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Total : Total va chercher une dérogation pour le projet South Pars

Iran: Total va chercher une dérogation pour le projet South ParsIran: Total va chercher une dérogation pour le projet South Pars

PARIS (Reuters) - Total a confirmé mercredi qu'il ne pourrait poursuivre son projet de développement du plus grand gisement de gaz naturel au monde, en Iran, qu'à la condition d'obtenir une dérogation le protégeant contre toute sanction "secondaire" de la part des Etats-Unis.

Le groupe pétrolier français a signé en juillet 2017 un accord avec l'Iran en vue de développer la phase 11 de South Pars (SP11), avec un investissement initial d'environ un milliard de dollars, devenant alors la première des majors pétrolières à signer un contrat en Iran depuis l'accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015.

L'annonce du retrait des Etats-Unis de cet accord et le rétablissement de leurs sanctions contre l'Iran, le 8 mai, compromet toutefois sérieusement cet accord.

Total "ne pourra pas continuer le projet SP11 et devra mettre fin à toutes les opérations qui y sont liées avant le 4 novembre 2018, à moins qu'une dérogation propre au projet ne soit accordée par les autorités américaines, avec le soutien des autorités françaises et européennes", a souligné le groupe dans un communiqué publié mercredi.

Le ministre iranien du Pétrole a pour sa part déclaré que Total n'aurait pas à payer d'amende en cas de retrait de ce projet. "Ils n'ont pas dit qu'ils allaient se retirer. Ils ont voulu dire que Total pourrait ne pas être en mesure de poursuivre ses activités en Iran", a dit Bijan Zanganeh, cité par l'agence Mehr.

Total a précisé que la dérogation sur laquelle il comptait "devra comprendre une protection de la société contre toute sanction secondaire applicable en vertu du droit américain". La compagnie française rappelle que ces sanctions pourraient inclure "la perte des financements en dollars par des banques américaines – qui sont impliquées dans plus de 90% des opérations de financement de Total - pour ses opérations globales".

Le groupe a également souligné qu'il risquait, en cas de sanctions secondaires de la part des Etats-Unis, de perdre ses actionnaires américains - qui représentent plus de 30% de son actionnariat - ou de ne pas pouvoir poursuivre ses activités américaines, qui représentent plus de 10 milliards de dollars de ses capitaux employés.

Dans ces conditions, Total "ne prendra pas de nouvel engagement lié au projet SP11 et, conformément à ses engagements contractuels vis-à-vis des autorités iraniennes, se rapproche des autorités françaises et américaines pour examiner la possibilité d'obtenir une dérogation propre au projet".

Le groupe a cependant souligné que ses dépenses engagées à ce jour au titre du projet SP11 ne dépassaient pas 40 millions d'euros et qu'un retrait du projet n'aurait pas d'impact sur son objectif de croissance de production de 5% en moyenne par an entre 2016 et 2022.

(Benjamin Mallet, avec Bozorgmehr Sharafedin à Londres, édité par Bertrand Boucey)

Copyright © 2018 Thomson Reuters


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