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Peugeot : Pourquoi la révision du contrat de mariage entre Fiat et Chrysler plombe Faurecia

mardi 15 septembre 2020 à 10h53
PSA recule à la Bourse de Paris après la révision des termes du mariage

(BFM Bourse) - Près d'un an après avoir déclaré leur flamme, les constructeurs français et italien ont révisé les termes de leur prochain mariage pour prendre en compte les conséquences de la pandémie et ne pas modifier "l'équilibre original" de ce mariage. Les deux en profitent en Bourse, au contraire de Faurecia.

Pour que leur union reste un mariage entre égaux, les constructeurs automobile français PSA et italo-américain Fiat Chrysler (FCA) ont un amendé les termes de leur contrat de mariage afin de prendre en compte l'impact de la pandémie sur leurs résultats et capitalisations respectifs.

FCA a notamment accepté d'abaisser le dividende exceptionnel qu'il voulait distribuer à ses actionnaires avant la signature finale du rapprochement à 2,9 milliards d'euros, contre 5,5 milliards d'euros auparavant.

En contrepartie, le groupe PSA prévoit de distribuer sa participation de 46% au capital de l'équipementier français Faurecia à l'ensemble des actionnaires de la nouvelle entité, baptisée Stellantis, une fois la fusion effective, et non à ses seuls actionnaires préalablement à l'opération comme le prévoyait l'accord initial. Ces changements "préservent l'équilibre original de l'accord de rapprochement", soulignent lundi les deux entreprises dans un communiqué commun.

Annoncée fin 2019, la fusion doit donner naissance au quatrième groupe automobile mondial en volume et au troisième en chiffre d'affaires, abritant sous le même toit des marques emblématiques comme Peugeot, Citroën, Opel, Jeep, Alfa Romeo et Maserati. Sauf que depuis, une pandémie est passée par là, avec de lourdes répercussion sur les finances de l'industrie automobile. Des doutes avaient d'ailleurs été émis ces derniers mois sur l'équilibre du montage financier.

PSA et Fiat avaient déjà annoncé en mai qu'ils renonçaient au versement d'un dividende ordinaire de 1,1 milliard d'euros chacun prévu dans le cadre de leur mariage, en raison de la crise sanitaire. Mais le montant du dividende exceptionnel de 5,5 milliards d'euros que FCA devait distribuer à ses actionnaires ainsi que la distribution des parts de Faurecia faisaient encore tiquer car la capitalisation boursière de Faurecia a fondu depuis l'annonce des fiançailles en décembre. Cela jouait mécaniquement en défaveur des actionnaires du constructeur français.

Plus d'économies

Avec les modifications annoncées lundi, "les actionnaires respectifs de FCA et du Groupe PSA recevront l'équivalent de 23% du capital de Faurecia (...), tandis que leur participation à 50/50 dans Stellantis - un groupe qui disposera désormais de 2,6 milliards d'euros de liquidités supplémentaires à son bilan - restera inchangée", détaille le communiqué.

"En complément, il a aussi été convenu que les conseils des groupes PSA et de FCA pourront considérer une distribution de 500 millions d'euros aux actionnaires de chaque entreprise avant la signature finale ou, alternativement, une distribution de 1 milliard d'euros à tous les actionnaires de Stellantis après la signature finale", ajoute le document. Ces éventuels cadeaux aux actionnaires dépendront des performances respectives des constructeurs ainsi que des conditions de marché.

Ces changements ont été approuvés "à l'unanimité" par les conseils d'administration des deux entreprises "avec le fort soutien de leurs actionnaires de référence". Ils se disent "plus que jamais convaincus du bien-fondé de cette fusion et du potentiel de création de valeur". Les groupes estiment désormais que leur rapprochement devrait permettre d'économiser 5 milliards d'euros par an, contre "près de 3,7 milliards" initialement.

"Les perspectives de synergies et de création de valeur à long terme révisées à la hausse de Stellantis permettent aujourd'hui aux actionnaires de références de modifier certains termes financiers pour renforcer encore le bilan de Stellantis à son démarrage, tout ceci dans un contexte Covid", a souligné un porte-parole de PSA auprès de l'AFP. "Cela permettra à Stellantis de démarrer avec un bilan encore plus renforcé", a-t-il ajouté.

Les deux groupes prévoient toujours de sceller leur union d'ici "la fin du premier trimestre 2021".

Oddo confirme son opinion à l'achat

L'analyste spécialiste du secteur chez Oddo BHF juge que "les deux acteurs ressortent gagnants alors que le projet de fusion gagne encore en crédibilité et qu'il ne reste désormais plus que l'antitrust européen qui pourrait faire barrage, ce qui n'est en aucun cas notre scénario". Il relève également que "les deux constructeurs ont également annoncé une révision en hausse de l'estimation des synergies annuelles mais aussi des coûts de mise en oeuvre, désormais estimés à 4 milliards d'euros contre 2,8 milliards d'euros précédemment, ce qui pourrait peut-être suggérer un plan de réduction d'effectifs (volontaire) plus significatif en réponse à l'environnement volumes moins favorable". Le broker confirme son opinion à l'achat sur les deux dossiers, avec un objectif relevé de 10 à 12 euros sur le titre FCA et maintenu à 20 euros sur celui du constructeur tricolore.

En bourse, les opérateurs ont mis un certain temps avant se former une conviction quant aux retombées de l'amendement du projet. Dans le vert depuis l'ouverture de la Bourse de Milan, Fiat Chrysler Automobile n'a cessé d'accélérer, bondissant de 11,79% à 11,16 euros vers 14h30. l'action Le titre Peugeot a ouvert en hausse avant de se retourner et perdre plus de 2% en matinée, mais regagnait 5,28% à 17,04 euros, alors que Faurecia ferme la marche sur le SBF 120 avec un plongeon de 8,2% à 39,03 euros. Un signe que la révision des termes du contrat serait plutôt à l'avantage du constructeur transalpin? Rappelons que, comme le soulignait Philippe Houchois, analyste spécialiste de la valeur chez Jefferies, en octobre 2019, cette "fusion entre égaux" n'en avait que le nom, PSA payant dans les faits une "prime de contrôle" implicite de 32% à FCA.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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