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Peugeot : Le rapport sartorius critique la stratégie de psa

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par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën ne pouvait pas faire l'économie de son plan de restructuration, estime l'expert mandaté par le gouvernement, qui se montre critique sur la stratégie du constructeur automobile et notamment la décision de fermer l'usine d'Aulnay.

Mis en difficulté par la crise et des surcapacités manifestes en Europe, son premier marché, PSA a annoncé le 12 juillet la suppression de 8.000 postes en France, la fermeture en 2014 de son site d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et une réduction de l'activité sur son site de Rennes.

Dans son rapport présenté mardi, l'expert Emmanuel Sartorius souligne que PSA se trouve aujourd'hui "dans une situation difficile" compte tenu de son profil de constructeur généraliste.

Il ne va pas jusqu'à demander à la direction du groupe de revenir sur sa décision de fermer Aulnay. Il estime néanmoins que PSA a effectué un "choix douloureux pour la France" et que d'autres solutions étaient possibles.

"La perspective de l'arrêt des activités de production automobile sur le site d'Aulnay amène à se poser la question de savoir si tout a bien été envisagé pour l'éviter et si des mesures de chômage partiel ne sont pas envisageables, dans l'attente d'une embellie", écrit-il dans son rapport, que le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a présenté dans la matinée aux syndicats de PSA et aux élus concernés par les projets du groupe.

Selon Emmanuel Sartorius, PSA aurait pu fermer une usine de plus petite taille à Madrid en vue de préserver l'emploi sur le territoire français.

"(La direction de PSA) évacue rapidement la possibilité d'arrêter son usine de Madrid qui souffre pourtant de nombreux défauts", explique-t-il.

"On peut regretter qu'avant d'engager ces investissements à Madrid, PSA n'ait pas mené, sur l'avenir de ses sites industriels, une réflexion d'ensemble qui laisserait aujourd'hui davantage d'options pour faire face à sa situation actuelle de surcapacité."

DES DÉCISIONS "INOPPORTUNES"

L'expert reconnaît que la nécessité de réorganiser l'entreprise "n'est malheureusement pas contestable".

PSA perd actuellement 200 millions d'euros en cash par mois. Conséquence d'une chute de ses ventes en Europe deux fois plus rapide que celle du marché au premier semestre, le groupe a accusé sur la période une perte nette de 819 millions d'euros.

La stratégie de PSA ces dernières années est également mise en cause. L'expert déplore notamment que le constructeur ne se soit pas suffisamment positionné à l'international.

"Pour s'en tenir aux deux grands concurrents européens de PSA, Volkswagen et Renault, le premier a racheté SEAT dès 1986 et ?koda en 1991, prenant ainsi pied de façon décisive en Europe de l'Est dès l'ouverture de celle-ci sur le monde occidental", explique Emmanuel Sartorius.

"Renault, de son côté, a investi dans le Coréen Samsung dès 1995. Il a racheté la société roumaine Dacia en 1999 et a investi lourdement en Roumanie pour développer le concept de voiture à bas coût."

Il critique la décision de PSA d'avoir de son côté opté pour la distribution de dividendes et de rachats d'actions entre 1999 et 2011 au détriment de l'investissement.

"Avec le recul, la mise en oeuvre de la décision de l'assemblée générale d'avril 2011 de consacrer près de 450 millions d'euros à la distribution de dividendes et au rachat d'actions paraît inopportune à plusieurs titres", écrit-il, évoquant un manque d'anticipation du retournement du marché.

Le plan engagé par PSA ne peut pas viser uniquement à réduire les pertes en taillant dans les dépenses, estime l'expert, qui attend aussi des engagements pour écarter "la perspective d'un autre plan dans un avenir plus ou moins proche".

Interrogé sur la présentation de ce rapport, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré sur BFM-TV que les salariés du constructeur ne devaient pas constituer "des variables d'ajustement".

"Nous n'en sommes qu'au début mais le gouvernement suit (ce dossier) évidemment avec beaucoup d'attention, de détermination, parce qu'il s'agit de l'avenir de centaines et de milliers de salariés. Il s'agit aussi de l'avenir d'un groupe industriel dont la France a besoin", a-t-il ajouté.

A la Bourse de Paris, à 13h15, l'action PSA reculait de 2,15% à 6,323 euros, sous-performant les autres valeurs européennes de l'automobile (-0,6%). Depuis le début d'année, elle s'inscrit en baisse de 40%.

Avec la contribution de Matthias Blamont, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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