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Marché : Une restructuration de la dette grecque démentie

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par Stephen Brown et Lefteris Papadimas

BERLIN/ATHENES (Reuters) - Une restructuration de la dette grecque n'est pas discutée au sein de la zone euro, a assuré lundi l'Allemagne, mais les marchés ne croient pas à ces dénégations, pas plus que l'agence Standard & Poor's qui a encore abaissé la notation crédit d'Athènes.

La Grèce a de son côté discuté avec ses partenaires de la zone euro pour trouver le moyen de couvrir en 2012 les 27 milliards d'euros de besoins qui ne seront pas comblés par le plan d'aide consenti par le FMI et l'Union européenne.

"Initialement, le plan était de revenir sur les marchés en 2012. Pour le moment, cela semble difficile", a déclaré à Reuters la ministre grecque du Travail, Louka Katseli.

La dette de la Grèce, qui se monte à 327 milliards d'euros, représente près de 150% du produit intérieur brut (PIB) du pays.

Pour tenter de faire cesser les spéculations, le gouvernement allemand a fait savoir que la restructuration de la dette grecque n'était pas un sujet de discussion entre les pays de la zone euro et que la sortie d'Athènes de la monnaie unique n'avait jamais été envisagée.

Une modification des termes du plan d'aide de 110 milliards d'euros accordé à la Grèce, que ce soit en termes de rallongement du calendrier des paiements ou de baisses des taux d'intérêt attachés aux prêts, n'est pas non plus à l'ordre du jour, a renchéri un porte-parole du ministère allemand des Finances.

Selon le quotidien Die Welt, la Grèce veut une baisse de ces taux d'emprunt ainsi qu'un assouplissement des mesures d'austérité qu'elle est sommée de prendre en échange de l'octroi de l'aide internationale.

En revanche, s'agissant de l'Irlande, deuxième pays de la zone euro qui a dû recourir à une aide internationale (85 milliards d'euros), la Commission européenne a dit espérer que la décision d'une baisse des taux d'intérêt des prêts servis pourrait être prise dans les prochaines semaines.

LES MARCHÉS UNE NOUVELLE FOIS PLOMBÉS

Le retour sur le devant de la scène de la crise de la dette en zone euro, voire le sentiment que les trois Etats concernés - Grèce, Irlande et Portugal - font de la surenchère pour obtenir des concessions, ont pesé sur les Bourses européennes dès l'ouverture.

Les marchés ont encore creusé leurs pertes dans l'après-midi lorsque l'agence Standard & Poor's a invoqué un risque accru qu'Athènes doive se résoudre à restructurer sa dette et a abaissé les notes de crédit à court et long terme de la Grèce.

La note à long terme a été abaissée de deux crans dans la catégorie spéculative, de BB- à B, tandis que la note court terme passe à C contre B précédemment. S&P a maintenu ces notes sous surveillance avec implication négative.

Moody's, de son côté, a menacé d'abaisser la note souveraine grecque de plusieurs crans, s'inquiétant du risque croissant d'une restructuration éventuelle.

Quant à l'agence Fitch, elle a dit maintenir la note qu'elle attribue à la Grèce, infirmant des informations de presse faisant état d'un déclassement à venir.

A Paris, l'indice CAC 40 a clôturé en baisse de 1,25% à 4.007,26 points. Les indices paneuropéens EuroStoxx 50 et l'EuroFirst 300 ont abandonné respectivement 1,71% et 0,41%. Les valeurs bancaires, les plus sensibles à cette crise de la dette, figuraient parmi les plus fortes baisses de la cote, et l'indice sectoriel européen a cédé 1,3%.

L'euro, qui avait rebondi à la mi-journée, s'est retourné à la baisse après l'annonce de S&P et s'échangeait autour de 1,4265 dollar à la clôture des marchés européens.

Le coût de l'assurance contre un risque de défaut de la Grèce était en hausse de 43 points de base, à 1.360 pdb, tandis que le rendement des emprunts d'Etat grecs à cinq ans progressait de 50 pdb, à 22%. Le rendement des emprunts d'Etat émis par Dublin et Lisbonne s'inscrivait également en hausse.

UN PLAN COMPLÉMENTAIRE NÉCESSAIRE POUR ATHÈNES

A l'issue d'une réunion qui a rassemblé vendredi soir l'Allemagne, l'Espagne, la France et l'Italie, Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe qui rassemble les 17 pays utilisant l'euro, a déclaré qu'il y avait un large consensus pour dire que la Grèce avait besoin d'un plan de sauvetage complémentaire, un sujet qui sera vraisemblablement la priorité de la réunion de l'Eurogroupe le 16 mai.

Un élu de la coalition au pouvoir en Allemagne a déclaré de son côté qu'une nouvelle baisse des taux d'intérêt des fonds d'urgence octroyés à la Grèce, qui avaient déjà été baissés d'un point de pourcentage en mars, pouvait se justifier si Athènes prenait d'autres mesures pour réduire son profil de risque.

Dans une interview à Reuters Insider, Peter Bofinger, conseiller économique du gouvernement allemand, a déclaré que l'UE devait trouver une solution globale pour les pays en difficulté afin d'éviter un éclatement de la zone euro.

"Je crois que nous avons besoin très rapidement d'une solution globale. Une solution pas seulement pour la Grèce mais aussi pour les autres pays qui posent problème", a-t-il dit.

Avec John O'Donnell à Bruxelles, Benoit Van Overstraeten et Jean Décotte pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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