Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

CYBERGUN

ALCYB - FR0014004QR6 SRD PEA PEA-PME
0.552 € -3.75 % Temps réel Euronext Paris

Cybergun : Après sa monumentale déconfiture boursière, Cybergun vise enfin le retour à la rentabilité en 2021

mardi 16 novembre 2021 à 11h43
Cybergun vise le retour à la rentabilité en 2021

(BFM Bourse) - Après des années de galère et une reprise en main par de nouveaux actionnaires, Cybergun arrive à la fin de son vaste programme d'obligations convertibles. Et le groupe vise un résultat opérationnel courant positif pour cette année, une première depuis 2011.

Difficile, en dehors des cas de faillite pure et simple (Innoveox, Cellnovo, Bionersis...) où les actionnaires perdent définitivement toute leur mise, de concevoir pire parcours sur Euronext Growth que celui de Cybergun. Bénéficiant de licences exclusives de la part des principaux armuriers mondiaux -tels Glock, Famas, Smith & Wesson ou encore Colt- pour produire des répliques à air comprimé destinées au marché des loisirs, cette société fondée a pendant des années prospéré grâce à l'essor mondial de ce marché qu'elle avait pratiquement créé.

Exploitant ce filon, Cybergun a crû jusqu'à atteindre 50 millions d'euros de chiffre d'affaires, tout en s'endettant imprudemment pour racheter des concurrents ou lancer divers projets (à l'image d'une éphémère mais coûteuse tentative dans le jeu vidéo) jusqu'à se retrouver piégée par un retournement conjoncturel du marché. Accumulant les pertes, devenue incapable d'honorer ses dettes, la firme aurait vraisemblablement disparu sans sa reprise par de nouveaux actionnaires aux poches plutôt remplies, via le fonds Restarted Investment (lié à Claude Solarz, fondateur du géant du recyclage Paprec) qui lui a apporté sa garantie financière dans le cadre d'un plan de sauvegarde.

En parallèle, le nouveau PDG Hugo Brugière -serial entrepreneur spécialisé dans les restructurations/retournement, présent également chez Europlasma par exemple, et par ailleurs mordu de la chose militaire, commandant une compagnie de réserve au 19ème régiment du génie de Besançon- a mis l'accent sur le marché de la défense. Pour cela Cybergun a donné naissance à Spartan M&LE, division dédiée d'une part à l'entraînement des forces armées au travers de répliques dédiées et d'autre part au marché des armes réelles via un partenariat avec Glock notamment.

Une chute de l'action proche de 100% depuis 2017

Plus récemment, Cybergun a pris le contrôle de Valantur F.G., manufacturier français équipementier de premier rang dans les domaines de l'aéronautique civile et militaire avec des clients tels qu'Airbus, MBDA, Nexter, Thales, mais aussi dans la santé ou l'énergie (Essilor, Schneider...). Moyennant un investissement total de 3,4 millions d'euros, la firme a acquis 50,1% du capital de Valantur, qui devrait devrait générer un chiffre d’affaires de près de 15 millions d'euros cette année et vise 25 millions dès 2022. Les deux sociétés travaillaient déjà ensemble sur plusieurs projets majeurs du pôle militaire de Cybergun, dont la finalisation et la mise en fabrication d'un nouveau système d'armes pour le compte d'un grand manufacturier.

Mais ces projets n'ont jusqu'à présent aucunement profité aux actionnaires éventuellement restés au tour de table : le cours de 0,2468 euro lundi en clôture se comparait à un pic historique équivalent à 44 milliers d'euros pour l'action en février 2017, si l'on prend en compte l'impact des multiples regroupements du nominal intervenus depuis. Le symptôme tout simplement d'une création effrénée de titres, Cybergun n'ayant d'autres recours pour effacer sa dette que de multiplier les instruments dilutifs de type equity line. Autrement dit, si la perte latente n'atteint pas stricto sensu 100%, elle tangente dangereusement avec ce niveau.

Désormais, la société estime arriver "à la fin d’un long et douloureux processus qui nous a permis de solder le lourd héritage que nous avions trouvé lors de notre entrée au capital", selon les termes d'Hugo Brugières. Concrètement, Cybergun mettra le 30 novembre un terme au programme d'OCABSA (des obligations convertibles assorties de bons de souscription) qui lui a permis de lever un montant net de 24,5 millions d'euros à ce jour. Par ailleurs, la structure de fiducie mise en place pour convertir progressivement la dette reprise par Restarted Investments en actions convertira la 1er décembre un solde de 1,7 million d'euros (ce qui reste très significatif en regard d'une capitalisation inférieur à 1,3 million ce mardi).

Une fois terminé le programme d’OCABSA et l’equitization de la dette détenue par Restarded Investment, d'ici la fin d'année il n’existera donc pas d’autres éléments dilutifs significatifs, se réjouit la firme.

Vers un résultat opérationnel courant positif en 2021

Après neuf mois d’activité en 2021, le chiffre d’affaires du groupe s'élève à 20,8 millions d'euros, en hausse de 29% sur un an. En octobre, la progression s'est poursuivie de sorte que les revenus des dix premiers mois (23,9 millions) dépassent déjà ceux de l'ensemble de l'année 2020. Sur la base des commandes reçues et des prévisions de livraisons d’ici à la fin de l’année, le groupe pense dépasser la barre des 30 millions d'euros de chiffre d’affaires sur son périmètre historique, soit plus de 45 millions d'euros en intégrant l'apport de Valentur à compter du 10 novembre.

Fort de sa dynamique commerciale "et d’une saine maîtrise des coûts", le groupe anticipe en outre un résultat opérationnel courant positif sur l'ensemble de 2021. Il s’agirait tout simplement du premier exercice avec un ROC positif depuis 2011. Sur les six premiers mois, le résultat opérationnel courant était un bénéfice de 0,2 million d'euros et il devrait atteindre plus de 1 million d'euros sur l'année en données proforma (comme si Valantur avait été acquis au 1er janvier).

À sa reprise par Restarded, la société était "dans une situation catastrophique, plombée par le poids d’une dette insurmontable, et sans perspectives. Aujourd’hui, grâce à nos moyens financiers, nous pouvons nous déployer massivement sur le marché militaire en plein essor et avoir la vision à long terme permise par la reconstitution d’un actionnariat de référence stable et durable", conclut Hugo Brugière.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur CYBERGUN en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application TradingSat Bourse


Par email

Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+313.70 % vs +37.88 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat