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Ol groupe : Les clubs de football pas épargnés par le krach boursier

lundi 6 avril 2020 à 17h47
Les clubs de foot cotés pas épargnés par le krach boursier

(BFM Bourse) - Comme de larges pans de l'économie mondiale, l'industrie du football est paralysée par la crise sanitaire qui secoue le monde, et plus particulièrement le continent européen. Selon un rapport de KPMG, la simple annulation des championnats du Big Five (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne et France) pourrait coûter plus de 4 milliards d’euros. Les clubs cotés dévissent.

Le ballon ne tourne plus rond et avec lui, le monde du football tremble. Alors que toutes les compétitions sportives sont arrêtées partout dans le monde ou presque (le championnat biélorusse a commencé alors que la pandémie relève de la "psychose" pour le président Alexandre Loukachenko) depuis plusieurs semaines, les présidents de clubs et les ligues nationales commencent à sortir de leur réserve pour évoquer les terribles répercussions économiques à prévoir.

Selon KPMG, une annulation pure et simple des cinq grands championnats (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne et France) coûterait plus de 4 milliards d'euros. Un montant faramineux qui correspond seulement aux pertes sèches liées à la billetterie, aux remboursements des droits TV des diffuseurs et aux renégociations des contrats commerciaux.

Reprendre ou périr

Au sortir d'une réunion exceptionnelle de son conseil d'administration le lundi 23 mars, la Ligue de Football Professionnelle (LFP) française a annoncé sa ferme intention de terminer "coûte que coûte" la saison 2019-2020, officiellement suspendue le 13 mars dernier. Même son de cloche à l'étranger, où tous les clubs anglais, espagnols, allemands et italiens souhaitent aller au terme de leur championnat. Pour une raison simple, c'est qu'il en va de leur survie économique.

En France, la Ligue a d'ores et déjà proposé la date du 30 juin pour la dernière journée (qui aurait dû se tenir le 23 mai) et se dit prête à la repousser jusqu’au 15 juillet, dans le pire des cas. Avant la prise de position de l'institution qui gère les ligues de football professionnel en France, le président de l'Olympique Lyonnais (OL) Jean-Michel Aulas avait tout bonnement proposé d'abandonner les coupes nationales et européennes afin de libérer des dates pour le championnat.

Président du rival historique que sont les Verts de Saint-Étienne, Bernard Caïazzo chiffre le coût à 1 milliard d’euros pour la seule Ligue 1 française, contre 480 millions dans le rapport KPMG.

L'étude en question se base sur une annulation pure et simple des matchs restants qui ont été déprogrammés à cause de la pandémie. Le bureau d'études estime que les pertes liées aux droits TV se situeraient entre 150 et 200 millions d'euros, auxquelles il faut ajouter entre 100 et 140 millions pour les partenariats et encore 50 à 60 millions en ce qui concerne la billetterie et les prestations autour des matchs.

En cas de non reprise des autres championnats européens, les clubs anglais de Premier League seraient les plus lourdement touchés avec des pertes de l'ordre de 1,15 à 1,25 milliard d'euros, suivis des Espagnols de la Liga (entre 800 millions et un milliard d'euros), des Allemands de la Bundesliga (650 à 750 millions d'euros) et des Italiens de la Serie A (550 à 650 millions d'euros). Pour le seul FC Barcelone, les pertes atteindraient environ 4,5 millions d'euros par jour, le club catalan de Lionel Messi ayant enregistré près de 1,05 milliard d'euros de revenus en 2019.

Quid du marché des transferts?

Si l'étude de KPMG prend en compte les recettes de billetterie, les remboursements des droits TV et les renégociations des contrats commerciaux, celle-ci omet un élément fondamental de l'économie du football: le marché des transferts. "Depuis de nombreuses années, toute l’économie du foot est basée sur le trading, sur la vente et l’achat de joueurs. Comme une espèce de système bancaire indépendant, les clubs s’échangent des joueurs payés à crédit et échelonnent les paiements sur la durée de leurs contrats" explique l'économiste du sport Pierre Rondeau. D’après un rapport du Sénat, paru en 2004, il s’agit des amortissements d’indemnités de mutation, correspondant à la "la quote-part annuelle des indemnités de mutation étalées sur la durée du contrat des joueurs."

"Par exemple, poursuit-il, lorsque le Paris Saint-Germain a acheté Neymar pour 222 millions d’euros en 2017, avec un contrat de 5 ans, le club n’a pas inscrit une perte, dans ses passifs, de 222 millions sur une seule saison, il a divisé le coût en cinq (44,4 millions d’euros). Et chaque année, une nouvelle annuité est rajoutée aux charges."

"Ce système permet d’assurer la solvabilité des clubs, impératif voulu par la DNCG (la Direction nationale du contrôle de gestion, NDLR) depuis maintenant 1984. Les équipes achètent des joueurs mais n’inscrivent pas le coût total à leur bilan, il est échelonné. En échange, les équipes vendeuses récupèrent des sortes d’obligations qui leur permettent d’assurer leur dépenses futures grâce aux remboursements progressifs" détaille le spécialiste, qui décrit ce schéma comme un "formidable système bancaire interconnecté, autonome et indépendants".

En 2019, ces "amortissements d’indemnités de mutation" s'étaient chiffrés à 416,9 millions d’euros, selon les comptes officiels de la DNCG. "Ces montants étaient dus à d’autres clubs et garantissaient les investissements futurs, c’était autant d’argent qui restait dans la boucle. Seulement, en cas de crise économique dans le football, comment les clubs pourront-il assurer le paiement des traites sur leurs anciennes cessions de joueurs? Comment pourront-ils assurer le paiement de leur passif sans liquidité?" s'interroge Pierre Rondeau.

"Il faut bien comprendre que, dans la mesure où la logique de solvabilité est privilégiée en France, une équipe ne peut acheter que si elle a l’assurance de s’y retrouver à plus ou moins long terme. Or là, pas d’actif à l’instant T, pas de capitaux, donc pas d’investissement, pas de dépense. C’est toute la dynamique du football qui pourrait exploser avec cette situation" conclut-il.

Les clubs cotés dévissent, l'OL limite les pertes

Confrontés au possible effondrement de leur modèle économique et alors que l'incertitude demeure quant à la reprise des championnats nationaux, les clubs cotés en Bourse voient leur cours s'effondrer depuis fin février dernier. La chute est d'autant plus impressionnante que ces titres sont plutôt réputés pour leur stabilité, une partie non-négligeable de l'actionnariat des clubs n'étant autre que les fans.

Malgré cela, les grands clubs européens souffrent grandement de l'arrêt des compétitions. Sur huit clubs analysés (OL, Manchester United, Juventus Turin, Ajax Amsterdam, Benfica Lisbonne, Lazio Rome, Borussia Dortmund et Galatasaray), les pertes s'échelonnent de -25,7% pour l'Olympique Lyonnais à -51,5% pour la Lazio Rome, entre la clôture du 20 février et celle du vendredi 3 avril.

La Juventus Turin -club du quintuple ballon d'Or portugais Cristiano Ronaldo- abandonne 37,5% sur la période et voit sa valorisation chuter sous le seuil du milliard d'euros, à 970 millions d'euros. En lâchant un quart de sa valeur (-25,7%), l'Olympique Lyonnais n'est plus valorisé que 130 millions d'euros. Si Manchester United limite ses pertes à 27,7%, la capitalisation boursière du groupe coté sur le New York Stock Exchange a fondu de près de 900 millions de dollars en un mois et demi, pour s'établir à 2,44 milliards de dollars à la clôture de vendredi.

Parmi les autres grands noms du foot européen, l'Ajax Amsterdam cède 27,7%, le Benfica Lisbonne 36,6%, le Borussia Dortmund 38% et Galatasaray (l'un des clubs stambouliotes) lâche 48,7%.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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