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Wall street : Spirale haussière à base de 'short covering'

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(CercleFinance.com) - Wall Street exulte, les commentateurs ne savaient plus quel terme employer vers 22H01 sur CNBC ou Bloomberg pour qualifier ce rallye ('vertigineux, énorme, abassourdissant', ou encore... 'Wall Street marche sur l'eau').

La disproportion de la hausse par rapport aux éléments d'actualité jugés positifs depuis le 24 juin ne trouve pas d'explication qui résiste à un examen critique.

Le Nasdaq (+1,36%) égale son record annuel de clôture à 2.873 du 29 avril dernier (2.873,5Pts) après avoir failli inscrire une meilleure clôture (à 2.879) depuis 11 ans et demi.

Le Nasdaq reprend 10,5% en 3 semaines (depuis le 20 juin), c'est sa plus forte hausse depuis juillet 2009 (envolée vertigineuse de +11,5%).

Le 'composite' aligne une 8ème séance de hausse consécutive et cela commence à ressembler à l'une de ces spirales haussières caractéristiques de l'action résolue de 'robots' s'acharnant à laminer tout opposition (c'est à dire contraindre les vendeurs à inverser leurs 'poses' afin d'accélérer le mouvement haussier).

Seuls les 'initiés' ou les 'suiveurs systématiques' (les premiers comptant cyniquement sur la 'discipline aveugle' des seconds) peuvent profiter à plein de telles phases haussières maniaques.

Le 'sens de la mesure' n'a pas sa place, il est même très contreproductif. Les seuls mots d'ordre dans ce genre de circonstances: ne pas se poser de question, ne pas chercher à expliquer, ne se fixer aucune limite.

Les explications en effet font figure de pâles alibis: les chiffres de l'emploi publiés ce jeudi sont peut être 'meilleurs que prévus' (facile, il suffit de minorer les objectifs réellement anticipés), mais si le cabinet ADP comptabilise +157.000 nouveaux jobs, il en faudrait juste le double durant plusieurs trimestres pour commencer à faire reculer le chômage sous les 7% aux Etats Unis. Il ne reste plus qu'à espérer des 'chiffres miracle' ce vendredi à 14H30 (comme 250.000 créations d'emplois et chômage sous les 8,5%).

Le 'S&P' (+1,05%) tutoie également ses sommets annuels à 1.353Pts (avec 90% de titres en hausse) et le Dow Jones repasse le cap des 12.700Pts (+0,75% à 12.725Pts). Les 3 indices de régérence effacent en 10 jours 7 semaines de baisse et tutoient les sommets de fin avril.

Des performances de +10% en moins de 2 semaines sont dignes des grandes périodes d'euphorie de la décennie à Wall Street (en quoi la conjoncture de 'soft patch' et d'excès de dettes le justifie-t'elle ?).

D'autre part, le rapport hausses/baisses dans l'intervalle flirte avec des records absolus, dignes des années 99 ou 2000: ce sont des conditions techniques extrêmes comme seuls les 'robots' peuvent en créer (ce qui génère un phénomène de 'short covering').

S'il existe de 'vrais' acheteurs et s'ils se montrent aussi déterminés, sur quoi se sont ils soudain mis à parier fin juin ? La FED prépare-t'elle une nouvelle campagne d'injection de liquidités sous une forme ou une autre (qui ne s'appellerait pas un 'QE-3' mais aurait des effets similaires) ?

En attendant, les acheteurs (ou les 'trading programs') ont ramassé agressivement les bancaires avec Citigroup (+1,5%), Bank of America +1,7%, JP-Morgan (+1,8%), Wells Fargo (+1,9%) puis les parapétrolières (+2,5% en moyenne) alors que le baril reprend 2% à 98,7$, sans que la demande enregistre de véritable accélération sur le 'physique' (c'est une autre manifestation de 'l'appétit pour le risque').

Le Nasdaq a été dopé par Apple +1,55%, Microsoft +1,65%, Cisco et Intel +2,1%, Oracle +2,7%, Broadcom +2,9%, Micron et Paccar +3,4%, Sears +4,6%, RIM +4,7%, Target et KLA +7%.

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