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Marché : Victime de son succès, l'horlogerie suisse souffre de pénuries

Victime de son succès, l'horlogerie suisse souffre de pénuriesVictime de son succès, l'horlogerie suisse souffre de pénuries

BÂLE, Suisse (Reuters) - Si le secteur suisse de l'horlogerie de luxe se porte bien, l'importante demande et les pénuries de pièces conduisent néanmoins ses acteurs à réfléchir à des solutions pour sécuriser leurs approvisionnements.

Réunis cette semaine au Salon mondial de l'horlogerie et de la bijouterie de Bâle au cours duquel la plupart des commandes annuelles sont placées, les dirigeants de ces horlogers voient leur optimisme tempéré par leurs difficultés à répondre à la demande.

"Nous avons un énorme carnet de commandes et des pénuries", a déclaré à Reuters Marc Hayek, le directeur général de Swatch Group qui exploite les marques de prestige Breguet, Blancpain ou encore Jaquet Droz.

"Même les bracelets en cuir peuvent être difficiles à trouver. Nous manquons de tous les types de pièces", a-t-il ajouté.

Les commentaires de Marc Hayek sont d'autant plus saisissants que Swatch est le propriétaire du premier producteur suisse de composants et menace régulièrement les marques concurrentes d'arrêter de les fournir.

Le directeur général d'Hermès Horlogerie Luc Perramond a reconnu de son côté que ces pénuries entraînaient des retards de production mais que cela n'était cependant pas dramatique.

"Il y a une perte de chiffre d'affaires que je ne peux encore quantifier", a-t-il ajouté.

SÉCURISER LES APPROVISIONNEMENTS

Bon nombre d'horlogers se dépêchent donc d'investir dans des producteurs de pièces et de réaliser des opérations permettant de sécuriser leurs approvisionnements alors que le ralentissement de la production se propage à tout le secteur.

Les fabricants n'avaient pas anticipé un tel rebond de la demande après la chute des dépenses en 2009, qui avait conduit plusieurs fournisseurs à abandonner ces activités ou à passer dans le giron de grands groupes.

"Avant, le mécanisme était le principal problème mais maintenant il y aussi des pénuries de pièces comme les cadrans, les aiguilles et les boutons poussoirs. Swatch group doit livrer un certain nombre de mécanismes à des tiers, selon les règles de la concurrence", commente Rene Weber, analyste chez Vontobel.

Il ajoute que les groupes tels que LVMH, qui détient la marque TAG Heuer et depuis récemment Bulgari, sont les plus exposés à ces problèmes.

Outre les rachats de fournisseurs, les horlogers ont déclaré que des partenariats de long terme avec ces derniers constituaient également une solution, à l'image des marques Ulysse Nardin et Patek Philippe qui ont pris des participations au capital de plusieurs fournisseurs.

Astrid Wendtlandt, Silke Koltrowitz et Nathalie Olof-Ors, Florent Le Quintrec pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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