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OL GROUPE

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Ol groupe : Est-ce toujours une mauvaise affaire d'investir en Bourse dans un club de football?

samedi 25 juin 2022 à 07h00
Quand bourse et football ne font pas bon ménage

(BFM Bourse) - Manchester United, Juventus Turin, Borussia Dortmund... Ces clubs qui font les gros titres dans les journaux spécialisés sont aussi présents sur les marchés financiers. Premier et seul club français coté en Bourse sur un marché réglementé, l'OL Groupe devrait tirer sa révérence de la cote parisienne d'ici la fin de l'année, avec le rachat du club des Gones par l'entrepreneur américain John Textor. Le couple Bourse et football est-il compatible?

Après 15 ans sur le terrain boursier, OL Groupe est sur le point de faire ses adieux à la Bourse de Paris. Le groupe détenant le club de football de l'Olympique Lyonnais va passer sous pavillon américain. L'homme d'affaires américain John Textor déjà propriétaire du club londonien de Crystal Palace, de Botofago au Brésil et de RWD Molenbeek en Belgique, ajoute un club tricolore à son palmarès.

Sa société holding Eagle Football fera l'acquisition des parts détenues dans l'OL Groupe de Pathé, partenaire historique du club depuis 1999, et du fonds d'investissement chinois IDG, entré dans le tour de table en 2016. En mars dernier, les deux principaux actionnaires de l'OL Groupe avaient manifesté leur souhait de se désengager du capital de la société qui détient entre autres le club des Gones. L'opération prévoit également une cession progressive de Holnes, la holding familiale de Jean-Michel Aulas qui détient près de 28% de OL Groupe. A terme, Eagle Football Holding détiendrait 66,56% du capital d'OL Groupe et même plus avec le rachat des OSRANE (obligations subordonnées remboursables en actions nouvelles ou existantes) émises pour financer le Groupama Stadium.

John Textor a trouvé l'occasion rêvée de se renforcer dans le paysage du football européen en apportant près de 90 millions d'euros d'argent frais à un club dont l'endettement dépasse trois fois les fonds propres. Selon RMC, John Textor se serait "montré très attiré par le ‘côté basket’ du projet de l'OL, avec la présence dans l’environnement lyonnais de Tony Parker et la salle qui devrait voir le jour en 2023.

Carton rouge boursier

Sauf gros coup de théâtre, l'OL Groupe devrait faire l'objet d'un retrait de cote d'ici la fin de l'année. Un prix de 3 euros par action serait envisagé. Bien loin des 24 euros retenus lors de l'introduction en Bourse du club en 2007 sur Euronext Paris, soit un an après la levée de l'interdiction par les clubs tricolores de faire appel public à l'épargne. Pourtant, cette nouvelle introduction avait eu les faveurs de nombreux analystes et fondaient beaucoup d'espoirs dans le projet OL. Louis Thannberger, le conseil de Jean-Michel Aulas pour l'introduction en Bourse du club avait alors déclaré: " Son produit OL Land fait que le groupe ne dépend plus uniquement des résultats sportifs. Aujourd'hui vendue à 24 euros l'action en vaudra 48 dans deux ans!'". Deux ans après son introduction en Bourse, l'OL Groupe ne valait plus que 8 euros, à des années-lumière des projections de l'homme d'affaires lyonnais.

Et 15 ans plus tard, l'action du club des Gones ne vaut plus que 2,89 euros, soit près de 88% de sa valeur évaporée... Et encore, le dossier s'est apprécié de 50% depuis le 1er janvier, une hausse alimentée par le processus de vente. Le titre OL Groupe a même touché les abysses boursières en octobre 2020 à 1,80 euro. Les performances sportives du club lyonnais n'ont en effet guère séduit ces dernières années. Et la saison qui vient de s'achever n'a pas été aussi brillante qu'escompté. Pire, le club des Gones pointe à la 8e place de la Ligue 1 soit son plus mauvais classement depuis 1997, qui le prive de Ligue Europa la saison prochaine. Et donc de revenus issus des droits télé et de la vente de billets pour cette compétition.

Pour la petite histoire, un autre club, plus modeste, le FC Istres, lui avait emboîté le pas en 2007 quelques mois plus tard, en s'introduisant sur le Marché Libre avant d'être rebaptisé Euronext Access avec un succès encore plus mitigé.

Une logique de compétition sur le terrain financier

Ces dernières années, l'ère de la professionnalisation et de la médiatisation a conduit les clubs de football à répondre à une logique de compétition sportive mais également de concurrence économique. Devant un besoin croissant en capitaux propres pour financer leurs activités, certains clubs de football ont tenté de s'aventurer sur les marchés financiers. En 1983, le club anglais de Tottenham Hostpurs a été le premier à s'introduire en Bourse dans le but de lever les fonds nécessaires à la rénovation de son stade.

Puis en 1991, Manchester United lui emboîta le pas en s'introduisant sur le London Stock Exchange qu'il quitta en 2005. Le club mancunien a profité de sa cotation en Bourse pour financer des investissements structurels dont la rénovation et agrandissement du stade. Manchester United ne se résume pas qu'à son équipe de football, les Red Devils sont aussi une image de marque, permettant de générer des ventes de produits dérivés. Cette stratégie de diversification de revenus a permis une nette amélioration de ses résultats commerciaux et financiers. D'autres équipes européennes ont suivi le mouvement à l'instar de Parken Sports qui détient le FC Copenhague en 1997, l'Ajax d'Amsterdam et la Lazio de Rome en 1998, le Borussia Dortmund en 2000 ou la Juventus de Turin en 2001.

Jusqu'en août 2020, l'indice Dow Jones Stoxx Europe Football était un excellent baromètre pour mesurer la bonne santé des clubs de football européens. Créé en 1992, l'indice représentatif du secteur du football sur les marchés financiers est composé de clubs européens. Il a changé de physionomie à diverses reprises à la suite de divers retraits de la cote et faillites de certains clubs. En 1997, l'indice était à son zénith, avec un pic historique à 537,63 points en plein âge d'or du football business. Au fil des années, l'indice vedette du ballon rond s'est dépossédé de bon nombre de ses locataires jusqu'à disparaître en août 2020 devant le faible intérêt des investisseurs pour la matière footballistique... La crise de 2008 a accentué de manière significative la fragilité financière des clubs.

L'effet "transferts" sur les performances boursières

Parmi la vingtaine de clubs de football européens cotés en Bourse, seuls 5 clubs majeurs ont choisi de maintenir leur présence en Bourse. On peut citer par exemple Manchester United coté à la Bourse de New York depuis 2012 qui affiche une baisse de 18% en 10 ans de cotation. Introduit à 14 dollars en août 2012, le club le plus titré d'Angleterre n'a pas eu un parcours tranquille (à l'image de ses autres pairs cotés en Bourse). En septembre 2018, le titre se négociait sur les 26 dollars avant de connaître une évolution erratique au gré des annonces de recrutements et des performances sportives, aux alentours des 16 dollars en moyenne. En août 2021, le cours de ManU a flambé de 8% en une séance à l'annonce du retour, en provenance de la Juventus Turin, de l'enfant prodigue et quintuple ballon d'Or Cristiano Ronaldo dans le club où il régalé les supporters des Red Devils entre 2003 et 2009. Point notable et assez rare pour le souligner, Manchester United verse un dividende à ses actionnaires depuis 2015.

L'effet Cristiano Ronaldo n'est pas exclusif au club Manchester United. La Juventus de Turin, cotée à la Bourse de Milan depuis 2001, a également profité de l'engouement pour le joueur natif de Funchal au Portugal. Le club de la "Vieille Dame" a accueilli l'ancien numéro 7 du Real de Madrid pour la bagatelle de 100 millions d'euros. Les rumeurs du transfert de "CR7" avaient affolé les compteurs boursiers en juillet 2018 avec une action qui avait flambé de plus de 150% sur l'été de la même année. Le plus gros transfert de l'histoire du club turinois s'est traduit par une saison 2018-2019 exceptionnelle. Engagé dans quatre compétitions dont la prestigieuse et lucrative Ligue des Champions, le club remporta la Supercoupe d'Italie pour la 8e fois de son histoire et a été sacré champion d'Italie pour la 8 ème fois consécutive et pour la 35 ème fois de son histoire.

Ces performances sportives transparaissent également sur le terrain boursier, l'action culminait à 1,50 euro, du jamais-vu depuis 2008. Depuis cet âge d'or boursier, le titre est revenu sous l'euro symbolique et végète autour de 0,30 euro, la quatrième place décrochée à l'issue de la saison 2021-2022 n'étant pas de nature à ravir les investisseurs. Ce classement est surtout synonyme d'une place qualificative pour la phase de groupes de la Ligue Europa, beaucoup moins rentable que la Champions League, plus pourvoyeuse en droits TV et recettes de billetterie. La Juventus aura ainsi terminé sa saison sans avoir soulevé le moindre trophée.

Le Borussia Dortmund a lui aussi eu le droit à son petit effet "transfert" avec l'arrivée du prodige norvégien Erling Haaland qui s'est rapidement fait ressentir sur le cours de l'action du club allemand. Il a pris 3% à 8,75 euros le jour de l'annonce du transfert en décembre 2019. Rebelote le lundi 20 janvier 2020 lorsque le titre BVB a gagné 3,75% (à 8,98 euros en clôture) deux jours après le premier triplé du précoce norvégien en Bundesliga (championnat allemand). Pourtant, le club est passé à un fil de la faillite en 2003, les recrutements des saisons passées ne peuvent plus être financés par les droits TV. Le groupe est donc tributaire de ses performances sportives pour maintenir ses finances à flot. Entre 2003 et 2011, le cours des actions Borussia Dortmund a perdu 65% de leur valeur, un lourd repli à mettre en perspective avec les piètres performances sportives du club pendant ces années-là. A partir de la saison 2010, le club renaît de ses cendres avec un nouveau projet sportif consacrant l'arrivée de jeunes talents. L'effet sur le titre a été visible avec un Borussia Dortmund au sommet de sa forme dont sa valorisation a été multipliée par 10 en l'espace de 10 ans.

Une volatilité intrinsèque à l’activité d'un club de football

"La glorieuse incertitude du sport ", chère au Baron Pierre de Coubertin, illustre à la perfection l'aléa sportif auquel sont soumis les clubs de football cotés...La raison d'une telle volatilité de la foulée boursière des clubs de football s'explique donc par l'incertitude qui est attachée à la valeur fondamentale de ce type d'entreprises. Dans le cas d'un marché boursier traditionnel, la capitalisation d'une société "classique" peut faire l'objet de corrections après avoir été jugée sous ou sur-évaluée par les différents intervenants d'un marché financier. Or, l'évolution des actions de clubs sportifs est dépendante de paramètres totalement aléatoires à l'instar des résultats sportifs ou des plus ou moins-values réalisées dans un marché aussi irrationnel que celui des transferts des joueurs de football. Un mauvais recrutement, une blessure et c'est une saison ratée et un titre au tapis. Les résultats sportifs des clubs de football qui sont par nature aléatoires, pèsent donc grandement sur la santé économique et financière d'une entreprise sportive.

Les exemples Cristiano Ronaldo ou Erling Haaland illustrent à la perfection l'interdépendance entre les annonces de transferts et l'évolution du cours de l'action d'un club. La blessure d'un joueur phare, et c'est aussi une action qui cire le banc boursier. Le 7 septembre 2015, le cours de l'OL Groupe se repliait après l'annonce de la grave blessure de Nabil Fékir, grande révélation de la Ligue 1 en 2004-2005. Un gros coup dur pour le club qui comptait sur les talents du jeune joueur pour se démarquer pendant les phases de poule de la Champions League. Ces multiples exemples montrent que les fondamentaux d'un club de football n'offrent aucune stabilité, ni aucune assurance.

Parken Sports en revanche, la société qui possède le club et le stade du FC Copenhague, a intégré très tôt l'importance d'une déconnexion des revenus du groupe aux résultats sportifs, en investissant par exemple dans les loisirs haut de gamme et dans le fitness. La société danoise possède par exemple les villages vacances Lalandia, qui pourraient se rapprocher de nos Center Parcs tricolores. Depuis son introduction en Bourse en 1997, Parken Sports affiche une légère baisse de 1% mais une hausse de 9% sur un an glissant. Une performance remarquable compte tenu des baisses des autres clubs européens dont le repli boursier dépasse pour certains les 90% depuis leur entrée en Bourse à l'image de l'AS Roma par exemple. Pour limiter sa dépendance à l’aléa sportif, le Galatasaray a également diversifié ses revenus en multipliant les investissements immobiliers. Le patrimoine du club stambouliote est diversifié comprenant plusieurs établissements scolaires, un club de natation ou encore un îlot sur le Bosphore...

Sabrina Sadgui - ©2022 BFM Bourse
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