Bourse > Actualités > Points de marché > Wall street : Tendance bullish à 100%, sens critique à 0%

Wall street : Tendance bullish à 100%, sens critique à 0%

tradingsat

(CercleFinance.com) - Quoi se souviendra que les indices US avaient entamé le second semestre en repli ce vendredi (leur premier réflexe) ?

Wall Street s'enflamme, Wall Street exulte, il n'existait pas de formulations assez enthousiastes pour célévrer une flambée de +1,5% des 3 pricipaux indices US, avec pratiquement 100% de titres en hausse.

Des gains cumulés de 5,5% à +6% en une semaine, c'est sans précédent depuis juillet 2010 pour le 'Dow' et le 'S&P'... et même juillet 2009 pour le Nasdaq.

En cette veille de week-end prolongé (par Independance Day lundi), où les marchés croient qu'un gros chèque à la Grèce et 2 chiffres d'activité meilleurs que prévus aux Etats Unis ont écarté tous les périls, on n'était pas très loin de l'hystérie haussière... et du degré zéro du sens critique.

La plupart des commentaires de clôture sont des caricatures de catéchisme haussier où tous les problèmes de fond auraient miraculeusement disparu des écrans radar.

Car rien n'est résolu sur le fond, la date de la crise systémique des dettes souveraines est simplement repoussée par le vote grec : quelques semaines de gagnées.

Les 'permabulls' pensent avoir repris le pouvoir alors que l'étude des graphiques nous ramène très vite à la réalité: des canaux ascendants tracés comme sur une planche à dessin (aucun mouvement de repli, aucun pullback technique) prouvent les robots sont à la manoeuvre, rien ne leur résiste (et surtout pas les résistances graphiques court ou moyen terme).

Le jeu consiste à faire courir les vendeurs à découvert (en les asphyxiant par une hausse inexorable et irréversible) tandis que les fonds indiciels passifs entretiennent le mouvement ascendant comme des bulldozers aveugles et obstinés, sans aucune forme de jugement critique sur la nature des évènements.

N'importe quel prétexte haussier est monté en épingle, exagéré à outrance, tout facteur plutôt baissier est occulté, nié, ridiculisé.

Il n'y en a eu que pour le rebond de l'activité manufacturière en juin aux Etats Unis (+2Pts à 55,3%) alors que les économistes s'attendaient à un nouveau recul vers 51,1% (un biais négatif lié au Japon étant de nouveau intégré dans les calculs). Les mauvais chiffres concernant les dépenses de construction (tombées en mai à leur plus bas niveau depuis septembre 1999), la baisse de la confiance des consommateurs en juin (Michigan), c'est comme s'ils n'avaient jamais existé !

Tout est allé si vite que ce mouvement a peu de chances de bénéficier d'un minimum de pérennité: l'impératif de se 'gaver' le plus vite possible -au détriment du plus élémentaire bons sens- l'emporte sur l'espoir que la hausse puisse tenir encore quelques semaines et être étayée par des investisseurs désireux de conserver le papier.

Si Wall Street se retourne à la baisse mardi, tout le monde se précipitera pour vendre car cette hausse n'a aucun fondement qui résiste à un examen critique (surtout après l'arrête du 'QE-2').

Comment l'Amérique va t'elle refinancer sa dette sans 'QE-3', comment les USA vont-ils contrôler l'expansion des déficits sans austérité ?

Comment l'embellie conjoncturelle que Wall Street célèbre bruyamment depuis 48H pourra t'elle tenir la distance alors que les administrations mettent des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage technique, face à l'impossibilité d'équilibrer les budgets des Etats de l'Union ?

Mais ces questions sont subalternes: la dictature de l'ultra court termisme (+100Pts sur le Dow Jones en quelques secondes) laisse le soin aux ordinateurs de se 'grimper les uns sur les autres' pour ramasser le papier à n'importe quel prix... du moment que c'est avant le concurrent.

Parmi les titres que les robots de trading se sont arrachés, il y avait les cycliques Alcoa (+3%) et Caterpillar (+2%), 3M et United Techno (+1,9%) mais aussi et surtout Broadcom, Amazon, Electronic Arts (avec +2,45%), Google, Flextronics, Yahoo et Netapp (avec +2,5% à +2,9%) puis Micron avec +4,5%. Seuls 4 titres sur 100 ont fini dans le rouge au sein du Nasdaq-100, sans jamais perdre plus de 0,15% !

Copyright (c) 2011 CercleFinance.com. Tous droits réservés.

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI