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Wall street : Wall street portée à l'optimisme même si des risques demeurent

Wall street : wall street portée à l'optimisme même si des risques demeurentWall street : wall street portée à l'optimisme même si des risques demeurent

par Edward Krudy

NEW YORK (Reuters) - L'indice Standard & Poor's 500 semble bien parti pour atteindre son plus haut niveau en près de trois ans la semaine prochaine mais Wall Street, soutenue par l'embellie de l'emploi aux Etats-Unis, n'est pas à l'abri d'un retour de l'aversion au risque.

De nombreux investisseurs commencent à considérer que le marché du travail américain a franchi un cap en mars avec un deuxième mois consécutif de forte création de postes et un recul du taux de chômage à un plus bas de deux ans.

Toutefois, les risques qui ont poussé les marchés à la baisse entre mi-février et mi-mars semblent toujours d'actualité. En outre, les bons chiffres macroéconomiques aux Etats-Unis font redouter que la Réserve fédérale n'abandonne sa politique monétaire accommodante plus vite que prévu et ne procède à une hausse de ses taux dès le second semestre.

Un tel scénario pourrait peser sur les actifs les plus risqués, comme les actions ou les matières premières, qui ont bénéficié à plein de la liquidité injectée sur le marché via le programme de rachat d'actifs de la Fed, d'un montant de 600 milliards de dollars (420 milliards d'euros).

Ce programme, connu sous l'appellation "quantitative easing 2" (assouplissement quantitatif 2, ou QE2), doit prendre fin en juin.

"La Fed va désormais envisager beaucoup plus sérieusement un retrait anticipé du QE2 parce que les chiffres s'améliorent", estime Kenneth Polcari, du courtier Icap Corporates.

Vendredi, un responsable de la Fed a apaisé quelque peu ces craintes et accentué l'optimisme des marchés.

William Dudley, président de la Réserve fédérale de New York, a déclaré qu'il serait "surpris" si la banque centrale américaine n'achevait pas son programme, alors que certains autres membres de la Fed avaient indiqué qu'il pourrait ne pas être mené à son terme.

"LES INVESTISSEURS DEVRAIENT RESTER PRUDENTS"

Pour en savoir plus, les investisseurs devraient rester à l'affût la semaine prochaine des propos de responsables de la Fed, avec notamment une intervention de son président Ben Bernanke attendue lundi.

Pour Kenneth Polcari, l'embellie constatée sur le marché de l'emploi pourrait permettre au S&P 500 d'atteindre 1.350 points au cours de la semaine qui vient.

L'indice Dow Jones a brièvement dépassé les 12.400 points vendredi, son plus haut niveau depuis juin 2008, effaçant en grande partie les pertes enregistrées depuis février, et les analystes jugent que cette dynamique pourrait se poursuivre.

"On a une croissance solide et peut-être même en train de s'accélérer, on a une bonne croissance des bénéfices, on a des valorisations adéquates, on a un élan et on a une forte activité dans les fusions et acquisitions", relève Jim Awad, de Zephyr Management à New York.

A quoi il faut ajouter qu'avril est traditionnellement très positif pour le Dow Jones, qui a dégagé en moyenne un gain de 2% au cours du quatrième mois de l'année depuis 1950, selon Stock Traders Almanac.

Mais la tendance haussière pourrait être limitée par les incertitudes persistantes sur l'urgence nucléaire au Japon, la crise de la dette dans la zone euro ou la contestation dans le monde arabe.

Soutenus notamment par la guerre en Libye, les cours du pétrole ont fini en hausse vendredi, le brut léger américain pour livraison en mai clôturant à 107,94 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis septembre 2008.

En outre, certains mettent en garde contre un excès d'optimisme des marchés américains.

"Deux mois d'amélioration (de l'emploi), ce n'est pas la définition d'une tendance", juge Chad Morganlander, gestionnaire de portefeuille chez Stifel Nicolaus & Co. "Les investisseurs devraient rester prudents."

Dans cette optique, les chiffres hebdomadaires des inscriptions au chômage aux Etats-Unis, publiés jeudi, seront très suivis, de même que l'indice ISM non-manufacturier, attendu mardi, dont le marché espère qu'ils confirmeront la vigueur de la croissance.

Avec Chris Reese, Jean Décotte pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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