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Marché : Une taxe financière doit concerner toute l'ue, dit dublin

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DUBLIN (Reuters) - Le ministre des Finances irlandais a prévenu mercredi qu'il insisterait pour que toute taxe sur les transactions financières s'applique à l'ensemble de l'Union européenne (UE) et pas à la seule zone euro, symbole du parcours du combattant qui attend le projet de Paris et Berlin.

Ces propos de Michael Noonan ont reçu un écho immédiat du côté des banques allemandes, également opposées à une imposition à deux vitesses, tandis que les valeurs financières européennes et les titres des opérateurs boursiers reculaient à la mi-journée en Europe.

"Nous ne pouvons pas avoir une situation où il y a une taxe sur les transactions à Dublin et pas de taxe sur les transactions à Londres", a déclaré le ministre au micro de la RTE irlandaise, réagissant aux annonces effectuées mardi par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

Le président français et la chancelière allemande ont déclaré qu'ils proposeraient aux Européens d'adopter dès le mois prochain un projet de taxation.

Le sujet est d'autant plus délicat pour l'Irlande qu'elle dispose d'une importante place financière, notamment dans la gestion de fonds, et a fait de ce secteur l'une des clés de voûte de son redressement économique après avoir obtenu fin 2010 un plan de sauvetage de la part de l'UE et du Fonds monétaire international (FMI).

Michael Noonan a expliqué que la question avait déjà été soulevée et rejetée lors d'un sommet le mois dernier et qu'un nouveau projet rencontrerait la même opposition en Europe, y compris de la part des banques françaises.

"Il y aura beaucoup d'objections de la part de pays avec un fort secteur de services financiers, comme le Luxembourg, les Pays-Bas, voire même Paris", a-t-il fait valoir.

"L'un des détails primordiaux que nous devons surveiller, si un genre de taxe sur les transactions est introduit, c'est qu'elle s'applique à l'ensemble des 27 et pas seulement aux 17 pays de la zone euro."

SCEPTICISME

Banques et opérateurs boursiers n'ont pas tardé non plus à réagir à ce projet, se montrant sceptiques.

L'association des banques coopératives allemandes BVR a dit qu'une "taxe Tobin" - du nom de James Tobin, l'économiste qui a le premier proposé cette mesure dans les années 1970 - ne parviendrait pas à rétablir la stabilité sur les marchés si elle ne concernait que la zone euro.

"Malgré tous les efforts légitimes visant à stabiliser les marchés financiers, nous estimons qu'une taxe sur les transactions financières limitée à la zone euro serait inefficace", a-t-elle déclaré.

Pareillement, la fédération bancaire allemande BDB estime qu'une instauration sélective d'une telle taxe aurait pour effet de fausser la concurrence. Elle pense qu'une telle taxe ne parviendra pas à stabiliser les marchés et qu'elle ne produira pas de recettes significatives.

Elle estime enfin qu'une harmonisation européenne de l'IS (impôt sur les sociétés) se traduirait par des risques considérables pour l'économie allemande.

De son côté, Deutsche Börse a prévenu que cette forme de taxation n'était pas adaptée pour accroître l'intégrité et la sécurité des marchés financiers.

L'opérateur de la Bourse de Francfort, dont le titre dévissait d'environ 4% vers 10h30 GMT, ajoute que cette taxe réorienterait les transactions vers des plates-formes où une imposition de ce type est inapplicable.

Ses homologues NYSE Euronext et London Stock Exchange Group, qui se sont refusé à tout commentaire, cédaient respectivement 6,21% et 4,37%.

Côté bancaires, BNP Paribas accuse la deuxième plus forte baisse du CAC 40, avec un recul de 2,13%, Société générale lâche 1,7% et Crédit agricole 0,97%.

L'indice Stoxx Europe 600 des bancaires perd 1,73%.

"En supposant que la taxe proposée repose sur la proposition actuelle de la Commission européenne, soit une taxe de 10 points de base (pdb) sur les actions et les obligations et d'un pdb sur les dérivés, cela multiplierait par 10 à 20 les coûts des transactions", estime UBS dans une note.

La banque suisse souligne que cela pourrait peser sur les projets de fusions-acquisitions et réduire les primes de ce type d'opérations.

Conor Humphries et Carmel Crimmins, avec Harro ten Wolde et Alexander Huebner à Francfort; Jean Décotte pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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