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Orpea : 'la visibilité du secteur est exceptionnelle'

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(CercleFinance.com) - La publication du chiffre d'affaires semestriel d'Orpea a été bien accueillie par le marché il y a deux semaines. Le Docteur Jean-Claude Marian, président et fondateur du spécialiste de la prise en charge de la dépendance, revient avec Cercle Finance sur les performances des six premiers mois de l'année.

Cercle Finance: Orpea a annoncé une hausse de plus de 15% de son chiffre d'affaires au premier semestre, dont 8,6% de croissance organique. Comment expliquer une telle dynamique dans le contexte économique actuel?

Jean-Claude Marian: Nous avons bénéficié de la conjonction de plusieurs facteurs favorables. D'abord, le groupe a ouvert un total de 12 nouveaux établissements depuis le début de l'année, représentant environ 1000 lits. Ensuite, nous avons pu profiter de la montée en puissance des établissements ouverts ces dernières années, dont l'attractivité reste toujours forte. A cet effet volume s'ajoute un effet prix, et plus particulièrement une revalorisation de 2,5%, en date du 1er janvier dernier, du prix d'hébergement des établissements accueillant les personnes âgées. Plus généralement, nous évoluons sur un secteur à la visibilité exceptionnelle, due au fait que nous répondons à un besoin qui ne peut être décalé dans le temps. Bien entendu, s'agit avant tout de fournir un service de bonne qualité.

CF: Même en Espagne, où la crise fait rage, votre chiffre d'affaires a bondi de 63% sur les six premiers mois de l'année.

JCM: Comme je l'expliquais, notre activité répond à un besoin spécifique impossible à reporter. En Espagne, nous ne connaissons aucune baisse de nos taux d'occupation car nos résidents, souvent atteints de maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer, sont extrêmement dépendants et n'ont d'autres choix que de s'installer dans nos centres, qui répondent aux besoins d'une prise en charge de la dépendance. Nous réalisons aujourd'hui entre 12% et 13% de notre chiffre d'affaires à l'international et cette proportion est appelée à progressivement s'accroître. En Italie, où nous comptons actuellement autour de 1200 lits, nous avons l'intention d'atteindre à terme une taille critique de 3000 lits, essentiellement par le biais de de nouvelles autorisations.

CF: La tendance au vieillissement de la population n'est-elle pas compensée par les efforts entrepris par les gouvernements européens afin d'alléger le fardeau des retraites?

JCM: Si l'on considère l'évolution de la population au cours des 20 à 25 prochaines années, on est à même de constater deux tendances différentes. D'abord, la diminution progressive du niveau de retraite des personnes arrivant à 60-65 ans et d'autre part l'augmentation régulière des revenus et du patrimoine des personnes atteignant 85 ans (l'âge moyen de nos résidents étant de 86 ans). De plus, une majorité de nos résidents sont des femmes, parties à la retraite il y a 20-25 ans, avec une faible retraite, provenant souvent de pensions de réversion. Pour ce qui concerne le secteur particulier de la dépendance, il est clair que les revenus mensuels comme la valeur du patrimoine vont régulièrement augmenter dans les prochaines décennies.

CF: Depuis la création d'Orpea en 1989, avez-vous noté une évolution de la prise en charge de la dépendance?

JCM: Dans les années 90, la durée moyenne d'un séjour était de trois ans. Compte tenu du fort développement de l'aide au maintien à domicile, les résidents arrivent désormais à un âge plus tardif dans nos établissements, plus dépendants, et pour une durée moyenne de séjour de 18 à 20 mois. Grâce aux progrès de la médecine, le nombre global de personnes très âgées ne cesse d'augmenter. On comptait environ 1,2 million de seniors de plus de 85 ans en 2008 et ils seront plus de deux millions en 2015.

CF: Craignez-vous les effets d'une possible évolution de la réglementation?

JCM: Le gouvernement a promis la mise en place d'un projet de loi relative à la prise en charge de la perte d'autonomie des personnes âgées durant le quinquennat. Il semble que l'on se dirige essentiellement vers une augmentation de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), une solution qui aurait pour effet de prolonger le maintien à domicile des personnes âgées. Encore une fois, cela ne fait que décaler l'arrivée des personnes très dépendantes au sein de nos centres. Nous pourrons facilement nous y adapter.

CF: Les investisseurs ont tendance à considérer Orpea comme une valeur défensive. Ce statut vous satisfait-il?

JCM: Pour 2012, nous visons une croissance de 15% à partir d'un chiffre d'affaires 2011 de l'ordre de 1,2 milliard d'euros. Je pense que c'est parfaitement digne d'une valeur de croissance. Dorénavant, nous sommes entrés dans une phase de cercle vertueux qui se caractérisera certes par une modération de notre croissance, mais aussi par une amélioration de notre cash-flow dû à la forte croissance du nombre d'établissements arrivés à maturité. Parallèlement, le versement de dividendes, après 20 ans sans redistribution aux actionnaires, nous apparente un peu plus à une valeur 'de rendement'. Il est d'ailleurs intéressant de constater que certains fonds dits 'value' commencent à s'intéresser à nous, probablement en raison de la valeur de notre parc immobilier (1,8 milliard d'euros).

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