonne des autres indices américains depuis quelques mois : il consolide depuis février dans un large canal (un range) alors que les autres indices cités précédemment ont poursuivi leur trajectoire haussière. Seul le Dow Jones -mais depuis le mois de mai seulement- adopte un posture un peu plus consolidante, alors que le S&P 500 et le Nasdaq1 00 continuent d'enregistrer records sur records, tirés par les valeurs technologiques qui ont, une nouvelle fois, bénéficié de la baisse des taux longs américains (et donc du fameux effet TINA - there is no alternative) et d’un contexte sanitaire un peu dégradé avec le variant Delta. Ce qui a aussi pu inciter les investisseurs à jouer une nouvelle fois les techs comme valeurs "refuges", même si cet effet est tout de même moins spectaculaire qu’en 2020 au plus fort de la crise.

(évolution du Russell 2000 sur les trois dernières années)

Il y a deux façon d’aborder cette consolidation en place depuis février sur le Russell 2000 : le verre à moitié vide qui consiste à dire que l’indice sous-performe par rapport aux autres et qu’il faut donc s’en tenir à l’écart... ou le verre à moitié plein qui consiste à voir le potentiel haussier une fois que cette consolidation touchera à sa fin.

Et c’est plutôt le deuxième aspect que j’aurais tendance à privilégier : étant donné que le Russell 2000 a vraiment entamé une phase de consolidation, ses multiples de valorisation se sont quelque peu détendus. Comme tous les autres indices américains, il a bénéficié d'une hausse spectaculaire depuis mars 2020 mais contrairement aux autres, sa trajectoire s’est détendue pour laisser place à une phase de "distribution" qui permet d’attendre confortablement un nouveau signal de hausse lors du retour sur le haut du range. Ce qui évite de subir un effet FOMO comme sur le Nasdaq100 par exemple, qui n’offre aucune phase de respiration vraiment confortable, laissant planer le risque d’une correction subite en cas de mouvement sur les taux, d’une guidance moins favorable d’un géant de la tech ou d’une communication plus musclée que prévue de la Fed sur sa politique monétaire.

Non pas que le Russell 2000 soit totalement immunisé contre ce genre d’évènement, mais le fait d’avoir déjà entamé une phase de consolidation peut le rendre moins sensible à des comportements épidermiques, algorithmiques.

En termes de stratégie, un retour sur le haut du range semble compatible avec un signal de reprise haussière dont l’objectif premier serait égal à la hauteur du range, soit un objectif à un peu plus de 2600 points. L’indice évolue actuellement au milieu de ce range ce qui est plutôt neutre. En cas de nervosité un peu plus affirmée à l’approche de Jackson Hole avec le débat du tapering en toile de fond, on ne peut pas écarter un retour sur le bas du range à ce stade voire une incursion temporaire en-dessous en cas de volatilité importante sur les actifs US. Mais toute nouvelle incursion dans ces zones basses devrait plutôt apparaître comme une opportunité de se repositionner à la hausse plutôt qu’un déclenchement de signal de baisse.

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