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Marché : Une voix discordante en allemagne sur les garanties collatérales

Une voix discordante en allemagne sur les garanties collatéralesUne voix discordante en allemagne sur les garanties collatérales

par Stephen Brown et Annika Breidthardt

BERLIN (Reuters) - Une ministre allemande, également vice-présidente de la CDU, a soutenu mardi l'idée de conditionner à l'avenir l'octroi des fonds de sauvetage européens à des garanties financières, des propos dont Berlin a promptement cherché à se démarquer.

"Plusieurs Etats font de gros efforts pour honorer le service de leur dette. Ceci doit être salué. Mais pour maintenir ces efforts sur le long terme, il faut du collatéral", a jugé la ministre du Travail Ursula von der Leyen, sur la chaîne de télévision publique ARD.

La ministre, vice-présidente du Parti chrétien démocrate de la chancelière Angela Merkel, a suggéré que ces collatéraux prennent la forme de réserves d'or ou de participations dans des entreprises industrielles publiques.

Ces propos ne reflètent pas la position du gouvernement allemand, a-t-on rapidement déclaré de source gouvernementale.

Le plus important, a-t-on ajouté, c'est que l'aide apportée soit liée à des conditions strictes.

La demande de la Finlande de voir ses prêts garantis par des actifs, condition sine qua non pour sa participation au plan d'aide à la Grèce, a déclenché de vifs remous à travers la zone euro. L'Autriche, les Pays-Bas et la Slovaquie ont notamment réclamé de pouvoir bénéficier du même traitement.

Les responsables allemands ne s'étaient jusqu'ici exprimés que de façon informelle sur le sujet, disant pour la plupart craindre que la demande de Helsinki n'entraîne une série d'exigences similaires dans la zone euro.

Dans ses fonctions de ministre du Travail, Ursula von der Leyen n'a pas son mot à dire directement concernant la politique allemande vis-à-vis de la zone euro. Mais le débat est vif au sein de la CDU sur l'action d'Angela Merkel dans ce dossier de la crise de la dette.

Lundi, le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager avait estimé l'accord gréco-finlandais illicite en l'état et avait dit qu'il ne l'accepterait pas.

L'agence de notation Moody's a de son côté critiqué un scénario jugé négatif pour la note de crédit d'Athènes et celle des autres pays aidés.

"De nombreux pays rejettent la solution que la Finlande a négocié pour elle-même au désavantage de tous les autres", a déclaré mardi la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter.

"Concernant le collatéral, il faut trouver une solution acceptable pour l'ensemble des Etats, et je n'en vois pas trace pour l'instant", a-t-elle ajouté.

Plus tôt, Bloomberg rapportait que la Finlande s'était dite prête à modifier l'accord passé avec la Grèce.

"C'est une solution technique qui fonctionne bien, mais si ce modèle en particulier n'est pas possible, alors nous devrons en chercher un autre", a déclaré le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen dans un entretien accordé à l'agence.

Natalie Huet et Gregory Schwartz pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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