Connexion

Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Le crowdfunding appliqué au financement des analyses boursières

samedi 18 mai 2019 à 08h00
Une analyse financière initiale coûte généralement 18.000 euros

(BFM Bourse) - Si la recherche indépendante demeure indispensable à la bonne information des marchés financiers, la mise en oeuvre de la directive "MiFID 2" a provoqué une chute des prix et par répercussion une réduction de la couverture de sociétés suivies. Pour y remédier, le bureau d'études AlphaValue propose aux investisseurs de mutualiser les coûts en finançant une étude entre plusieurs clients.

Depuis l'entrée en vigueur début 2018 de la nouvelle directive européenne sur le marché des instruments financiers, appelée MiFID 2, les sociétés spécialisées dans l'analyse financière ont dû affronter une dégradation du contexte commercial, avec des prix pratiquement divisés par deux, bien qu'à terme cela renforce la professionnalisation du métier.

Le but de MiFID2 est d'améliorer in fine la transparence sur les frais de gestion, en obligeant les bureaux d'études à facturer séparément leur recherche à leurs clients, essentiellement les gérants d'actifs. Plutôt que d'inclure la recherche dans une prestation globale, comme le faisaient les grandes firmes de courtage, qui "offraient" leurs notes à leurs clients -en se rémunérant sur les transactions passées par ces derniers, lesquels les répercutaient inévitablement aux épargnants via les frais de gestion des fonds- il est devenu obligatoire de facturer spécifiquement les prestations de recherche. Avec parallèlement une obligation pour les gérants de démontrer au régulateur qu'ils s'appuient sur des analyses suffisamment substantielles et non biaisées par rapport à d'autres intérêts commerciaux.

De moins en moins d'analyses sur les petites valeurs

Contraintes de chiffrer des budgets alloués à la recherche, les sociétés de gestion ont eu comme premier réflexe d'optimiser ces coûts, jusqu'alors souvent cachés, et les négociations ont entraîné une baisse des tarifs. Et par répercussion, une nette diminution du nombre d'entreprises notées, la recherche sur les petites capitalisations -qui nécessitent la même rigueur que les grandes- ne devenant pratiquement plus rentable.

Si les grandes banques d'affaires anglo-saxonnes n'hésitent pas à brader la recherche, sachant qu'elles pourront se rattraper sur les prestations de conseil et d'ingénierie financière ou sur le courtage, les indépendants et les acteurs positionnés exclusivement sur la recherche s'efforcent d'inventer de nouveaux modèles à forte valeur ajoutée pour compenser la baisse des tarifs de la recherche "brute".

Avec "Slice", lancé en octobre 2018, le groupe AlphaValue -régulièrement numéro 1 ou numéro 2 pour la pertinence de ses recommandation au classement Thomson Reuters, considéré comme le mètre-étalon en la matière- a mis au point un format original, inspiré du crowdfunding. L'idée est de trouver un mécanisme de financement de la recherche qui puisse tirer avantage de l'indépendance du point de vue (ce prestataire ne proposant aucun autre service bancaire ou financier que de la recherche) tout en réduisant les coûts, via une forme de partage.

Mutualiser les coûts

En mutualisant les coûts entre plusieurs investisseurs, il devient possible de financer une recherche de qualité par un pool. Schématiquement, il en coûte 18.000 euros environ de financer une étude initiale sur une action, ainsi qu'une année de suivi de la valorisation, et le ticket d'entrée pour en bénéficier via "Slice" est de 2.000 euros : dès que neuf parties sont intéressées, AlphaValue commence à élaborer une analyse. "De plus, si d'autres investisseurs se positionnent pour participer au financement entre le moment où la proposition est faite sur "Slice" et celui où nous livrons l'étude initiale, nous en tenons compte en diminuant le ticket à proportion", explique Maxime Mathon, responsable du marketing et de la communication.

Le lancement de Slice a en outre révélé que le marché de la recherche était potentiellement bien plus grand que celui qu'on identifiait jusqu'alors. "Ce marché était toujours perçu comme restreint à une cible d'acteurs passant des ordres réguliers, faisant tourner des portefeuilles importants... Mais nous constatons avec cette offre qu'il y a beaucoup plus de gens intéressés à l'élaboration d'une recherche indépendante de qualité : tous types de gérants, mais aussi des cabinets d'audit, des banques, des family offices, des investisseurs activistes, ou encore des administrateurs de société, voire des émetteurs demandant des études - sur leur propre compte ou aussi sur celui... de concurrents !", souligne le responsable.

"Ce projet ne prendra pas le dessus sur le gros de notre activité, mais c'est une vraie diversification que nous avons voulue pour ouvrir des pistes sur des sujets bloquants et où nous voulons contribuer à l'effort de place en matière de transparence", conclut Maxime Mathon.

Guillaume Bayre - ©2019 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+285.20 % vs +11.35 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat