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Wall Street : Wall Street suspendue au référendum en Crimée

Wall Street : Wall Street suspendue au référendum en CriméeWall Street : Wall Street suspendue au référendum en Crimée

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - A l'instar des autres places boursières mondiales, l'orientation de Wall Street dépendra largement du résultat, attendu ce dimanche en cours de soirée, d'un référendum en Crimée sur son rattachement à la Russie et ses éventuelles conséquences sur les relations entre l'Occident et Moscou.

La Crimée a commencé à se prononcer dans la journée sur son rattachement à la Russie dans le cadre d'un référendum rejeté par Kiev et les Occidentaux, qui dénoncent une consultation illégitime tout en se préparant déjà à la victoire du "oui".

Wall Street a enregistré la semaine dernière sa pire baisse hebdomadaire en sept semaines en raison d'une montée des tensions entre la Russie et l'Occident jamais vue depuis la fin de la guerre froide.

Des indicateurs jugés préoccupants pour l'état de la santé économique chinoise ont également contribué à ce que le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq Composite reculent de respectivement 2,3%, 2,0% et 2,1% la semaine dernière.

Ceci étant dit, malgré ce repli, le S&P 500, indice de référence des gérants de fonds, n'est pas si loin de son record de clôture de 1.878,04 points inscrit le 7 mars.

"L'investisseur moyen ne paraît peut-être pas si inquiet que cela, mais je pense que ceux que jouent sur les dérivés s'attendent à quelque chose d'explosif la semaine prochaine", a estimé Ryan Detrick, analyste technique chez Schaeffers Investment Research.

L'indice de volatilité VIX du CBOE, surnommé "indice de la peur", a bondi de 9,86% à 17,82 sur la seule séance de vendredi et de plus de 26% sur la semaine.

DÉCISION DE POLITIQUE MONÉTAIRE DE LA FED

En Crimée, le référendum est organisé par les autorités locales pro-russes et doit entériner la prise de contrôle par la Russie de la péninsule ukrainienne début mars, une semaine après la destitution du président Viktor Ianoukovitch et la mise en place d'un nouveau pouvoir que le Kremlin refuse de reconnaître.

Après avoir suspendu des négociations sur les visas avec Moscou, l'Union européenne devrait annoncer lundi des sanctions visant une liste d'individus dont les avoirs seront gelés et les déplacements dans l'UE interdits. Les Etats-Unis devraient également appliquer le même type de sanctions.

"On se demande qui va souffrir le plus (...) l'Union européenne est dépendante du gaz naturel. Il s'agit d'une entreprise mutuelle de destruction", a estimé Sam Wardwell, chargé des investissements chez Pioneer Investments.

La Réserve fédérale américaine, avec sa réunion de politique monétaire étalée sur deux jours qui commence mardi, devrait pouvoir détourner un instant les yeux des investisseurs de la Crimée.

Comme il semble acquis que le récent accès de faiblesse de l'économie américaine a, en partie du moins, été le fait de la vague de froid qui a balayé une partie des Etats-Unis au début de l'année, la Fed devrait s'en tenir au dénouement progressif des mesures de soutien exceptionnelles à l'économie.

La banque centrale américaine devrait ainsi annoncer une nouvelle baisse de 10 milliards de dollars de la quantité de rachats d'actifs obligataires effectués par mois, qui reviendra ainsi à 55 milliards.

La nouvelle présidente de la Fed, Janet Yellen, pourrait préciser ses projets en matière de taux d'intérêt, qui sont quasiment à zéro depuis plus de cinq ans.

A ce stade, sous condition que l'inflation reste sous contrôle et que l'économie américaine continue de progresser, un premier relèvement semble être programmé pour la mi-2015.

En plus de la Fed, d'autres éléments macro-économiques sont susceptibles d'influer la tendance : les mises en chantier, les prix à la consommation l'indice "Philly Fed", les inscriptions hebdomadaires au chômage ou encore les reventes de logements.

Le secteur technologique pourrait de son côté réagir à la décision d'Alibaba, le géant du commerce électronique chinois, de faire coter ses titres à New York dans le cadre de ce qui pourrait être la plus importante introduction en Bourse à ce jour d'une entreprise internet.

(Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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