Bourse > Pétrole > Pétrole : Vers le maintien du baril vers 100 dollars en 2012
PétrolePétrole WBS - MP0000000WBSWBS - MP0000000WBS
49.19 -0.24 %
49.16Ouverture : 49.75+ Haut : 48.79+ Bas :
+0.06 %Perf Ouverture : 55.22Clôture veille : 62 080Volume :

Pétrole : Vers le maintien du baril vers 100 dollars en 2012

tradingsat

(CercleFinance.com) - Guère de hausse, mais pas de baisse non plus : c'est de l'opinion de nombre de spécialistes ce qui attend les prix du baril de pétrole en 2012. Vers 108 dollars pour le Brent européen et 100 dollars pour le WTI américain, les deux principaux barils de référence sont bien partis pour terminer 2011 sur des hausses respectives de 16% et 11% environ. Contraints à la hausse par la conjoncture et à la baisse par les risques géopolitiques, ils pourraient bien rester proches de ces niveaux l'année prochaine.

Le 13 décembre dernier, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) a de nouveau revu en légère baisse ses prévisions de demande d'or noir en raison du ralentissement de l'économie mondiale. Toutefois, la demande globale de brut de 2012, attendue à 90,3 millions de barils/jour, était toujours supérieure à la prévision pour 2011 (89 millions de barils/jour, b/j). L'organisme international basé à Paris avait, à cette occasion, fourni des prévisions plus long terme, avec une demande de 95 millions de barils/jour pour 2016.

Ralentissement ou pas, la demande devrait donc continuer de se tendre grâce à la croissance dont les pays émergents devraient continuer de faire preuve à long terme.

Récemment, les analystes de Crédit Suisse se sont penchés sur les perspectives du baril. Ils partagent en grande partie l'idée selon laquelle la hausse de la consommation pétrolière des émergents soutiendra structurellement le brut, au-delà du faible dynamisme des grands pays industrialisés.

En outre, “l'offre des pays de l'OPEP comme des producteurs qui ne font pas partie du cartel devrait continuer de décevoir”, prévoient les analystes. Selon Crédit Suisse, le prix du baril à partir duquel le budget de l'Etat d'Arabie saoudite atteint l'équilibre a augmenté et se situe maintenant entre 85 et 90 dollars. Il s'agit d'un facteur déterminant pour la “paix sociale” et la stabilité politique du 1er producteur de brut au monde, avec 10 millions de b/j ou 12% du total global en 2010, selon le dernier BP Statistical Yearbook. Ce prix d'équilibre politique devrait en outre continuer de monter et se comporter comme un “prix plancher”.

Au final, Crédit Suisse table sur un prix moyen du baril de Brent de 105 dollars en 2012 (110 dollars au 3ème et 4ème trimestres), puis 115 dollars en 2013 et 120 dollars en 2014. Moins probable, un scénario alternatif est prévu : en cas de crise grave résultant d'un “credit cruch”, le baril reviendrait sous les 80 dollars.

Libye, Irak, Iran : les facteurs d'instabilité et de tensions géopolitiques ne manquent pas au Moyen-Orient, région qui concentrait en 2010 environ 25,2 millions de b/j de production de brut, soit 30,3% du total mondial. Sans oublier le cas de la Russie (10,2 millions de b/j, 12,9% de l'ensemble), elle aussi secouée par une récente contestation du pouvoir en place, relève la société de gestion parisienne Prim'Finance.

'Les experts en géostratégie n'excluent d'ailleurs plus un conflit avec l'Iran', écrivent ces spécialistes. 'La marge de manoeuvre est donc limitée et les prix devraient rester tendus en 2012. D'autant que nombre de pays producteurs ont besoin de conserver des prix élevés pour maintenir un équilibre financier indispensable à une paix sociale, sans laquelle les investissements nécessaires pour répondre à la demande mondiale ne pourront être effectués, préparant les crises pétrolières de demain', confirment-ils.

En charge des matières premières chez Bank of America-Merrill Lynch, Francisco Blanch souligne lui aussi cette combinaison de fondamentaux économiques globalement favorables et de tensions géopolitiques. Ces facteurs devraient prévenir toute baisse sensible du cours du brut par rapport à ses niveaux actuels.

“Cela dit”, ajoute-t-il aussitôt, “le potentiel de hausse du cours du brut pour 2012 nous semble limité”. En l'absence d'un choc macroéconomique global, BofA-Merrill Lynch table donc l'an prochain sur un cours du Brent d'au plus 108 dollars, le WTI ne devant pas dépasser les 101 dollars.

Une autre banque d'affaires parisienne abonde en ce sens : en dépit d'une demande peu dynamique, les stocks pétroliers des pays de l'OCDE se situent à un plancher de cinq ans, comme l'indique l'AIE. La demande de brut de la Chine a atteint un record de 9,2 millions de barils/jour en novembre. C'est d'ailleurs des émergents situés à l'Est du canal de Suez que provient la croissance de la demande.

S'ajoute à cela, depuis novembre, la montée en puissance du risque géopolitique que représentent les menées de l'Iran. Selon le BP Statistical Yearbook, ce pays produisait en 2010 quelque 4,2 millions de b/j, soit 5,2% du total mondial. Selon Société Générale, la république islamique chiite en exporte 2,4 millions de b/j, dont 1,5 million de b/j vers l'Asie (Chine, Japon, Inde principalement) et 0,8 million de b/j vers l'Europe.

Téhéran poursuit un programme nucléaire dont l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) doute de moins en moins de la nature militaire. Les grands pays occidentaux, Etats-Unis et Europe en tête, ont encore fait monter la pression contre le régime des mollahs. Les sanctions contre le pays, qui n'ont jamais été levées, se durcissent au point de toucher maintenant ses exportations de brut. Le pays a réagi vivement et organise actuellement des manoeuvres de sa marine de guerre autour du détroit d'Ormuz, par lequel des pétroliers font transiter quelque 15 à 16 millions de b/j. Certains officiels iraniens ont évoqué à mots à peine couverts la fermeture de ce détroit, critique pour l'approvisionnement mondial en brut.

Dans ce cas, un spécialiste prévoit sans hésiter un bond du baril entre 150 et 200 dollars. Il devrait s'agir d'un “pic” de courte durée, la présence militaire américaine dans la région étant massive. Mais son effet sur l'économie mondiale serait cependant dommageable.

Les experts de Société Générale Private Banking n'attendent pas non plus de baisse du brut, au contraire : “la répétition du scénario de 2008 (avec chute brutale des cours, NDLR) avec un effondrement des prix du pétrole nous semble très improbable, car il impliquerait une forte contraction de l'’activité”. Ces experts estiment que le cartel pétrolier OPEP pourrait être tenté “de réduire sa production afin de maintenir des prix aux environs de 90/100 dollars le baril”.

Bref, l'année prochaine selon la branche de gestion de fortune de la banque rouge et noire, le prix du brut devrait se maintenir entre 100 et 120 dollars. Seule exception envisagée : un cas de “choc récessif affectant l’économie mondiale qui précipiterait le prix de l’or noir à des niveaux sensiblement inférieurs.”

Qui des perspectives au-delà de 2012 ? L'AIE en donnait un avant-goût dans une publication datant de de novembre dernier. L'organisme international avait alors mis en garde contre l'insuffisance des investissements de capacité avec une certaine vigueur. Dans un exercice de prédiction à très long terme, l'AIE tablait alors sur une hausse de la demande mondiale d'énergie primaire d'un tiers entre 2010 et 2035. Sur cette période, la demande d'or noir augmenterait de 15%, tirée par les transports. Ce qui supposerait des investissements capacitaires dans le pétrole et le gaz de près de 20.000 milliards (20 trillions) de dollars pendant l'intervalle !

Gare : l'AIE estimait si les investissements dans l'“amont” du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord s'avéraient inférieurs d'un simple tiers à ses prévisions sur la période 2011/2015, la production pétrolière de la région baisserait alors de 6 millions de barils/jour d'ici 2020. Il s'ensuivrait alors une envolée jusqu'à 150 dollars le baril, le temps de “développer” de nouveaux gisements.

Copyright (c) 2011 CercleFinance.com. Tous droits réservés.

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...