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La pandémie de coronavirus contrarie l'arrivée des jeunes traders à Wall Street

dimanche 17 mai 2020 à 07h00
Le coronavirus chamboule les stages des traders et banquiers d'affaires

(BFM Bourse) - Alors que le stage d'été au sein d'une banque d'investissement ouvre souvent la porte d'une carrière dans la temple de la finance américain, le Covid-19 vient là aussi mettre à mal les ambitions des étudiants qui avaient passé une sélection sévère pour faire leurs armes auprès de leurs aînés.

Certains avaient déjà renouvelé leur garde-robe, d'autres imaginaient tisser des relations personnelles qui les propulseraient un jour au sommet de la finance. Mais la pandémie de coronavirus, qui paralyse New York et contraint des millions de salariés à travailler de chez eux, a contrecarré les projets des aspirants banquiers et traders attendus comme stagiaires cet été à Wall Street.

"J'étais vraiment très enthousiaste à l'idée de travailler pour et au sein d'une grande firme, d'aller au bureau tous les jours, de voir un peu ce que c'est que d'être banquier à New York", regrette Aristides Bourtsos, étudiant à l'Université de l'Iowa. Le jeune homme, qui doit effectuer ses premiers pas cet été dans l'équipe des banquiers conseillant les sociétés dans les opérations de fusions-acquisitions chez JPMorgan Chase, fait partie des centaines de jeunes diplômés de prestigieuses universités ayant été informés en avril que leur stage s'effectuerait en télétravail et en ligne, une grande première.

Le stage estival, une voie royale vers une carrière dans la finance

Si leurs futurs responsables ont essayé de les rassurer, ils sont conscients que le travail à distance est un handicap quand on débute, car le fait de se côtoyer sur site permet de se plonger immédiatement dans la culture interne et de nouer rapidement des relations, avec l'aide d'un mentor assigné - et d'éviter les chausse-trappes courantes dans le milieu très concurrentiel des "golden boys" où les réputations se font et se défont à une vitesse fulgurante.

"Je vais avoir le soutien de l'équipe, c'est certain et cela m'a déjà été assuré, mais je pense que ce sera difficile de construire des relations personnelles et d'avoir de l'aide", avance Aristides ("Ari") Bourtsos.

Le début de son stage a été décalé de juin à juillet, le Covid-19 obligeant les entreprises à se réorganiser dans l'urgence pour s'adapter à de nouveaux protocoles sanitaires. Les firmes ont repoussé en moyenne de deux à quatre semaines le démarrage des stages d'été cette année, tandis que la durée habituelle de dix mois a été nettement réduite. La rémunération promise initialement ne bouge toutefois pas: "Sachez que nous avons l'intention d'honorer l'engagement financier de départ", a assuré Goldman Sachs, dans un courriel envoyé le 7 avril à tous les futurs stagiaires.

Le stage d'été est considéré comme la voie royale pour une carrière dans l'univers de la finance, qui attire toujours des milliers de jeunes diplômés par an. Aussi la sélection des stagiaires s'effectue plusieurs mois voire un an à l'avance. L'expérience se conclut le plus souvent par une offre d'embauche, mais la donne devrait changer avec la pandémie, à quelques exceptions près.

Difficultés à se projeter

Citigroup est un des rares établissements à avoir promis un emploi aux stagiaires 2020 de ses bureaux de New York, Londres, Hong Kong, Singapour et Tokyo dès lors qu'ils font leurs preuves. La banque d'investissement new-yorkaise Moelis & Co, qui a réduit ses stages d'été à quatre semaines, s’engage à embaucher à partir de 2021 la promotion de l’été 2020.

Face aux incertitudes, les questions se multiplient chez les jeunes diplômés, explique Brian Richman, professeur de finance à l'université de l'Iowa. "Ils se demandent comment sera le stage? Vont-ils apprendre suffisamment en télétravail?", dit cet ancien banquier. Et surtout, "vais-je pouvoir être embauché à la fin de mon stage?"

"C'est un peu difficile de faire des plans mais je donnerai le meilleur de moi-même dans l'espoir que ça produise des résultats dans l'avenir", concède Michael Gerot, 21 ans, retenu par la banque d’affaires Evercore dans les fusions-acquisitions. Un des secteurs de la finance, avec le trading, qui semble susceptible de s’emballer parce que la pandémie a fragilisé financièrement de nombreuses sociétés - ce qui en fait des proies pour des raids ou des mariages forcés.

Des contraintes supplémentaires pour la sécurité

Michael devrait recevoir sous peu un ordinateur portable d’Evercore, qui veut s’assurer aussi qu’il n’y aura ni panne ni interruption de service pendant son stage virtuel. "Ils voulaient savoir si la connexion internet était bonne, si notre bail se terminait", raconte le jeune homme, qui passe actuellement ses derniers examens en finance à l’université de l’Iowa.

Outre les questions pratiques, faire travailler les stagiaires à distance suscite également des interrogations sur la sécurité informatique et les obligations réglementaires des banques, qui doivent surveiller les communications professionnelles des banquiers et traders - afin d'éviter des délits d'initiés et des manipulations de marchés.

(Avec AFP)

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