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Mario Draghi sera-t-il le premier patron de la BCE à n'avoir jamais relevé les taux?

samedi 26 janvier 2019 à 08h00
Le mandat de Mario Draghi expire fin octobre

(BFM Bourse) - Le banquier italien quittera son poste en octobre prochain. Connu pour avoir mis un coup d'arrêt à la crise de la dette des pays périphériques et amené la BCE du côté non-conventionnel des politiques monétaires, il pourrait bien être le premier le président de la Banque centrale européenne à n'avoir jamais relevé les taux directeurs...

Cette année, la Banque centrale européenne (BCE) changera totalement de physionomie. Au sein du comité exécutif, qui compte six membres, le vice-président, le portugais Victor Constancio, et l'économiste en chef, le belgo-allemand Peter Praet, arriveront chacun au terme de leur mandat de huit ans fin mai. Et celui du président Mario Draghi se terminera fin octobre (un quatrième membre, le Français Benoît Coeuré, partira fin décembre).

Mario Draghi, plaisamment surnommé "Super Mario" en référence au personnage du plombier italien imaginé par Nintendo et à ses surprenants pouvoirs, est d'ores et déjà entré dans l'histoire -relativement récente- de la BCE puisqu'il est largement crédité d'avoir mis fin à la spéculation contre la dette des Etats périphériques de la zone euro rien que par la puissance d'une seule phrase : "the ECB is ready to do whatever it takes to preserve the euro. And believe me, it will be enough" (autrement dit : "La BCE est prête à faire tout ce qu'il faudra pour préserver l'euro, et croyez-moi, cela sera suffisant)". Par la suite, Mario Draghi a aussi engagé la BCE sur la voie du rachat de dettes souveraines, une forme de planche à billet que l'institution s'était formellement interdit d'utiliser jusque-là.

Coup de froid sur les prévisions économiques

Mais Mario Draghi pourrait également devenir le premier président à n'avoir jamais relevé les taux d'intérêt de l'institution. Formellement, le comité de politique monétaire a laissé inchangé lors de sa dernière réunion, jeudi 24 janvier, sa "forward guidance" (indication prospective) d'une première hausse une fois passé l'été. Mais la probabilité d'une hausse des taux d'ici la fin de son mandat semble s'amenuiser.

En tant que telle, la BCE a reconnu que les informations reçues depuis la réunion de décembre demeuraient plus faibles que prévu. En conséquence, "les risques pesant sur les perspectives sont à la baisse", ce qui signifie qu’un "stimulus monétaire important reste nécessaire" et que "la BCE reste prête à utiliser tous les instruments nécessaires" pour atteindre ses objectifs, selon les termes codifiés du communiqué.

Dans l'ensemble, "nous pensons que la probabilité d'une hausse de la BCE cette année est très faible", avance Charles St-Arnaud, stratégiste en Investissement chez Lombard Odier IM. Au contraire, le spécialiste estime que la BCE est plus susceptible de fournir un soutien à l'économie via une troisième vague de TLTRO, une forme d'assouplissement du crédit.

Même Bernanke avait relevé les taux de la Fed

De fait, l'institution a bel et bien mentionné la possibilité de ces opérations, en précisant n'avoir pas encore pris de décision. Charles St-Arnaud juge que la BCE attend pour cela la mise à jour des prévisions économiques, attendue lors de la réunion de mars. "En outre, il semble probable que la BCE pourrait modifier son indication prospective dans un avenir proche pour suggérer aucune hausse au cours de 2019", laissant craindre qu'elle ne soit pas en mesure de procéder à une seule hausse de taux au cours du cycle en cours.

Une première : les prédécesseurs de Draghi, Wim Duisenberg et Jean-Claude Trichet avaient en effet eu l'occasion d'ajuster leur politique dans les deux sens. Aux Etats-Unis, le nouveau patron de la Fed a déjà eu l'occasion de relever le curseur, comme avait commencé à le faire Janet Yellen à la fin de son mandat. Même Ben Bernanke (en fonction de 2006 à 2014) qui avait dû combattre la plus grave crise économique depuis 1929 avait eu l'occasion de relever le taux des Fed Funds au tout début de son mandat.

En plus de l'impact d’un ralentissement économique sur la politique monétaire, les investisseurs devraient bientôt se tourner sur le remplaçant de Mario Draghi à la présidence du Conseil des gouverneurs à la fin de l'année. Selon Charles St-Arnaud, les principaux candidats sont le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, et l'ancien chef de la banque centrale finlandaise, Erkki Liikanen, alors que les chances de nomination du président de la Bundesbank, Jens Weidmann, ou d'un autre ressortissant allemand sont relativement faibles selon lui.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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