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Quand la lutte contre les armes non conventionnelles passe aussi par la Bourse

dimanche 17 février 2019 à 12h00
145 gérants pesant 6.900 milliards veulent exclure les armes controversées des indices

(BFM Bourse) - Au même titre que le tabac, les investisseurs institutionnels font de plus en plus la chasse aux marchands d'armes controversées (comme les mines antipersonnel ou les bombes à fragmentation). Plus de 140 d'entre eux demandent aux fournisseurs d'indices de retirer les titres des sociétés impliquées des échantillons boursier, afin que les investisseurs lambda ne soient pas amenés à les financer de façon passive.

Ce sont 145 gestionnaires d’actifs, investisseurs, gérants de fortune et fournisseurs de services financiers du monde entier, représentant au 12 février 6.900 milliards de dollars sous gestion, qui ont choisi de faire front commun pour demander aux fournisseurs d’indices de retirer les armes controversées des indices conventionnels.

Les signataires, dont beaucoup de gérants helvètes (Bank Sazasin, Banque Cantonale de Genève, Bordier, Credit Suisse AM, Gonet, Mirabuad, Pitctet etc.) dans la mesure où l'initiative est née en Suisse, mais aussi des français (Maif et sa filiale Ofi AM, Candriam, Groupama AM, La Française AM...) ont fait paraître cette semaine une lettre ouverte à FTSE Russell, Morningstar, MSCI, S&P Dow Jones Indices et STOXX, pour les appeler à retirer de leurs indices les fabricants d'armes controversées.

L’investissement dans des sociétés liées à des armes controversées -bombes à fragmentation, mines antipersonnel ainsi que toutes armes chimiques, biologiques et nucléaires produites à l’intention de pays n’ayant pas signé le Traité sur la non-prolifération- est d’ores et déjà contraire à certaines conventions internationales et réglementations nationales. Mais les indices conventionnels continuent à les inclure.

Erreurs de suivi et coûts supplémentaires

Concrètement, cela signifie que par défaut les investisseurs passifs (qui ont souscrit à des fonds répliquant strictement les indices) financent par défaut également ces entreprises. Pour les investisseurs actifs qui se mesurent aux indices de référence standard, exclure ces sociétés signifie exposer les portefeuilles à des erreurs de suivi et à des coûts supplémentaires.

Coordonnée par la Swiss Sustainable Finance, cette initiative a été relayée par la plate-forme collaborative des Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies et pris une dimension internationale.

Réduire les sources de financement

"Ajuster les portefeuilles des investisseurs aux valeurs et normes établies devient la nouvelle normalité pour les fonds de pension ainsi que pour d’autres investisseurs institutionnels. Le fait que notre initiative ait obtenu le soutien d’un aussi grand nombre d’organisations constitue un signal fort à destination des fournisseurs d’indices", a fait valoir Sabine Döbeli, CEO de Swiss Sustainable Finance. "Nous considérons donc comme une conséquence logique que cette exigence soit prise en compte dans les indices mondiaux".

Quant à Eric Borremans, responsable ESG chez Pictet Asset Management, il estime que "conformément aux conventions internationales, aux meilleures pratiques des investisseurs et à l’opinion publique, les fabricants d’armes controversées devraient avoir moins de facilité à obtenir des financements. Les indices étant à la base d’un grand nombre de produits d’investissement, tant actifs que passifs, nous sommes convaincus que la position par défaut devrait être de les exclure".

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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