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Pour Fitch, la BCE n'augmentera pas ses taux cette année, ni même en 2023

dimanche 23 janvier 2022 à 12h00
La BCE devrait attendre avant de remonter ses taux, juge Fitch

(BFM Bourse) - L'agence de notation de crédit Fitch Ratings ne pense pas que la Banque centrale européenne soit en mesure d'emboîter le pas de son homologue américaine dans la remontée des taux directeurs avant deux années.

Il est peu probable que la BCE suive la Réserve fédérale des Etats-Unis dans la voie d'une remontée des taux d'intérêt dans les deux prochains années, estime Fitch Ratings, dans une note macro-économique.

Dans ses dernières projections économiques, la Banque centrale européenne (BCE) a certes revu en hausses ses prévisions d'inflation, mais le chiffre désormais attendu, soit +1,8 % en 2023 comme en 2024, reste inférieur à la cible d'inflation que s'est fixé l'institution. Les tensions sur les prix ont considérablement augmenté au cours des derniers mois, reconnaît-elle, mais ces tensions sont toujours estimées comme étant largement temporaires, traduisant une vive hausse des prix de l’énergie ainsi que des asymétries internationales et intérieures entre l’offre et la demande dans un contexte de réouverture des économies. Les prix de l’énergie devraient demeurer élevés, en moyenne, en 2022 mais se modérer nettement en cours d’année avec le renforcement des effets de base baissiers dû au recul projeté des prix du pétrole, du gaz et de l’électricité.

Avec la dissipation progressive des goulets d’étranglement du côté de l’offre, la hausse de l’indice des prix à la consommation hors énergie et produits alimentaires devrait également ralentir courant 2022, selon la BCE. De fait, Fitch Ratings remarque que l'inflation "core" est bien significativement plus faible en Europe qu'elle ne l'est actuellement aux Etats-Unis.

Des moteurs de l'inflation qui devraient faiblir en 2022

De plus, l'historique des prévisions de la BCE montre que celle-ci fait preuve d'un excès d'optimisme récurrent en la matière, dans le sens où cela fait des années que le taux d'inflation ne parvient pas à s'élever à l'objectif de 2% à moyen terme considéré comme souhaitable: sur la dernière décennie, la moyenne tourne autour de 1% et les modèles économétriques de Fitch prévoient plutôt 1,5% hors énergie et alimentation. Autrement dit, l'agence ne pense pas que l'accélération à moyen terme des prix soit suffisante pour justifier une hausse des taux en regard des propres critères de la BCE.

"Les facteurs temporaires qui tirent actuellement l'inflation, dont les contraintes sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, le niveau élevé des tarifs énergétiques et les effets de base de comparaison, devraient s'atténuer en 2022. La croissance des salaires et les anticipations d'inflation [de la part des agents économiques] semblent peu susceptibles d'accroître suffisamment la pression inflationniste, ces facteurs étant actuellement relativement bien ancrés". L'agence note toutefois la tendance à une persistance plus importante des variations de prix dans la zone euro, ce qui constitue un risque que l'inflation, sans déraper véritablement, demeure élevée sur une période suffisamment longue pour que cela influence les négociations salariales.

"Des surprises du côté de la croissance des salaires ou des anticipations d'inflation, ou des contraintes plus persistantes qu'attendu du côté des chaînes d'approvisionnement, pourraient augmenter le risque d'une première hausse de taux plus précoce qu'attendu - peut-être en 2024", indique Tej Parikh, à la tête du département économique de Fitch Rating. "Toutefois, à ce stade, nous n'anticipons pas que la dynamique d'inflation core en zone euro s'écarte significativement de la tendance passée".

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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