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Marché : Une passation de pouvoir qui peut modifier la donne chez l'oréal

Une passation de pouvoir qui peut modifier la donne chez l'oréalUne passation de pouvoir qui peut modifier la donne chez l'oréal

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Avec la mise sous tutelle de Liliane Bettencourt, la passation de pouvoir entre l'héritière de l'Oréal et sa fille ouvre une nouvelle ère susceptible de modifier les équilibres de la gouvernance du groupe comme les liens qui l'unissent à Nestlé.

A la demande de sa fille Françoise, Liliane Bettencourt, troisième fortune de France, va être placée sous la tutelle de son petit-fils aîné, Jean-Victor Meyers, ses biens et son patrimoine étant mis sous celle de sa fille et de ses deux petits-fils.

Ce placement sous tutelle, qui devrait priver aussi la milliardaire de son siège au conseil d'administration, n'a pas manqué de relancer les spéculations sur l'évolution du capital de L'Oréal, détenu à 30,9% par la famille Bettencourt et à 29,7% par Nestlé.

Malgré l'empressement des tuteurs à assurer que les accords passés avec le géant suisse de l'agroalimentaire n'étaient en rien remis en cause, le titre a nettement grimpé en Bourse lundi. La valeur, qui a signé une des deux seules hausses du CAC, a fini sur un gain de 1,2% à 79,44 euros, dans un marché en recul de 1,6%.

La famille Bettencourt et Nestlé sont liés par un pacte d'actionnaires établissant un droit de préemption sur leurs participations respectives jusqu'en 2014 ainsi qu'un statu quo du vivant de Liliane Bettencourt et pendant une période de six mois après sa disparition.

Les spéculations sur un rachat de L'Oréal par Nestlé sont récurrentes et ont atteint des sommets au plus fort du conflit familial entre Liliane Bettencourt et sa fille, alors que les avis restent partagés parmi les analystes financiers sur la probabilité d'une telle opération.

"Ce qui est certain, c'est que nous assistons à la prise de pouvoir par Françoise Bettencourt (...) et ce n'est pas anecdotique", estime l'un d'entre eux.

Cette passation de pouvoir pourrait selon lui induire des modifications d'équilibres au sein du conseil du géant des cosmétiques.

PAS DE CHAMBRE D'ENREGISTREMENT

Car Françoise Bettencourt n'a pas la proximité qu'avait sa mère avec Lindsay Owen-Jones, emblématique patron de L'Oréal pendant près de 20 ans, qui a quitté la présidence du groupe en mars et qui en est resté administrateur.

Il avait bénéficié des largesses de l'héritière et avait été à l'origine des contrats contestés et finalement annulés avec le photographe François-Marie Banier.

"On peut penser que ce qui va être en jeu maintenant, c'est davantage la gouvernance que les questions sur le capital", relève cet analyste.

Françoise Bettencourt est une femme "déterminée, qui peut ne pas vouloir jouer les chambres d'enregistrement. Elle pourrait vouloir mettre un peu la pression sur Jean-Paul Agon (PDG du groupe)", poursuit-il.

"L'Oréal ronronne un peu, le cours de Bourse et les résultats ne sont pas enthousiasmants", elle pourrait vouloir que les choses bougent", ajoute-t-il.

Au conseil, le siège de Liliane Bettencourt pourrait revenir à un de ses deux petits-fils, équilibrant ainsi à trois le nombre des représentants de la famille face à ceux de Nestlé.

Pour d'autres analystes, le scénario d'un rachat de L'Oréal par Nestlé, à terme, ne fait aucun doute.

Alors que Liliane Bettencourt s'opposait farouchement à toute forme de dialogue avec Nestlé, et accusait sa fille de vouloir vendre le groupe au géant suisse de l'agroalimentaire, Françoise Bettencourt pourrait se révéler plus ouverte.

"Elle pourrait décider d'ouvrir des négociations pour limiter les risques pour L'Oréal en organisant une prise de contrôle amicale", commente un observateur, évoquant la possibilité de préserver par exemple le siège social et les emplois du groupe en France.

Françoise Bettencourt gagnera d'autant plus en crédibilité qu'elle devrait hériter de la présidence de Thetys, la holding familiale qui contrôle la participation dans l'Oréal, assurée jusqu'ici par sa mère.

Après une réconciliation - de courte durée - intervenue en décembre 2010, l'époux de Françoise Bettencourt, Jean-Pierre Meyers était entré chez Thetys pour en assurer la direction générale. Les deux enfants du couple avaient alors fait leur entrée dans les affaires familiales en étant nommés au conseil de surveillance de la holding.

Liliane Bettencourt détient l'usufruit de la quasi-totalité des actions L'Oréal, sa fille et ses petits-enfants la nue-propriété des titres.

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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