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Marché : Vers un "rollover" des banques européennes sur la dette grecque?

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par Lionel Laurent et Edward Taylor

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - Les banques européennes qui ont de la dette grecque au bilan semblent s'acheminer vers un accord de reconduction (rollover) par lequel elles prendraient possession de nouveaux titres de dette se substituant aux obligations arrivées à échéance.

L'Allemagne a proposé la semaine dernière un échange de titres obligataires qui, dans les faits, reviendrait à proroger les échéances de la dette grecque de sept ans. Mais les banques paraissent privilégier l'option plus douce du "rollover".

La participation du privé dans un deuxième plan d'aide à la Grèce serait de l'ordre d'une trentaine de milliards d'euros, avaient dit des sources officielles de la zone euro. Le reste des 120 milliards d'euros du plan d'aide serait financé par des privatisations et de nouveaux prêts d'urgence du Fonds monétaire international et de l'Union européenne.

Peu de banques se sont pour l'instant prononcées publiquement pour un rollover, soit un allongement de la dette publique grecque, à l'exemple du Crédit Agricole, propriétaire de la banque grecque Emporiki.

"C'est une solution bancale mais c'est la moins pire des solutions, parce que c'est celle qui permet d'éviter de s'aventurer dans des phénomènes de restructuration-défaut qui pourraient être assez violents sur le marché et le secteur bancaire", explique Pierre Nebout, responsable de la gestion actions européennes chez Edmond de Rothschild AM.

La Fédération bancaire allemande a approuvé samedi le principe d'une participation du secteur privé au sauvetage de la Grèce, sans en préciser les termes.

On estime que les investisseurs privés détiennent à peu près les deux tiers des 270 milliards d'euros de dette souveraine grecque en circulation, les banques grecques à elles seules représentant une cinquantaine de milliards d'euros, selon IFR, un service de nouvelles et d'analyses de Thomson Reuters.

Les banques non grecques détiendraient elles aussi 50 milliards de dettes, 35 milliards étant propriété d'assureurs et 55 milliards de fonds tels que fonds de pension et FCP. On ne sait pas si assureurs et fonds, à l'exemple des banques, seraient sollicités.

LÂCHER DU LEST

Les banques françaises et grecques sont le plus exposées à la dette grecque, selon la Banque des Règlements internationaux. On pense que des hauts fonctionnaires aux Finances sondent les banques pour savoir jusqu'à quel point elles participeraient à la manoeuvre, et ce avant une réunion des ministres des Finances européens le 20 juin.

Pour convaincre les banques, il se peut que les autorités financières doivent lâcher du lest, par exemple leur apporter l'appui du Fonds européen de stabilité financière (FESF), comme le suggère Jacques Cailloux.

Reste à savoir où se place la Banque centrale européenne. Les agences de notation ont fait savoir qu'elle considèrerait sans doute un rollover comme un défaut, même conduit sur la base d'un volontariat qui les laisse de toute façon sceptiques.

S&P, qui a encore déclassé la dette grecque lundi, a enfoncé le clou en confirmant qu'elle considèrerait comme un défaut de facto tout rollover ou tout échange de dette.

La BCE a bien insisté sur le fait qu'elle ne voulait pas d'un dispositif qui entraînerait une qualification en défaut. Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, a souligné le week-end dernier que toute solution passerait aussi par la BCE.

Wilfrid Exbrayat et Catherine Monin pour le service français

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