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Air france -klm : Rome approuve l'accord de rachat d'alitalia par air france

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par Mathias Wildt et Alberto Sisto

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien a apporté lundi son soutien à l'accord de rachat d'Alitalia par sa concurrente Air France-KLM, mais les syndicats de la compagnie aérienne nationale italienne ont vivement attaqué les modalités de ce projet de reprise.

Air France-KLM s'est félicité de cette décision italienne et a précisé que la compagnie franco-néerlandaise et Alitalia entameraient dès mardi des discussions avec les syndicats afin de parvenir à un accord d'ici au 31 mars prochain.

L'opération prévoit la parité d'une action Air France-KLM pour 160 actions Alitalia, valorisant la compagnie détenue à 49,9% par l'Etat italien à 10 centimes d'euros par titre, soit 138 millions d'euros, ce qui représente un rabais de 81% par rapport au cours de clôture de la compagnie aérienne italienne vendredi.

Le titre Alitalia a plongé de 26,76% à 0,3911 euro lundi alors que celui de la compagnie franco-néerlandaise reculait de 4,4% à 15,28 euros.

Des membres de la classe politique italienne se sont insurgés contre cet accord, un projet sur lequel la Commission européenne estime devoir être consultée.

A la veille des élections législatives italiennes des 13 et 14 avril, le rapprochement devra obtenir la bénédiction du prochain gouvernement italien et des syndicats d'Alitalia, qui compte 19.000 salariés.

"Pour Alitalia, la seule alternative à la faillite c'est Air France-KLM", souligne Alessandro Frigerio, gérant chez RMJ à Milan, à propos de cet accord qui marquerait la fin de 60 ans d'indépendance de la compagnie italienne.

Toutefois, pour certains syndicats, il s'agit plutôt d'une "capitulation sans condition", selon les termes employés par Fabrizio Solari de la CGIL.

L'Union européenne a indiqué de son côté que rien ne pourrait réellement se faire sans son aval.

"Dans un tel cas de figure, je ne peux que dire que les autorités italiennes seraient avisées de collaborer avec les services de la Commission (...)", a déclaré à la presse Michele Cercone, porte-parole de la Commission.

Alfiero Grandi, sous-secrétaire italien à l'Economie, a souligné que l'offre d'Air France-KLM était perfectible, mais qu'il n'y avait pas d'autre option sur la table.

Les syndicats doivent rencontrer la direction d'Alitalia mardi et le président d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, qui est arrivé à Rome lundi soir, devrait assister à ces discussions.

Le ministre italien de l'Economie, Tommaso Padoa-Schioppa, en charge des privatisations, a déclaré aux membres du gouvernement qu'il informerait Alitalia de la décision de vendre la participation dans la compagnie du Trésor quand l'offre publique sera lancée, précise un communiqué du gouvernement.

Cette phase ne serait cependant pas obligatoire si d'autres groupes faisaient une meilleure offre.

Le Trésor italien avait auparavant mis en ligne sur son site internet la lettre d'Alitalia détaillant l'offre d'Air France-KLM, dans le cas où d'autres groupes souhaiteraient faire "de meilleures offres publiques".

UNE "DEFAITE"

Certains hommes politiques d'opposition, conduits par le parti séparatiste de la Ligue du Nord, comparent l'accord avec la bataille de Caporetto, la pire défaite italienne de la première guerre mondiale et symbole national de faillite.

"C'est un vrai Caporetto du gouvernement et des administrateurs", a dit Roberto Formigoni, le gouverneur de la Lombardie, cité par la Repubblica.

Formigoni est un des nombreux hommes politiques de l'Italie du Nord qui s'insurge contre le projet d'Air France-KLM de déclasser Malpensa, le hub de Milan.

Version française Benoit Van Overstraeten, Mathilde Cru, Jean-Michel Belot et Stanislas Dembinski

Copyright (C) 2007-2008 Reuters


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