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Hybrigenics : "Nos recherches sur les USPs ne sont pas encore valorisées en Bourse"

Remi Delansorne, HYBRIGENICSRemi Delansorne, HYBRIGENICS

(Tradingsat.com) - Recentrée depuis mars sur la R&D biopharmaceutique avec la cession de ses activités de services, Hybrigenics Pharma a lancé une augmentation de capital (période de souscription du 6 juillet au 13 juillet) pour accélérer le programme clinique de son produit phare, l’inécalcitol, et intensifier ses recherches sur une nouvelle approche thérapeutique prometteuse dans la lutte contre le cancer. Le point avec Rémi Delansorne, directeur général de la société de biotechnologie.

Tradingsat.com : Quelle visibilité financière va vous donner cette augmentation de capital ?

Rémi Delansorne : Nous attendons de connaître le montant total qui sera souscrit, sachant que nous avons déjà sécurisé 5,1 millions soit 75% de l’opération auprès d’investisseurs qualifiés français, belges, et néerlandais. Si 100% sont souscrits, nous lèverons 6,8 millions d’euros, et si nous pouvons exercer la clause d’extension nous récupérerons 1 million supplémentaire. La priorité est donnée à l’étude de phase 2 dans la leucémie myéloïde aiguë dont le résultat est attendu pour mi-2019, et qui sera donc largement financée.

Tradingsat.com : Quand seront publiés les résultats de la phase 2 dans la leucémie myéloïde chronique (LMC), le programme le plus avancé pour l’inécalcitol ?

Rémi Delansorne : La publication des résultats devrait intervenir dans la deuxième moitié de 2018. Cela va dépendre du rythme d’inclusion des nouveaux patients. Surtout, il y a des extensions possibles du développement clinique en association avec d’autres anti-cancéreux inhibiteurs de kinase largement utilisés dans le traitement de la LMC, avec lesquels l’inécalcitol a confirmé une synergie inhibitrice. En France, l’étude se limite pour le moment à l’association avec l’imatinib de Novartis, et nous cherchons à l’étendre par exemple au dasatinib (de Bristol-Myers Squibb), puis à monter une étude similaire aux Etats-Unis avec le consortium "Cure CML" qui regroupe 17 centres spécialisés dans ce pays.

Tradingsat.com : Quel est l’intérêt d’associer l’inécalcitol à ces produits ?

Rémi Delansorne : Le but est de renforcer l’efficacité des traitements contre la prolifération des cellules cancéreuses. L’inécalcitol est un agoniste des récepteurs de la vitamine D. Schématiquement, le produit a l’avantage de garder les « bons effets » de la vitamine D, qui est un puissant frein à la prolifération cellulaire, sans les « mauvais effets » sur le calcium, bénéfiques contre l’ostéoporose et le rachitisme mais néfastes chez des personnes sans problème osseux.

Tradingsat.com : A côté de l’inécalcitol, vous êtes en »pointe dans les "inhibiteurs de protéase spécifique de l’ubiquitine", les USPs (Ubiquitin-Specific Proteases).

Rémi Delansorne : Une protéase spécifique de l’ubiquitine est une enzyme qui permet de recycler les protéines, de leur permettre d’échapper à la dégradation programmée par les cellules. La plupart des cancers impliquent soit la production de quantités anormalement grandes de protéines « normales », soit l’intervention de protéines mutées « anormales ». On parle dans ces deux cas d’ « oncoprotéines », qui peuvent elles aussi être recyclées par mégarde par la cellule. Pour stopper ce recyclage et forcer la dégradation des oncoprotéines, il faut déterminer quelle USP recycle quelle oncoprotéine afin d’envoyer des inhibiteurs chimiques qui vont inhiber cette USP spécifique.

Tradingsat.com : En quoi êtes-vous pionnier dans cette approche ?

Rémi Delansorne : Nous avons fait partie dès 2005 des rares sociétés dans le monde à investir dans ce domaine de recherche, et conclu en 2011 un partenariat exclusif avec le laboratoire Servier qui a abouti à un deuxième jalon de succès de la collaboration de recherche en 2016. L’accord repose depuis lors sur un projet de développement en oncologie mené par Servier, mais sur une base désormais non-exclusive. L’approche utilisant les inhibiteurs d’USPs intéresse aujourd’hui de plus en plus de monde. Notamment, la biotech américaine Genentech a conclu en 2015 un accord avec la firme nord-irlandaise Almac. Maintenant que nous sommes de nouveau « libres » nous pouvons tout à fait renouer un partenariat du type de celui conclu avec Servier.

Tradingsat.com : Pourquoi le partenariat avec Servier a-t-il pris fin ?

Rémi Delansorne : Nous faisions des tests biologiques sur les molécules qu’ils synthétisaient. Nous étions pendant 5 ans sous exclusivité totale pour toutes les USPs concernant 6 aires thérapeutiques. Aujourd’hui, Servier est en phase de pré-développement avec ses molécules optimisées et la collaboration de recherche s’est logiquement terminée. Mais le partenariat est toujours actif dans le sens où nous sommes éligibles à de prochains paiements – d’ailleurs renégociés à la hausse - en fonction des étapes qui restent à franchir pour Servier jusqu’à la commercialisation de ses produits.

Tradingsat.com : Votre cours de Bourse est proche des plus bas historiques sous 0,70€, il était monté à plus de 3,5 euros début 2014.

Rémi Delansorne : Oui, la hausse avait précisément débuté le 16 décembre 2013, avec une envolée de 150% en séance et 110% en clôture, lors de l’annonce de la désignation de médicament orphelin en Europe pour l’inécalcitol dans la LLC. D’autres annonces sur le produit avaient ensuite permis d’accélérer le mouvement. Dans notre secteur, l’évolution boursière est toujours étroitement liée à l’actualité, au « newsflow ». Par ailleurs, pour le moment, nos recherches sur les inhibiteurs d’USPs ne sont absolument pas valorisées par le marché.

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