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Le pic d'inflation, revers de la médaille du zéro stock

samedi 16 octobre 2021 à 07h00
La production en

(BFM Bourse) - La question de l'inflation n'est pas la moindre de celles qui tourmentent les investisseurs cette année. Les principales banques centrales y voient un phénomène "plus ou moins" transitoire. La société de gestion britannique Jupiter se range à cet avis, citant notamment les conséquences d'une pandémie mondiale sur une chaîne d'approvisionnement mondiale désormais entièrement organisée selon le "Just In Time".

Les investisseurs ont été confrontés à une myriade de défis depuis le début de l'année 2021, à commencer par celui d'une inflation croissante. Le stratège de Jupiter Asset Management, une société indépendante britannique dont les actifs sous gestion atteignaient 60,3 milliards de livres (70,3 milliards d’euros) à la fin du premier semestre, reste cependant convaincu que l'inflation reste transitoire et qu'elle diminuera lorsque les perturbations de la chaîne d'approvisionnement s'atténueront et que l'offre pourra rattraper la demande.

L’une des principales causes des pressions inflationnistes est à mettre sur le compte du modèle du "juste à temps", considère en effet Ariel Bezalel, responsable de la gestion obligataire de Jupiter. Ce mode d’organisation de la production à flux tendu ("zéro" stocks) inspiré des méthodes élaborées chez Toyota à partir des années 1930 s’est largement imposé depuis dans l’ensemble de la chaîne d'approvisionnement mondiale (gagnant véritablement le monde à partir des années 1980, facilité notamment par l’informatisation des entreprises). Or ce système a été gravement perturbé par la pandémie, qui a constitué un choc inédit.

Le monde est aujourd'hui plus connecté que jamais, ce qui signifie que lorsqu'une usine ferme ses portes en Chine, les répercussions sont à la fois immédiates et globales. Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement mondiale prendront du temps à se résorber et dépendront en grande partie de la capacité des pays à lutter contre le virus. Et tous les nouveaux confinements face à l’éventuelle apparition de nouveaux variants ne feraient que retarder le retour à la normale. Mais la résolution des goulets d'étranglement devrait permettre de réduire l'inflation.

D'autres forces fondamentales pour contenir l'inflation

Au-delà de cela, Ariel Bezalel considère qu'il existe de puissantes forces structurelles en jeu qui permettront de contenir l'inflation: les niveaux records de la dette mondiale, le vieillissement de la population mondiale et la mondialisation. La pandémie a poussé la dette mondiale à des niveaux inégalés depuis la seconde guerre mondiale (+40.000 milliards de dollars l’an dernier, pour atteindre 280.000 milliards de dollars). Cela représente plus de trois fois le PIB mondial et l'histoire a amplement montré que l’excès d’endettement (lorsque la dette publique atteint 50 à 60% du PIB), cela freine l’inflation (malheureusement en pesant sur la croissance).

La mondialisation favorise également la réduction de l'inflation, car à mesure que les pays s’enrichissent la production est délocalisée vers des pays plus pauvres. Cette évolution va de pair avec un progrès technologique qui rend globalement la production de biens moins coûteuse et maintient donc les prix à un niveau bas. "Bien que l'on puisse affirmer que la pandémie a gravement perturbé certaines de ces forces, nous estimons que ce n'est que provisoire et que, lorsque le monde émergera de la pandémie, ces tendances continueront à agir comme une force déflationniste", assure le stratégiste. Par conséquent, même si certains analystes aiment à croire que la mondialisation est en train de s'inverser, les données concrètes suggèrent le contraire.

Rechute brutale des prix du bois

Jusqu’à présent cette année, l'inflation a certes été plus tenace que ce que beaucoup envisageaient, avec des hausses annuelles plus importantes que prévu pour les matières premières et les marchandises. Cependant, des signes de fragilité commencent déjà à apparaître: ainsi les prix du bois ont déjà diminué de plus de moitié par rapport à leur pic, tandis que les prix du cuivre et des matières premières agricoles montrent des signes de fléchissement. Les prix du minerai de fer ont également diminué de moitié par rapport aux records atteints plus tôt cette année (sur fond de fort ralentissement en Chine). Les derniers chiffres de l’indice des prix à la consommation aux Etats-Unis montrent là aussi un ralentissement de l’inflation notamment sur les prix des voitures d'occasion et des billets d'avion.

Pour autant, Jupiter Asset Management s’attend à ce que les marchés fassent preuve à l’avenir d’une volatilité croissante, tandis que les banques centrales vont s’efforcer de restreindre leurs mesures de relance budgétaire. "Toutefois, les forces structurelles à plus long terme devraient voir les pressions inflationnistes se dissiper à mesure que les économies se normalisent", conclut Ariel Bezalel.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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