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Le gendarme boursier américain durcit le ton vis-à-vis des promesses anti-Covid

samedi 25 avril 2020 à 11h45
La lutte contre le coronavirus, une thématique d'investissement qui appelle à la prudence

(BFM Bourse) - Après la vague des crypto-monnaies ou celle du cannabis, la Securities and Exchange Commission voit monter un engouement pas toujours très avisé pour des investissements supposés tirer parti de la lutte contre la pandémie de coronavirus. Le gendarme des marchés américains a notamment commencé à suspendre les négociations des titres de plusieurs officines prétendant disposer de tests, voire de traitements contre le coronavirus.

D'un côté, la valorisation des actifs financiers fond en raison des retombées dévastatrices de la pandémie sur l'économie. De l'autre, le développement des outils de lutte contre le coronavirus est clairement appelé à bénéficier d'importants financements. Pour les investisseurs, l'idée de rechercher une exposition à cette thématique tombe donc sous le sens. Mais plus un investissement est en vogue, plus la probabilité de voir naître des arnaques augmente. La Securities and Exchange Commission (SEC), équivalent américain de notre Autorité des marchés financiers (AMF), après avoir multiplié les mises en gardes, commence à sévir pour faire cesser certains agissements potentiellement frauduleux.

Au cours de la semaine écoulée, la SEC a ainsi décidé de suspendre les cotations de trois sociétés ayant récemment fait des annonces relatives au coronavirus. Parmi celles-ci, deux entreprises dont les actions se traitent sur le marché de gré-à-gré (OTC, similaire au Marché Libre) : Spectrum DNA, une société de l'Etat de Washington n'ayant pas publié ses comptes depuis 2015, mais dont le cours s'est envolé alors qu'une entreprise homonyme (mais basée dans l'Utah et non cotée) a obtenu de la FDA le feu vert à un kit de détection du coronavirus à partir d'un prélèvement salivaire, permettant d'éviter l'écouvillonage nasopharyngé, pas forcément aisé à réaliser et plutôt désagréable.

La Securities and Exchange Commission a aussi estimé que pour protéger les investisseurs il valait mieux suspendre la cotation de Predictive Technology Group, face à ce que la commission appelle pudiquement "l'exactitude et la pertinence" des informations diffusées par cette société. Par voie de communiqué Predictive Tech Group s'est vanté d'être en capacité de distribuer sans délai d'importantes quantités de tests sérologiques de détection du coronavirus.

Des annonces de commandes de tests "bidons"

Autre suspension décidée sur SC Worx Corporation, une société new-yorkaise, cotée quant à elle au Nasdaq. Le 13 avril dernier, l'entreprise a annoncé avoir enregistré une commande de 2 millions de tests, avec des options sur 2 millions de tests hebdomadaire sur les six prochains mois représentant 35 millions de dollars de chiffre d'affaires par semaine (sur les neuf premiers mois de 2019, la dernière publication disponible, cette small cap avait généré 4,3 millions de dollars de revenus). Un analyste de Hindenburg Research avait rapidement jugé "complètement bidon" cette annonce, au vu de la faible surface financière du prétendu donneur d'ordre et des précédentes menées du PDG, Marc Schessel.

À ce stade, l'intervention de la SEC est à prendre comme une mesure de précaution invitant chacun à reprendre ses esprits et bien réfléchir à ses investissements, avant une reprise des cotations prévue le 5 mai. Depuis le début de la vague du coronavirus, plus d'une vingtaine de titres ont fait l'objet de mesures de suspensions, d'après la liste présentée sur le site de la commission.

Attention aux arnaques

Sur son site, la SEC conseille aux investisseurs de "prendre garde aux escroqueries sur les investissements liés au coronavirus", soulignant que le segment des micro-capitalisations (précisons qu'il s'agit aux Etats-Unis des entreprises valorisées moins de 250 à 300 millions de dollars, ce qui serait plutôt considéré en France comme des moyennes capitalisations) est particulièrement exposé à des schémas frauduleux de type "pump and dump".

En l'absence d'informations suffisamment complètes sur ces micro-caps, il est plus facile pour les escrocs de répande de fausses informations à propos d'une entreprise et en profiter pour gruger les investisseurs naïfs. On "pompe" pour faire monter un titre et une fois que les pigeons sont entrés au capital, on se dépêche de revendre ses titres (dump) en empochant une plus-value.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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