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LAGARDERE S.C.A.

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Lagardere s.c.a. : À quelques jours de l'AG de Lagardère, Capital révèle les comptes personnels de son patron

mercredi 29 avril 2020 à 17h00
L'avenir de Lagardère se jouera mardi prochain

(BFM Bourse) - Alors que les actionnaires du groupe d'édition et de travel retail vont devoir choisir mardi 5 mai, lors d'une assemblée à huis clos, leur camp entre le gérant commandité -qui a récemment reçu le soutien de Vincent Bolloré et Marc Ladreit de Lacharrière- et le fonds Amber, le magazine Capital jette un pavé dans la mare en affirmant que l'endettement personnel d'Arnaud Lagardère est plus important qu'il ne le dit.

Bataille rangée à quelques jours d'une AG de tous les dangers chez Lagardère. Dans le coin droit, Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe éponyme depuis 2003, hérité de son père, dont certains investisseurs questionnent la gestion et la stratégie. Il peut compter sur de solides alliés en la personne de Vincent Bolloré et Marc Ladreit de Lacharrière, fondateur de la holding Fimalac, qui ont récemment annoncé avoir acquis des parts substantielles du capital de Lagardère. Mardi dernier, Vivendi, majoritairement détenu par le groupe Bolloré, a ainsi franchi le seuil de 10% du tour de table, ce qui lui confère 8,20% des droits de vote. Marc Ladreit de Lacharrière aurait pour sa part racheté environ 3,5% du capital. Le fils de Jean-Luc Lagardère ne détient plus pour sa part que 7,3% du tour de table, contre près de 10% fin 2010.

Dans le coin gauche, le fonds Amber Capital, devenu premier actionnaire du groupe de médias avec plus de 18% du capital et qui prône l'abandon du statut de commandite par action (qui attribue de pleins pouvoirs à Arnaud Lagardère) ainsi qu'une refonte en profondeur du conseil de surveillance. Alors que les votes des actionnaires pour l'AG de mardi prochain seront clos samedi, le fonds d'investissement dirigé par Joseph Oughourlian a reçu le soutien des agences en conseil de vote (Proxinvest, ISS et Glass Lewis) influentes auprès des investisseurs institutionnels, lesquels pèsent 15,6% du capital et 15,7% des droits de vote.

Le Qatar, via son fonds d'investissement souverain (Qatar Investment Authority), fera office d'arbitre avec 13% du tour de table mais près de 20% des droits de vote. Discret depuis son arrivée au capital en 2006 (la longévité de détention des actions justifie son poids dans les votes), le fonds de l'émirat qatari va donc devoir trancher. Selon les informations du Monde, Arnaud Lagardère se montre confiant sur l’issue du vote du Qatar, ces derniers étant "prêts à le soutenir s’il abandonne le statut de commandite" assurait ainsi un bon connaisseur du groupe à BFM Business la semaine dernière. Au milieu de cet actionnariat fragmenté, un homme détient peut-être la clef. Nommé au sein du conseil de surveillance de Lagardère et appelé à devenir administrateur le 5 mai (la résolution devrait être adoptée à l'AG), Nicolas Sarkozy entretient des relations étroites tant avec Arnaud Lagardère, que le Qatar et Vincent Bolloré. Tiens donc.

Si le vote du Qatar est décisif, celui de la Caisse des dépôts et consignations, détentrice de 4,7% des droits de vote, risque également d'être déterminant. Pour rappel, le statut de commandité, s'il rend Arnaud Lagardère presque inamovible ne lui permet pas de voter pour la nomination du conseil de surveillance.

Le capharnaüm qui règne autour de cette AG où se joue l’avenir du groupe est d'autant plus prégnant que celle-ci, confinement oblige, se déroulera à huis clos, malgré les protestations véhémentes d'Amber. Le premier actionnaire du groupe s'est en effet élevé contre cette décision qu'il juge "très choquante" et révélatrice du "peu de considération qu’elle [la société en commandite par action Lagardère SCA] attache au dialogue actionnarial".

Les comptes personnels d'Arnaud Lagardère divulgués... et compromettants

Comme si cela ne suffisait pas, le magazine Capital révèle mercredi avoir eu accès aux comptes des holdings personnelles de l'hériter du groupe (qui refusait de les publier depuis 2009 quand bien même il s'agit d'une obligation légale)... lesquelles révèlent une dette bien plus lourde qu’annoncé. Alors qu'Arnaud Lagardère avait annoncé en janvier dernier au Point que la dette de LCM (Lagardère Capital & Management) s’élevait à 164 millions d’euros fin 2018, les comptes dont Capital a eu connaissance contredisent cette version des faits, selon notre confrère. La somme avouée "n’est qu’une partie de la montagne de dettes sous laquelle croule" Arnaud Lagardère, selon l'enquête de Lagardère. À fin 2018, la dette nette de de LCM ressortait ainsi à 208,9 millions d'euros, dont 166 millions d'euros de crédit bancaire auprès du Crédit agricole, affirme Capital. Cet engagement financier étant couvert par sa participation dans Lagardère, la banque française joue également un rôle clef dans l'avenir du dirigeant.

Ce n'est pas tout puisque Capital révèle également que son autre holding personne (Lagardère SAS) supporte une dette "interne" de 202,9 millions d'euros contractée envers LCM. Concrètement, cela signifie cette somme a été transférée de LCM vers Lagardère SAS, sauf qu'elle n'apparaît plus dans les comptes de la deuxième holding, dont la trésorerie à fin 2018 s'élève à seulement 34.800 euros. Ce prêt a en réalité été mis en place il y a longtemps, et a cru au fil du temps puisqu'il s’élevait à 115 millions d’euros fin 2009, révèlent encore les comptes. Où est donc passée cette manne ? Vraisemblablement dans la poche d'Arnaud Lagardère puisqu'il détient cette holding à 100%, indique le mensuel économique. Or, le fait que le dirigeant ne rembourse que très lentement sa dette envers le Crédit Agricole tend à prouver que ces quelque 200 millions d'euros ont déjà été dépensés à d'autres fins. "Dans cette hypothèse, tout ou partie du prêt aurait donc dû être déprécié dans les comptes de LCM, ce qui aurait amputé les capitaux propres" de la holding note Capital.

LCM a également surévalué son bilan en faisant figurer, à l'actif fin 2018, des "participations financières" d'un montant de 327 millions d'euros, censées correspondre aux 7,33% détenus par Arnaud Lagardère, bien au-delà de leur valeur de marché actuelle.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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