Bourse > Actualités > Points de marché > Wall Street : Wall Street se prépare à une semaine écourtée mais décisive

Wall Street : Wall Street se prépare à une semaine écourtée mais décisive

Wall Street : Wall Street se prépare à une semaine écourtée mais décisiveWall Street : Wall Street se prépare à une semaine écourtée mais décisive

par Richard Leong

NEW YORK (Reuters) - Après un lundi férié pour cause de Labor Day (fête du travail), Wall Street se prépare à une semaine potentiellement décisive avec la publication, vendredi, de la statistique des créations d'emplois d'août qui dira si la reprise est suffisamment robuste pour que la Réserve fédérale commence à réduire ce mois-ci ses mesures de soutien à l'activité.

La perspective d'un début de retrait du programme d'assouplissement quantitatif ("QE3") de la Fed pèse sur le marché boursier depuis le mois de mai. Avec en plus les tensions géopolitiques et la crainte de frappes militaires contre la Syrie, Wall Street a connu en août sa plus forte baisse mensuelle depuis mai 2012.

Dans le cadre du QE3, la banque centrale rachète chaque mois pour 85 milliards de dollars d'obligations du Trésor et de titres hypothécaires afin de maintenir des taux bas.

En mai, son président Ben Bernanke a estimé qu'une confirmation de la reprise permettrait à la Fed de commencer à ralentir ses rachats d'actifs avant la fin de l'année. Depuis, chaque indicateur est scruté par le marché et, sans attendre, les taux longs sont repartis à la hausse.

La crainte maintenant est que la baisse du QE3 se matérialise dès ce mois de septembre même si les indicateurs ne sont pas aussi vigoureux que l'aurait souhaité la Fed.

"Les statistiques de cette semaine seront décisives pour les anticipations de début de retrait en septembre", observe Mike O'Rourke, stratège chez JonesTrading à Greenwich (Connecticut).

Les économistes prévoient en moyenne 180.000 créations d'emplois en août, après les 162.000 annoncées pour juillet, et un taux de chômage stable à 7,4%, soit son plus bas niveau depuis quatre ans.

Pour Mike O'Rourke, même des chiffres un peu inférieurs aux attentes ne suffiront pas à repousser la perspective d'une réduction du programme d'assouplissement quantitatif.

"Le QE3 a eu une influence majeure sur les marchés financiers mais, du point de vue de l'économie réelle, il a apporté très peu. Si son intérêt se limite à soutenir les actifs financiers, alors cela ne vaut pas la peine de prendre le risque d'alourdir encore le bilan (de la Fed)", reconnaît-il.

La perspective du ralentissement des injections de liquidités de la Fed a pourtant déjà un impact sur l'économie réelle. Les taux hypothécaires remontés à leur plus haut depuis deux ans commencent à freiner le redressement du marché immobilier, tandis que les économistes se demandent si la remontée des taux d'intérêt ne va pas dissuader les entreprises d'investir et d'embaucher.

SEPTEMBRE TRADITIONNELLEMENT MAUVAIS

Avant le plat de résistance de vendredi, le marché aura d'autres indicateurs à se mettre sous la dent, notamment les indices des directeurs d'achat (PMI) dans les services et dans l'industrie et les ventes de voitures d'août, sans parler du Livre beige de la Fed, qui fait le point sur les conditions économiques dans le pays.

Les investisseurs restent par ailleurs attentifs à la situation en Syrie, où selon les Etats-Unis l'attaque chimique imputée au régime de Bachar al Assad a fait plus de 1.400 morts dans les faubourgs de Damas le 21 août.

Le président Barack Obama a décidé de consulter le Congrès avant une éventuelle frappe, ce qui repousse toute initiative américaine au 9 septembre au plus tôt et laisse la France seule en pointe après, déjà, la défection du Royaume-Uni.

La crainte de frappes imminentes avait fait décrocher les Bourses en début de semaine mais Mike Dueker, économiste chez Russell Investments à Seattle, ne voit pas cette correction dépasser les 10% et note qu'elle a été amplifiée par les volumes réduits du mois d'août.

Les incertitudes géopolitiques ont aussi entraîné un regain de volatilité, avec l'indice Vix -aussi appelé le "baromètre de la peur" à Wall Street- qui a dépassé vendredi les 17 points pour atteindre un plus haut en deux mois.

Le marché obligataire, dans le même temps, a bénéficié d'achats refuge qui ont permis de ralentir sa baisse à environ 0,5% sur le mois, selon l'indicateur de Barclays qui mesure l'évolution des rendements du papier américain noté en catégorie d'investissement.

Sur l'ensemble du mois d'août, le Dow Jones a perdu 4,4%, le Standard & Poor's 500 3,1% et le Nasdaq Composite environ 1%.

L'historique de Wall Street incite à la prudence pour les prochaines semaines: septembre est traditionnellement le plus mauvais mois de l'année pour les actions américaines, avec une baisse moyenne de 0,6% du S&P-500 sur les 62 dernières années.

L'an dernier toutefois, l'indice de référence des gérants a fait exception en gagnant 2,4%. Mais le septembre noir de 2008, avec la chute de Lehman Brothers, la vente de Merrill Lynch et la quasi faillite du géant de l'assurance AIG reste encore dans les mémoires: ce mois-là, le S&P avait plongé de 9,1%.

Avec Chuck Mikolajczak et Rodrigo Campos; Véronique Tison pour le service français

Copyright © 2013 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI