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Erytech pharma : 'Être visible aux USA est essentiel pour nous'

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(CercleFinance.com) - A l'image d'autres sociétés de biotechnologie françaises, Erytech voit sa cote nettement progresser de l'autre côté des Etats-Unis. Son PDG Gil Beyen nous explique pourquoi et quels sont les principaux progrès qu'elle a réalisés ces derniers mois.



Cercle Finance : Vous avez annoncé il y a une dizaine de jours la mise en place d'un programme de cotation par ADR aux USA. Pourquoi une telle décision ?


Gil Beyen : Les Etats-Unis sont le pays où l'on trouve le nombre le plus important d'investisseurs spécialisés dans les sciences de la vie. Y être visible et reconnu est donc très important pour une société telle que la nôtre. Depuis 2014, une part croissante de notre capital est d'ailleurs détenue par des investisseurs américains.

Le principe de cette cotation par ADR aux Etats-Unis permet de faciliter grandement l'investissement dans des sociétés non-américaines. Certains fonds ont en effet des règles de gestion très strictes qui les obligent à investir dans des titres libellés en dollars.

C'est d'ailleurs à leur demande que nous avons réfléchi à cette cotation par ADR. Cela était d'autant plus pertinent que cette solution ne présentait pas de surcoûts pour Erytech, dont les titres restent également cotés sur Euronext à Paris.



C.F. : Les investisseurs américains semblent de plus en plus croire au potentiel des biotechs françaises. Ce phénomène peut-il selon vous s'inscrire dans la durée ?


G.B. : Oui, nous disposons en France d'une recherche reconnue et de très haut niveau dans les domaines de la santé. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la France dispose d'un tissu de sociétés biotechnologiques très dense.

Vu des Etats-Unis, les sociétés de biotechnologies françaises restaient encore perçues comme des sociétés à des stades de développement moins avancés que leurs comparables américaines, ce qui pouvait justifier d'importants écarts de valorisation, mais cela est en train de changer rapidement et contribue aux très bonnes performances boursières de beaucoup de sociétés de biotechnologies françaises.

Car en France aussi, nous disposons de sociétés de biotechnologies matures et les investisseurs américains en ont pris conscience. Je pense d'ailleurs qu'Erytech en est un très bon exemple.



C.F. : En fin d'année dernière, vous avez en effet fait état de résultats finaux très positifs sur Graspa, votre traitement qui affame les cancers. En quoi consiste-t-il ?


G.B. : Nous avons d'ores et déjà démontré la qualité de notre technologie dans les leucémies aiguës lymphoblastiques avec de très bons résultats cliniques de Phase III, la toute dernière phase avant une éventuelle commercialisation.

Notre technologie consiste à encapsuler dans les globules rouges des enzymes thérapeutiques qui vont détruire certains nutriments indispensables aux tumeurs pour se développer. En les coupant de cette alimentation, nous les affamons.

L'autre grande force de notre technologie est sa très bonne tolérance par les patients. Ces enzymes thérapeutiques que nous utilisons, sont le plus souvent très toxiques et provoquent de nombreux effets secondaires dans le cadre des chimiothérapies actuelles. Or, en les encapsulant dans les globules rouges, nous sommes parvenus à réduire significativement leurs effets secondaires. Nous pouvons ainsi en faire profiter un plus grand nombre de patients.

Les grands laboratoires pharmaceutiques ne sont pas trompés sur la qualité de notre technologie. Nous avons notamment déjà noué des premiers partenariats avec les groupes Recordati et Teva.



C.F. : Peut-on envisager sa mise sur les marchés américain et européen dans un délai raisonnable ?


G.B. : En Europe, oui tout à fait. Nous sommes déjà en train de préparer notre dossier de demande d'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Il sera officiellement déposé dans les prochains mois pour une première commercialisation attendue en 2016, si tout se passe bien.

Aux Etats-Unis, nous sommes également en train d'étudier avec la FDA comment nous pourrions encore accélérer le développement clinique de notre produit. Nous pourrions ainsi envisager une première commercialisation d'ici 2019.




C.F. : Quelles autres indications thérapeutiques ambitionnez-vous de cibler à moyen terme ?


G.B. : A ce jour, nous visons prioritairement trois autres indications : la leucémie aiguë myéloïde ainsi que deux indications de tumeurs solides qui sont le cancer du pancréas et les lymphomes. Les deux premières sont déjà bien avancées.

Dans la leucémie aiguë myéloïde, nous sommes en phase IIb et attendons l'avis du troisième DSMB (Comité d'Expert Indépendant) lorsque soixante évènements auront été rapportés, ce qui n'est toujours pas le cas. Initialement attendu fin 2014 ou début 2015, nous l'attendons désormais pour le deuxième trimestre.

Dans le cancer du pancréas, nous sommes en cours de Phase II. Nous devrions connaître l'avis du premierDSMB sur six patients au cours du premier trimestre 2015. Cela est consécutif à un léger retard observé dans le recrutement de l'un des bras de l'étude, celui composé de patients traités avec la combinaison ERY-ASP/Folfox. Toutefois, cela ne retardera pas l'étude dans son ensemble. Le deuxième DSMB sur 24 patients est d'ailleurs toujours bien attendu pour la mi-2015.



C.F. : Erytech a récemment annoncé le départ de son directeur général délégué et des cessions de titres de certains dirigeants. Pouvez-vous nous en dire plus?


G.B. : La société a été créée il y a maintenant plus de dix ans par Yann Godfrin et Pierre-Olivier Goineau. Erytech était la troisième création d'entreprises pour ce dernier.

Après les succès rencontrés par Erytech, la phase de 'création' était désormais passée et Pierre-Olivier Goineau a fait le choix personnel de quitter l'entreprise pour se consacrer à de nouveaux projets. En attendant son remplacement, il assure d'ailleurs pleinement la transition en tant que consultant.

En ce qui concerne les cessions de titres que nous avons réalisées Yann et moi, elles s'inscrivent également dans les succès récents de l'entreprise et la très forte appréciation du cours de bourse (NDLR: +172% en 2014). Après de nombreuses années de travail, nous avons souhaité réaliser une partie de notre investissement dans la société, tout en détenant encore environ pour chacun plus des deux tiers de nos participations totales. Nous restons ainsi pleinement engagés au sein d'Erytech et cela ne remet en rien en cause l'exécution de la stratégie de la société ou la qualité de sa technologie.

Nous restons très confiants dans le potentiel d'Erytech, ce qui se reflète d'ailleurs dans notre newsflow produit très fourni pour 2015 et notre développement américain permanent.


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